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Un Parisien au pays des pingouins

Si vous avez dans votre entourage des collègues récemment débarqués de la Ville Lumière, offrez-leur Un Parisien au pays des pingouins, un recueil de récits faisant état des chocs subis dès l’arrivée en terre québécoise d’un Français, à savoir thermique, linguistique et culturel.

Concepteur et rédacteur publicitaire, Stéphane Ledien a le sens de l’image, du double sens, de la dérision et de l’humour. C’est ce qu’il nous prouve avec ces courts récits absolument savoureux qui proposent quelques quiproquos de langage dont la plupart ne font pas partie de ceux que nous entendons habituellement ou qui sont tournés de si habile façon par ce conteur qu’ils en sont devenus aussi brillants qu’un sou neuf.

Il est aussi question du froid, l’auteur ayant choisi de désigner l’endroit qu’il a adopté « le pays des pingouins » à la suite d’un commentaire qui lui a été fait au moment de son départ et de partager avec nous une foule de détails que nous ne remarquons plus parce qu’ils sont notre lot quotidien hiver après hiver. Des détails qui étonnent, ravissent ou parfois sidèrent le nouvel arrivant qui se demande à l’occasion pourquoi il a laissé derrière lui un pays où on ne se les gèlera jamais autant qu’ici.

Pas une minute vous ne vous ennuierez avec ces récits, même si certains auront l’heur de vous plaire davantage que d’autres, notamment toutes les scènes où il est question de vêtements (bobettes, combines et mitaines, entre autres), lesquelles sont particulièrement débridées. Pas une seconde vous ne regretterez d’avoir ouvert Un Parisien au pays des pingouins.

Et si vous n’avez pas de Français dans votre entourage, tendez l’oreille dans le métro, à l’épicerie, au cinéma. Ils sont partout. Il y en aura sûrement un à qui vous pourrez parler de ce livre.

Je prêterai mon exemplaire à une collègue venue rejoindre son Québécois chéri ou chéri québécois puis après, le posterai à une Parisienne qui a vécu quelques années à Montréal. Stéphane Ledien possède un humour auquel on ne résiste pas.

Texte publié dans

Les achats du samedi

Avait lieu aujourd’hui la grande vente de livre des bibliothèques de l’arrondissement d’Anjou. Parmi les 25 livres achetés pour la modique somme de 8,25 $, il y avait mes propres livres parus il y a 15 ans et maintenant hors commerce…

C’est encore l’été…

À titre de preuves, ces fleurs sur ma route!

Le coffret 3

Réponse

Ce que je te suis te donne du doute?
Ma vie est à toi, si tu la veux, toute.
Et loin que je sois maître de tes vœux,
C’est toi qui conduis mon rêve où tu veux

Avec la beauté du ciel, en toi vibre
Un rythme fatal; car mon âme libre
Passe de la joie aux âpres soucis
Selon que le veut l’arc de tes sourcils.

Que j’aye ton cœur ou que tu me l’ôtes,
Je te bénirai dans des rimes hautes,
Je me souviendrai qu’un jour je te plus
Et que je n’ai rien à vouloir de plus.

Charles Cros, Le coffret de santal

*choix de la lectrice de Ben Meredith

Anecdotes de libraire 74

Refuser de vendre un livre pour des raisons éthiques est rare dans les sociétés libres où il n’y a plus de livre à l’index. Le geste que vient de poser Marc Filipson de la librairie Filigranes à Bruxelles de ne pas vendre le pamphlet de Richard Millet est donc une grande première. Mais l’auteur a été « trop loin » et accepter de vendre un livre qui fait l’apologie d’un tueur, c’est en quelque sorte cautionner son contenu, ce à quoi se refuse le libraire qui n’a jamais posé pareil geste en 29 ans. Geste que j’applaudis, car il est celui d’un libraire intègre et consciencieux, bien loin d’un vulgaire vendeur qui préfère le bruit de sa caisse enregistreuse aux livres.

