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Les expressions désuètes 2

Solide comme le Pont-Neuf : Debout depuis 1578, le plus vieux pont de Paris n’a pas usurpé sa réputation de solidité.

Dominique Foufelle, Expressions désuètes

*choix des lecteurs de Moritz Calisch

Les expressions désuètes 1

Piqués de curiosité par mon billet d’hier soir sur les Expressions désuètes colligées et commentées par Dominique Foufelle, les personnages peints par Alexander Carse ont décidé de réunir en ce dimanche aînés et plus jeunes afin qu’ils puissent les partager ensemble et peut-être même, leur donner une nouvelle vie, en commençant par celle- ci :

Un nom à coucher dehors : Au temps des diligences, quand on s’arrêtait de nuit devant un relais, il fallait crier son nom à travers une lucarne avant d’y être admis. Si l’aubergiste trouvait au nom une consonance étrange, il n’ouvrait pas sa porte au voyageur. Compte tenu de la lenteur des transports, et de l’éloignement des haltes, cela équivalait à une condamnation à coucher dehors.

Poèmes chinois 4

Un songe de printemps

Durant la nuit, un air de printemps est entré par la fenêtre.
Il sut gagner rapidement les profondeurs de ma chambre.
Il sut toucher mon âme et la fit convoler sur les bords du Yangsi.
Elle se tenait sur la rive, la belle que le printemps m’amène.
Il dura bien peu ce songe de printemps;
Le temps d’un mouvement sur l’oreiller.
Mais cet instant si court me fit voyager cent lieues.

Jin zan
(Nuages immobiles)

*choix de la lectrice de John Reilly

Vous tombez à pic!

Voilà longtemps que vous cherchiez un livre qui réunit des expressions et des mots qu’on n’utilise presque plus, voire plus du tout? Des expressions savoureuses comme avoir une brioche au four et courir sur le haricot? Des expressions imagées comme sur les chapeaux de roues, avoir les yeux plus gros que le ventre et une coquetterie dans l’œil? Des mots comme pataquès, schnock, pantalonnade et mazette?

Et bien, vous tombez à pic! Le recueil signé Dominique Foufelle intitulé Expressions désuètes, publié aux éditions du Chêne en début d’année, fait le tour de 500 de ces expressions et locutions connues mériteraient d’être utilisées à nouveau alors que d’autres sont entrées en désuétude depuis si longtemps que vous ne les connaissez pas.

Entre donner la chair de poule, trier sur le volet, faire long feu, battre froid, faire du plat ou en faire un fromage, vous aurez l’embarras du choix! À moins que vous ne préfériez rouler quelqu’un dans la farine ou demeurer muet comme une carpe?

Les Expressions désuètes proposées et réunies par Dominique Foufelle qui les explique avec humour comme avec un sens aigu de l’Histoire est un cadeau pour tout amoureux de la langue, ou pour quelqu’un qui pense tout avoir, ou encore pour quelqu’un à qui il manque des mots pour le dire…

À apporter au bougnat, pour en discuter avec une vieille branche. Ou le lui offrir.

Des tulipes sur ma route 13

Et pour les dernières tulipes du Jardin botanique de Montréal, quelques jaunes…
Mais ne pleurez pas, j’ai déniché d’autres tulipes ailleurs!

Au pied de l’escalier

L’arbre qui fait mon bonheur depuis treize ans et dont j’attends année après année les fleurs.

A-t-elle trouvé?

Voilà des jours qu’elle examine la scène, qu’elle tente d’imaginer ce que le lecteur de dimanche dernier regarde ainsi. A-t-elle trouvé? Nous le saurons dans 24 heures et pas avant.

*toile d’Étienne Adolphe Piot

C’est demain!

Il vaut mieux que je commence dès maintenant à organiser mon circuit. Vous avez pensé au vôtre?

Poèmes chinois 3

Une nuit dans la montagne

Posé à même la montagne inclinée,
Je suis l’errance d’une barque fragile,
Dont l’écho rappelle ma destinée.
elle flotte, légère, sur les flots lourds,
Et fuit mon regard dans l’ampleur du ciel.
Le soleil s’épuise alors dans l’horizon
Et ma vue entre soudain dans le demi-jour d’une lumière indécise.
Un dernier rayon considère encore la cime des arbres
Et la pointe des roches chenues.
Tandis que le lac se teinte d’encre noire,
Des nuages rouges témoignent encore de l’astre défunt.
L’ombre des iles, plus noire encore
Se détache des eaux assoupies
Qui reflètent un instant le souvenir du jour;
Mais déjà l’obscurité pèse sur les bois et les collines,
Et le trait confus du rivage
Se trouble dans mon regard impuissant.
La nuit vient, l’air est vif;
Le souffle du nord crie implacable
Et pousse les cormorans vers la rive.
Ils attendront l’aurore entre les roseaux.
La lune coquette se montre sur les eaux lisses.
Je prends mon luth
Et accompagne ma solitude.
Mes doigts caressent les cordes en sanglots;
Le chant disperse au loin ses accords.
Le temps s’envole;
Un frisson de rosée me rappelle à l’heure tardive.

Chang Jian
(Nuages immobiles)

*choix de la lectrice du peintre indien Sanjay Sable

Pour l’amour du chocolat

Je l’avoue. C’est le titre plus que toute autre chose qui a attiré puis retenu mon attention. C’est donc en imaginant qu’il allait être question de chocolat, même si le quatrième de couverture parlait aussi d’amour, de musique, d’années qui défilent, que j’ai entamé la lecture du premier roman de l’Espagnol José Carlos Carmona.

Si le chocolat est bel et bien présent dans Pour l’amour du chocolat, il n’a ni les effluves, ni les parfums, ni les teintes, ni les textures qui auraient dû être les vedettes d’un roman qui porte sur le chocolat et l’amour qu’il suscite. Ce qui m’a beaucoup déçue, même si je me suis laissée prendre au jeu de cette histoire qui se déroule sur deux continents à la fois pendant une quarantaine d’années. Une histoire qui, de plus, ne fait pas dans les détails, et nous précipite, d’un court chapitre à l’autre, vers une fin annoncée par le premier chapitre, où la nièce de celle qui fut l’épouse (après l’avoir dédaigné malgré son talent pour les échecs et à la suite du décès de son mari responsable de sa traversée de l’Atlantique) de celui qui fit fortune dans le chocolat rencontre enfin son oncle.

C’est donc partagée que je me trouve à l’heure d’écrire quelques lignes autour de Pour l’amour du chocolat, qui d’une part répond aux promesses faites par le résumé, mais pas à mes propres attentes.

Il s’agit donc d’un livre pour ceux qui aiment les romans plus factuels que tissés par les émotions, et qui, maintenant avertis, ne s’attendront pas à saliver devant des étalages de pralines et autres gourmandises qui brillent par leur absence.

Titre pour le Défi Premier Roman