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L’école des poètes 5

Un enfant veut répondre

Un enfant veut répondre
Il a levé le doigt
Dans une vieille école
Qui n’existe plus

La neige a fondu sous les bancs
Il fait chaud comme à l’écurie
Et l’instituteur
A souligné tous les verbes à la craie bleue

L’enfant qui veut répondre
A fait claquer ses doigts
Tachés d’encre violette
Dans une vieille école
Qui n’existe plus

Paul Vincensini
(extrait de L’école des poètes de Joël Sadeler)

*pour les jeunes lecteurs d’Heinrich Linde-Walther

En vos mots 294

Il y a toujours beaucoup de bonheur à publier dimanche après dimanche vos textes inspirés par la toile précédente, comme je viens tout juste de le faire.

Il y a toujours beaucoup de joie quand, après avoir fait le tour d’une partie de ma galerie, j’ai enfin faix mon choix parmi toutes les scènes livresques qui s’y trouvent.

Il y a toujours un immense sourire sur mon visage au moment de l’accrochage. Comme en ce moment. Alors qu’une illustration signée Mai S. Kemble vous est offerte. Juste à vous, envosmotistes réguliers, ponctuels ou de passage. Pour que vous la fassiez vivre. À votre manière et en vos mots.

Comme d’habitude, les commentaires seront validés dans sept jours et pas avant.

D’ici là, bon dimanche à tous!

L’école des poètes 4

Feuilles perforées

Feuilles perforées
quadrillées
spiralées
prêtes à peindre
Entre toutes ces feuilles
qui tournent
tant de visages
nouveaux
à déplier

Marilyn Leroux
(extrait de L’école des poètes de Joël Sadeler)

*pour la lectrice de Glenda Brown

L’école des poètes 3

Dans la classe

Dans la classe bruissent les mots
Langage qui cherche à vivre
Villages où l’histoire ne finit pas

Le temps n’est plus l’ombre de la mort
Les rivières n’ont plus de sources

Elles coulent vers les mers immenses des songes.

Georges Jean
(extrait de L’école des poètes de Joël Sadeler)

*pour la lectrice de Sergey Marchennikov

L’école des poètes 2

L’élève modèle

C’est un élève modèle
a dit l’instituteur.
Quelques-uns ont compris.
Ce sont ceux
qui copient sur lui…

Marjan
(extrait de L’école des poètes de Joël Sadeler)

*pour les personnages de Nello Iovine

L’école des poètes 1

Les personnages de l’illustratrice Catherine Simpson étaient si heureux quand ils ont cogné à ma porte. C’est avec un sourire fendu jusqu’aux oreilles qu’ils m’ont tendu un très beau recueil de poèmes destinés aux jeunes, tout en souhaitant que j’en fasse le thème de ce dimanche. Et comme j’ai, comme eux, eu un coup de foudre pour L’école des poètes de Joël Sadeler, ce dernier dimanche de novembre sera tout en poésie.

Toutes les deux heures, j’inviterai donc des jeunes lecteurs à se joindre à nous afin de partager quelques poèmes, en commençant par celui-ci, du poète belge Maurice Carême :

La bouteille d’encre

D’une bouteille d’encre,
On peut tout retirer :
Le navire avec l’ancre,
La chèvre avec le pré,

La tour avec la reine,
La branche avec l’oiseau,
L’esclave avec la chaîne,
L’ours avec l’Esquimau,

D’une bouteille d’encre,
On peut tout retirer,
Si l’on n’est pas un cancre
Et qu’on sait dessiner.

À voix basse 2

Diane et l’eau douce

nomade
je me balade avec la douceur de tes yeux
dans mon sac à dos
à court de mots
pour écrire la tendresse
se meurt mon beau parler d’amour

mais claire était l’eau
mais douce était l’eau
et claire et douce la pluie
la pluie sur les errances

à voir tomber
toute la morosité du ciel
on croirait que la nuit
s’installe pour la saison
que le soleil se noie
sans espoir de revoir
tes verdoyantes collines

Maurice Cadet, À voix basse

*choix de la lectrice de Suzanne Féraud

Sept ans

Sept ans.

Ma première bicyclette.
Les livres de la comtesse de Ségur.
Les poèmes de Maurice Carême et de Lucie Delarue-Mardrus.

Sept ans.

L’âge du pays de Lali aujourd’hui.

*illustration de Zuzanna Celej

À voix basse 1

brèves

j’écris
avec une pincée de mots
sans vocabulaire propre
je traîne dans les bavures du temps
mes désirs échevelés
mon chagrin nomade
ma tendresse déchaussée
j’entrelace des saisons contraires
et le verbe en moi
est combustion
ou froidure

au fil des semaines
le vide de ma boîte aux lettres
creuse
ma solitude

Maurice Cadet, À voix basse

*choix de la lectrice de S. Lamm (dont toute trace a disparu)

Un certain regard

Les Québécoises sont un curieux amalgame. Ni États-uniennes ni Européennes, elles sont à même de regarder les unes comme les autres, de voir leurs différences et leurs ressemblances entre elles. Mais aussi de voir ce qu’elle ont pris chez l’une et l’autre et ce qui leur est propre.

Ce n’est donc pas une lecture hexagonale de L’amie américaine que j’ai faite, mais une lecture québécoise, souriant à certaines remarques de Renée Kaplan qui vise assez juste avec ce regard qu’elle pose sur la France, son pays d’adoption. Un pays qu’elle connaissait déjà avant sa récente installation, puisqu’elle y a passé une partie de son enfance. Journaliste, Renée Kaplan n’examine pas les Français et Françaises de l’extérieur. Elle vit avec eux, travaille avec eux, et a même un spécimen bien français dans son lit.

C’est donc en connaissance de cause qu’elle peut s’attaquer aux travers et aux qualités des Français comme des États-uniens puisqu’elle connaît assez bien les habitudes des uns et des autres. Si, en général, le portait est assez réussi, il faut avouer que l’auteure frôle souvent le cliché, ce qui est inévitable dans une entreprise comme celle-ci. Pour un Français qui connaît peu les us et coutumes des États-uniens, et pour qui possède un passeport du pays d’Obama sans avoir mis les pieds hors de son pays, et encore moins en France, l’exercice auquel s’est plié Renée Kaplan relèvera plus de l’anecdote que du cliché.

Pour la Québécoise que je suis, qui connais assez bien les deux pays et ce qui les caractérise, je dois dire que L’amie américaine est un livre sympathique, correctement écrit, assez imagé, mais qui ne m’a rien apporté que je ne sache déjà. Ou alors, confirmé dans ma certitude que je pourrais difficilement vivre en permanence dans l’un ou l’autre des deux pays pour une foule de raisons qu’elle invoque et pour d’autres qui pourraient faire l’objet d’un deuxième livre.

Peut-être parce que, finalement et nonobstant tout ce qu’on dit, tout ce qui ne va pas bien, tout ce qui pèse sur nous, tout ce dont on se plaint, le Québec demeure un monde à part, une sorte de jonction du meilleur de la France et du moins pire des États-Unis. Bien sûr, cette affirmation n’engage que moi, mais j’aime croire que je ne suis pas loin de la vérité.