Un cas comme celui-là est rare. J’avais même oublié qu’à l’automne 1984 j’avais obtenu de mon patron l’autorisation de retourner tous les exemplaires d’un titre provocateur dont la cible principale était les féministes. Ce livre, un essai écrit par un ex-boxeur devenu le temps d’un documentaire en 2010 un véritable patriote parce qu’il a été un militant actif du mouvement indépendantiste du Québec, n’était rien de plus qu’un ramassis de niaiseries arrogantes à l’adresse des femmes. J’avais d’ailleurs dissimulé sous d’autres livres les exemplaires reçus me refusant de les mettre en évidence bien avant que féministes, femmes, libraires, journalistes et gens du public ne s’expriment haut et fort, et que les livres soient expédiés chez le fournisseur. Celui-là aussi était allé trop loin.

Mais qui se rappelle aujourd’hui cet incident?

*toile de Michael Wagner

Un vendredi au château

Et pas n’importe quel château! Celui de Fontainebleau. Un cadeau de Chantal, qui connaît (presque) le moindre recoin de la forêt du même nom.

Besoin de rythme?

L’album Tumbas Parlantes, du groupe montréalais Heavy Soundz, est ce qu’il vous faut. Mêlant salsa dura, reggae, hip-hop et autres rythmes, les membres de ce groupe multiethnique vont vous donner le coup de fouet qu’il vous faut pour finir la semaine en beauté.

Si Tumbamambo, que voici, vous plait, vous trouverez la suite ici.

Ce que mots vous inspirent 754

La mer joint les régions qu’elle sépare. (Alexander Pope)

*illustration de Marina Marcolin

Le coffret 2

Promenade

Ce n’est pas d’hier que d’exquises poses
Me l’ont révélée, un jour qu’en rêvant
J’allais écouter les chansons du vent.

Ce n’est pas d’hier que les teintes roses
Qui passent parfois sur sa joue en fleur
M’ont parlé matin, aurore, fraîcheur,

Que ses clairs yeux bleus et sa chevelure
Noire, sur la nuque et sur le front blancs,
Ont fait naître en moi les désirs troublants,

Que, dans ses repos et dans son allure,
Un charme absolu, chaste, impérieux,
Pour toute autre qu’Elle a voilé mes yeux.

Ce n’est pas d’hier. Puis le cours des choses
S’assombrit. Je crus à jamais les roses
Mortes au brutal labour du canon.

Charles Cros, Le coffret de santal

*choix de la lectrice de William Mulready

Premier chagrin

J’aime tout ce que l’écrivaine belge Eva Kavian écrit. Tout. Je ne m’en cache pas. C’est donc d’avance conquise que j’ai entamé la lecture de son plus récent roman jeunesse intitulé Premier chagrin. Et encore plus conquise que dès le premier chapitre derrière moi. Parce qu’il s’agit d’une des histoires les plus émouvantes qu’il m’ait été donné de lire. Parce qu’Eva Kavian sait doser les émotions, autant pour ses personnages que pour nous. Si bien que dès que nous comprenons que la tâche de Sophie sera bien différente de celle qu’elle avait en tête nous serons aussi bouleversés qu’elle.

Sophie ne va pas garder des enfants, ce qui était prévu au départ, mais préparer les derniers jours d’une vieille dame qui sait ses jours comptés et qui voudrait voir réunis autour d’elle les siens alors qu’ils ne la visitent plus, alors qu’elle n’a plus de lien avec ses petits-enfants.

Mais il y a Sophie. Une Sophie qui vit des émotions fortes, une Sophie qui s’est profondément attachée à Mouche même si celle-ci a volontairement choisi quelqu’un d’extérieur à sa vie pour l’accompagner dans ses préparatifs, le tri de ses lettres, les objets à donner, quelqu’un qui ne sait d’elle que ce qu’elle voudra lui dire.

Mais Sophie est incapable de se contenter de demi-vérités et surtout, elle a bien l’intention de réaliser le dernier souhait de Mouche. À sa manière. Sans lui dire. Parce que Mouche n’est plus étrangère. Parce que cette expérience l’a changée, parce que Sophie ne laisse jamais tomber ses projets en cours de route.

Premier chagrin est un roman touchant, sensible, qui pose beaucoup de questions, notamment sur les soins palliatifs, sur le choix de ce qu’on veut faire de ses derniers jours si on a la chance de les préparer, sur la mort elle-même. Un grand roman destiné aux adolescents, mais que bien des adultes devraient le lire.

Lu dans le cadre du Challenge « Littérature belge ».

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