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Crocus suisses

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Alors que c’est encore l’hiver à Montréal, les crocus se déploient en Suisse, comme a pu le constater Denise. À quand mon tour d’assister à une telle scène?

Quelques mots, quelques lignes

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Quelques mots, quelques lignes, il n’en faut pas plus pour raconter une toile, pour la faire vivre, pour qu’elle s’anime. Nous le constaterons demain à la même heure alors que je validerai tous les commentaires reçus (que j’espère nombreux) sur la toile de dimanche dernier. Vous n’oublierez pas d’envoyer le vôtre?

*toile de Dmitri Belyukin

Réveil brutal

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Et dans mon rêve j’étais pieds nus. L’hiver s’était volatilisé au cours de la nuit, les fleurs avaient poussé et m’attendaient livre et transat sur le balcon. Pourquoi a-t-il fallu que je me réveille?

*toile de Katia Alavedra-Duchoslav

Les vers de Luuk 2

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Sourdine

Et s’il n’y a plus de tendresse,
feignons la tendresse,
les mains bandées et les yeux clos,
couchés l’un contre l’autre telle une frontière.

Un mot alors ne peut plus s’appeler un mot,
mais une bouchée de consolation muette;
et le désir perd sa petitesse, plus profond,
plus vaste qu’un panorama

plein d’oiseaux d’été, accords de Mendelssohn, sfumato
emprunté à Vinci. Ta plus belle pitié, tu l’échangeras
contre mon plus cher chagrin; je temporiserai
avant de sonder plus avant le déclin de ton corps.

Oh, s’il reste alors de la tendresse,
craignons la tendresse comme
un mal très ancien. