Commentaires récents
Admin:
Archives:
septembre 2012
D L M M J V S
 1
2345678
9101112131415
16171819202122
23242526272829
30  
Les guetteurs

Ils sont là à veiller. Sur vos gestes, sur vos mots et même sur vos intentions.
Il faut bien quelqu’un pour vous remettre sur le droit chemin si jamais vous osez ne pas suivre les directives à la lettre. Quelqu’un pour mettre les points sur les « i » parce qu’il le juge nécessaire. Quelqu’un qui scrute le moindre de vos gestes pour vous prendre en défaut. Quelqu’un qui jouera les moralisateurs au besoin.

Ils sont là. Pas très loin. Sûrs d’eux. Ils vous ont à l’œil.
Du moins le croient-ils.
Ils ne savent pas qu’ils n’existent pas malgré leur uniforme de redresseur de torts qu’ils exhibent comme le plus doré des trophées.

Ils ignorent que vous ne les voyez plus. Ne les entendez plus.
Les livres sont les meilleurs boucliers.

*toile d’Emma Fordyce MacRae

L’humour belge : irrésistible

Omniprésent. Tel est l’humour belge dont Armando a croqué un « extrait » sur un mur de Bruxelles.

Irrésistible, non?

Ce que mots vous inspirent 753

Parlez donc peu. Le silence est une arme, la plus efficace de toutes. C’est la lumière bleue du verbe. (Léon-Paul Fargue)

*toile de Paula Zima

Le coffret 1

Soir

Je viens de voir ma bien-aimée
Et vais au hasard, sans desseins,
La bouche encor tout embaumée
Du tiède contact de ses seins.

Mes yeux voient à travers le voile
Qu’y laisse le plaisir récent,
Dans chaque lanterne une étoile,
Un ami dans chaque passant.

Chauves-souris disséminées,
Mes tristesses s’en vont en l’air
Se cacher par les cheminées.
Noires, sur le couchant vert-clair.

Le gaz s’allume aux étalages…
Moi, je crois, au lieu du trottoir,
Fouler sous mes pieds les nuages
Ou les tapis de son boudoir.

Car elle suit mes courses folles,
Et le vent vient me caresser
Avec le son de ses paroles
Et le parfum de son baiser.

Charles Cros, Le coffret de santal

*choix de la lectrice de Joseph Christian Leyendecker

La poésie pour contrer la mort

La perte d’un enfant est un sujet grave qui peu ou pas été abordé dans la littérature destiné destiné aux enfants. Parce que c’est un sujet grave. Parce que ce n’est pas normal pour les enfants de mourir. Parce qu’on préfère ne pas penser que ça pourrait arriver. Et pourtant, la mort infantile existe. Et c’est ce que vit Monsieur, le personnage imaginé par Gilles Tibo et illustré par Luc Melanson dans Le grand voyage de Monsieur. Un voyage sans destination. Avec pour seul compagnon un ours en peluche. Avec pour tout objet une chaise.

Un voyage peut-il aider à voir clair en soi? À aider à traverser l’épreuve? À laisser son chagrin derrière soi?

Peut-être… Il fallait la poésie pour nous le prouver.
Un album sobre et lumineux à la fois dont on sort profondément touché : on peut vivre et non pas juste survivre à la perte d’un enfant.

Le clown

Il attend patiemment votre visite, comme l’attendaient aussi les personnages de la vitrine précédente de mon optométriste. Passerez-vous le saluer?

Ce que mots vous inspirent 752

Choisir, c’était renoncer pour toujours, pour jamais, à tout le reste et la quantité nombreuse de ce reste demeurait préférable à n’importe quelle unité. (André Gide)

*illustration de Kitty Crowther

Parfois ce silence 4

Interludes

il y a la mer
à peine ce bruit
et les empreintes
qui sur la plage

Sylvain Proulx, Parfois ce silence

*choix de la lectrice de Ciriaco Parraga

Devant un mur

Il y a sûrement quelque chose que je n’ai pas saisi. Le but? À qui s’adresse le livre? Je ne sais pas. je sais juste que je n’ai pas du tout été touchée Le mur, un album signé Peter Sis, qui tente de raconter à des jeunes comment ça se passait avant la chute du mur, pour ceux qui vivaient dans les pays à l’est de celui-ci et ce que celle-ci a changé. Enfin, si j’ai bien compris.

Mais malgré les faits qu’il raconte, son amour pour le dessin, sa passion pour les Beatles et les anecdotes qui ont jalonné son parcours, je n’ai pas été émue. Le mur est resté là entre l’auteur et moi. Infranchissable. Lui d’un côté, moi de l’autre, incapable de comprendre le but et le moyen. Et pourtant, j’aurais voulu que ça se passe autrement.

Quand Marie-Nicole chante Brahms

Je ne sais pas comment elle fait. Je sais juste que n’importe quel air de Brahms est plus beau, plus riche, plus ample, plus puissant quand c’est elle qui le chante. C’est pourquoi l’album que la contralto Marie-Nicole Lemieux lui a consacré est de ceux dont on peut se lasser. Tout comme son interprétation de Salome.