Les seuls jardins sont ceux
que l’on porte en soi
(Octavio Paz)
*toile d’Arlene Cassidy
Les soirées s’assèchent dans la bouche
Les pages succèdent aux jours
Une main hésite à devenir caresse
Sous la peau trop usée des paupières
les poèmes se perdent parmi les souvenirs
comme les pétales d’une fleur pétrifiée
Claude Paradis, Les mêmes pas
*choix de la lectrice signée Heinrich Krause
Il est question d’attente et d’espoir. Il est aussi question d’amour. De celui qui va tout bouleverser sur son passage le jour où il va entrer pour toujours dans notre vie. Il est question de cette vie pas si malheureuse que ça qui est la nôtre au quotidien. De cette vie où on joue avec les autres, avec ceux qu’un jour on viendra chercher les uns après les autres.
Il est question de cette attente qui a pris le pas sur (presque) tout. Une attente pleine de confiance, malgré les années qui passent, même si on n’est plus un bébé. Une attente qui, d’une certaine façon, nous nourrit parce qu’elle est faite d’espérance. Parce qu’elle permet d’emmagasiner de l’amour et encore de l’amour pour ce jour qui viendra, qui ne peut que venir.
C’est là l’histoire d’Un jour mes parents viendront que signe Ingrid Chabbert avec la tendresse qu’on lui connaît et qui est presque devenue sa marque de commerce. Une histoire déjà douce et qui l’est encore plus grâce aux illustrations de Stéphanie Augusseau. Avec une fin qu’aurait bien appréciée un de mes proches amis qui a attendu en vain que sa mère qui l’avait abandonné vienne un jour le chercher à l’orphelinat.
Il est des univers qui, dès le seuil franchi, ont quelque chose de si rafraîchissant qu’ils vous décrochent tout de suite un sourire. C’est le cas de celui de l’illustratrice brésilienne Carla Pilla. N’hésitez pas à en franchir le seuil.
Être libre et seul, c’est oublier le temps présent. C’est retrouver en soi un univers à part qui vous appartient en propre et que vous n’avez livré à personne. (Alice Parizeau)
*illustration de Marcin Bondarowicz
Certains jours je le sens
la langue s’embrouille
les mots ne viennent plus
ou giclent avec violence sous la peau
et déchirent la page
D’autres jours une femme hante mon âme
et je dessine avec des mots dociles et doux
des poèmes sans drame
Claude Paradis, Les mêmes pas
*choix de la lectrice de Johan van Hell
Si vous avez dans votre entourage un enfant qui aime revendiquer, qui n’hésite pas à parler plus fort que les autres pour obtenir ce qu’il estime être juste et bon, qui a « du front tout le tour de la tête » quand il s’agit de demander, à qui rien ne fait peur, Sur un arbre perché est probablement pour lui.
Écrit par Mikaël Ollivier, ce roman d’une cinquantaine de pages raconte comment le jeune Camille a décidé d’aller au front afin de sauver le vieux cèdre de la cour d’école que le maire a décidé de faire abattre pour des raisons plus ou moins claires. Des raisons illogiques selon Camille et ceux qui ont décidé de le suivre, lesquels n’ont pas l’intention de voir l’arbre disparaître pas plus qu’ils n’ont l’intention de céder le moindre centimètre à l’ennemi.
C’est pour ça que Camille a créé l’APPAM, l’Association Pour la Protection des Arbres dans le Monde. Une association qui risque de faire du bruit et de faire en sorte de changer les choses. Preuve que « quand on veut on peut » et que quand on prend les grands moyens et qu’on s’unit, on peut arriver à faire de grandes choses, même si on n’a pas l’âge de ceux qui ont le pouvoir.
Un bel exemple à suivre.
L’amour – c’est ce pays à l’infini ouvert par deux miroirs qui se font face. (André Hardelet)
*toile de Charles West Cope
Des fragments d’une lettre me rappellent
un temps empreint de gravité
Ensemble devant un café
ou chacun de son côté avec l’autre en soi
nous occupions l’espace avec une telle tendresse
que j’accepte avec bonheur
la blessure qui refuse l’oubli
Claude Paradis, Les mêmes pas
*choix de la lectrice de Walter Heimig
Chaque fois que Nicolas est aux prises avec un problème, un défi, une question ou une hésitation, chacun des membres de sa famille vient à son secours et lui propose une solution : un livre qui lui permettra de résoudre le problème du moment. Nicolas ne connaît donc des livres que leur côté utilitaire et, disons-le, ennuyeux. Car tout ce qui n’est qu’utile n’a qu’un intérêt limité, et encore plus quand on est un enfant.
Nicolas n’a donc aucune idée de ce qu’est un livre… inutile. Un livre pour le plaisir. Un livre qui fait rêver. Un livre qui nous entraîne dans des aventures hors de l’ordinaire. Un livre qui fait battre le cœur et briller les yeux. Qui fait trembler dans le noir ou qui donne des ailes. Jusqu’à ce que sa sœur l’emmène à la bibliothèque et lui montre à quel point les livres peuvent être amusants.
Écrit par Gilles Tibo et illustré par Bruno St-Aubin, l’album Des livres pour Nicolas! s’adresse aux lecteurs débutants comme à leurs parents qui n’ont peut-être pas (tous) compris que les livres, ça peut ne servir à rien d’autre qu’au plaisir.
Lu dans le cadre du Challenge Le Nez dans les livres – Saison 2 
© Lali 2025 – Tous droits réservés.
Fait avec amour (❤️) par WHC
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