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Nouveau départ

The New Yorker Cover February 1939

J’ai peu publié ces derniers jours. Pour la simple et bonne raison que le site de Lali déménageait. Il ne quittait pas son hébergeur (il est trop bien où il est), mais il était muté sur un autre serveur parce que, comme le reste, les serveurs vieillissent et ont besoin d’être remplacés.

Voilà donc le pays de Lali déménagé sans accrochage sur un serveur plus puissant.
Il y sera pour un moment encore, car j’ai bien l’intention de continuer à nourrir ce pays qui est le mien de mes trouvailles, de mes lectures, de mes photos, de toiles et de musique pour quelques années encore.

Et pour souligner ce nouveau départ, la couverture d’un numéro du magazine The New Yorker qui a 75 ans. Une illustration signée Willliam Steig. Une carte postale envoyée par mon amie Danièle que j’ai eu envie de partager avec vous.

Ce que mots vous inspirent 1125

ALLINGHAM (Helen) - 8

Le mécontentement ne vient pas avec l’échec, qui incite à la patience, mais avec le succès qui rend exigeant. (André Frossard)

*toile signée Helen Allingham

Les vers de Letitia 3

CASSIDY (Arlene) - 1

je t’entends

tu prépares tes pièges
mi-phrases regards prolongés
un peu d’indifférence
je le sais et pourtant je fais encore un pas
dans la matinée de millepertuis
je reviens toujours chez toi
avec mon amour grinçant
chez toi
bruit doux de solitude

Letitia Ilea, Apprivoiser le silence

*choix de la lectrice d’Arlene Cassidy

Ce que mots vous inspirent 1124

AMEN (Irving) - 18

La langue du cœur est mille fois plus variée que celle de l’esprit, et il est impossible de donner les règles de sa dialectique. (Denis Diderot)

*toile d’Irving Amen

Les vers de Letitia 2

CORDOBA (Cristobal)

mon livre est tombé amoureux de ton livre

ton livre accorde une certaine attention à mon livre
ils s’embrassent dans le rayon se récitent des vers
ils échangent des poèmes entre eux comme ça
pour donner du fil à retordre au lecteur

parfois ton livre regarde les livres du rayon voisin
étincelants violets minces
alors mon livre perd ses feuilles une à une
il se transforme en jouet en papier plié
la couverture devient de plus en plus pâle
mon livre rêve d’être Larousse dictionnaire explicatif
annuaire du téléphone horaire des chemins de fer
pour que tu le feuillettes chaque jour

Letitia Ilea, Apprivoiser le silence

*choix de la lectrice de Cristobal Cordoba

Ce que mots vous inspirent 1123

SHELLEY (Lora)

Si tu veux comprendre le mot bonheur, il faut l’entendre comme récompense et non comme but. (Antoine de Saint-Exupéry)

*toile de Lora Shelley

Les vers de Letitia 1

GELHAY (Édouard) - 4

depuis longtemps

j’ai oublié ton visage ton nom
l’effleurement de ta main

— comment écrire une ligne pour toi
qui as semé des croix en nous
en souvenir aussi —

ton visage ton nom l’effleurement de ta main

ils reviennent parfois comme si je sentais
une brise froide en plein été
le goût de cannelle
du gâteau de l’enfance
de la même façon que je sens
sans regarder une présence dans la pièce

je sais alors
qu’il n’y en a plus pour longtemps

Letitia Ilea, Apprivoiser le silence

*toile d’Édouard Gelhay

Ne me dites pas que la vie est simple

BULLEID (George Lawrence) - 2

Je pense parfois à elle. Elle dont le poste a été coupé à dix-mois de la retraite. Elle qui ne s’y attendait pas. Elle qui a quitté le bureau une dernière fois un jour où je n’y étais pas. Elle à qui je n’ai pu dire un véritable au revoir. Pour qui je n’ai pas trouvé les mots à écrire. Et pourtant, je sais ce qu’elle vit. Du moins en partie.

Et maintenant que trois semaines ont passé, peu à peu les mots me viennent. L’envie qu’on se voie hors de notre cadre habituel. Parce que nous avions du plaisir à discuter ensemble et que nous n’habitons pas loin l’une de l’autre.

Mais il y a en moi ce doute. Veut-elle couper les ponts avec ceux et celles qui ont fait partie de son quotidien pendant près de cinq ans? Y a-t-il des gens avec qui elle veut garder contact alors qu’elle fait face à une situation qu’elle n’a pas imaginée une seconde?

Je ne sais pas. Je sais juste qu’en ce qui me concerne il m’a fallu beaucoup de temps avant de faire le deuil de ce qui avait été ma vie pendant près de vingt-deux ans. Je sais aussi que des mois, voir des années, ont été nécessaires avant d’être en mesure de revoir certaines personnes. Parce que la blessure était là. Le retour en arrière impossible. Et que cette impression d’échec me suivait partout.

Peut-être aussi que j’ai attendu un signe qui n’est pas venu et qu’elle attend aussi un geste, un mot.

Ne me dites pas que la vie est simple.

*toile de George Lawrence Bulleid

Ce que mots vous inspirent 1122

MUNSINGER (Spence) - 2

Le bonheur, c’est savoir ce que l’on veut et le vouloir passionnément. (Félicien Marceau)

*toile de Spence Munsinger

L’amande 4

GRUBB (Joyce) - 2

poésie, ce qu’elle me requiert
l’illusion peut-être de me tenir aux mots
l’écoute en moi d’une voix
la mienne et autre
tissée de mémoire et filant l’avenir

dans l’espace où se tient le poème
tel qu’il n’est pas encore écrit
j’attends qu’une parole survienne
et je suis à peine l’ombre de mon ombre

et si j’arrive à n’être plus que cette absence
peut-être serai-je l’espace
où parfois nous est donnée la légèreté
de quelques plumes prises à l’oiseau
qui nous observe

oui, cela sur la langue
quelque chose qui parle un peu

Gilles Plazy, L’amande intérieure

*choix de la lectrice de Joyce Grubb