Vendre la carabasse : révéler/trahir un secret
(extrait du livre de Gilbert Salmon, Le parler du Lyonnais)
*toile de John Singer Sargent
Vendre la carabasse : révéler/trahir un secret
(extrait du livre de Gilbert Salmon, Le parler du Lyonnais)
*toile de John Singer Sargent
Située au cœur de l’ancienne province française du Lyonnais, la ville de Lyon est considérée comme la capitale gastronomique de la France, ce qui constitue une excellente raison pour les lecteurs de ce dimanche de s’attabler, en commençant par ceux peints par Louis Henry Charles Moeller. En effet, pas question de visiter Le parler du Lyonnais de Gilbert Salmon, dont voici un extrait, autrement qu’en mangeant :
Alouette du savetier : dinde
Bon appétit!
au cou du jour
j’accroche au cou du jour
des guirlandes de poèmes
où rougeoie mon cœur
le soleil roule dans mon tablier
avec les poèmes de l’automne
qui ont gardé la saveur de l’enfance
Françoise Urban-Menninger, La draperie des jours
*choix de la lectrice d’Arturo Faldi
J’avoue. C’est le titre qui m’a attirée. Mais aussi le quatrième de couverture laissant entendre que le narrateur avait mis la main sur un roman exceptionnel et inédit, remarquable à la fois pour ses descriptions, son non-conformisme, sa façon d’exprimer sans pudeur et sans retenue ses sentiments à une époque où on ne le faisait pas, sa sensualité, autant de qualités qui ne pouvaient faire de celui qui cherchait à en savoir plus sur cet auteur méconnu qu’un imposteur.
Tout ça m’avait laissé croire qu’il serait question du manuscrit lui-même. De l’enquête qu’allait mener le narrateur. Or, ceci ne constitue que les cinq pages d’introduction et les trois pages de la postface. Le reste est le manuscrit lui-même, soit un roman qui s’insère entre des explications limitées.
Je n’ai rien contre le fait que l’auteur ait voulu raconter à sa manière une grande passion amoureuse à l’époque victorienne avec tout ce que cela comporte de scandales et de revirements de situations. Il le fait très bien et avec style, créant une illusion certaine. Le lecteur croit un moment lire un très bonne traduction d’un roman britannique de l’époque qui aurait échappé à la censure.
Mais il n’en demeure pas moins que j’ai eu l’impression d’avoir été flouée. C’est l’histoire du manuscrit qu’il m’aurait plu de lire, pas le manuscrit lui-même, malgré ses qualités.
Lu dans le cadre du Challenge Le Nez dans les livres – Saison 2 
Titre pour le Défi Premier Roman 
Ça y est. Elle a enfin l’idée. Les mots. La toile de dimanche ne sera pas muette.
Vous a-t-elle inspirés aussi? Nous le saurons demain.
*toile d’Albeto Morrocco
cœurs de lumière
la grille en fer forgé
découpe des cœurs de lumière
sur le mur de pierre
où mon ombre s’est allongée
j’entends leurs battements
qui irriguent mon silence
sur notre page blanche
où s’écoule le temps
Françoise Urban-Menninger, La draperie des jours
*choix de la lectrice de James Guthrie
Malgré un belle idée, une écriture claire et sans fioritures inutiles, Maryse Lamigeon ne réussit guère à nous émouvoir avec Nue, le temps d’un pose, qui relate les 18 ans de la narratrice alors qu’elle avait quitté Montpellier pour Strasbourg dans un seul et unique but : devenir peintre.
Ce n’est pas que l’auteur ne sache pas raconter ni qu’elle ne sache camper des personnages ou décrire des lieux, mais il y a là une accumulation de clichés qui finissent par lasser, sinon agacer. Et pourtant, toute la partie où elle apprend à vaincre sa pudeur, à s’abandonner, à se laisse regarder nue et même examiner au profit de l’art est très réussie. Vraiment.
Mais quand elle tombe amoureuse d’un sculpteur à la beauté dévastatrice qui a choisi de faire d’elle sa muse, j’ai eu un peu de mal à suivre. Même si l’auteure sait exprimer la naissance et la violence des sentiments. Ou plutôt j’ai tout de suite su que ça allait mal finir.
C’est donc mitigée que j’ai fermé Nue, le temps d’une pose. Avec l’impression d’avoir lu, d’une part, un très beau roman sur la naissance d’une artiste auquel s’est greffé un roman d’amour sans intérêt. Autrement dit, une demi-réussite.
Le langage n’est pas la vérité. Il est notre manière d’exister dans l’univers. (Paul Auster)
*illustration signée Yan Nascimbene
L’énoncé des visages — toute douceur,
toute lenteur —
en proche rive d’herbes hautes
car les rêves sont épars et nous errons le long
des fleuves
en si grande douleur, à fleur de temps, au nord
des sables.
Marianne Walter, Les herbes hautes
*choix de la lectrice de Ray Tsang
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Fait avec amour (❤️) par WHC
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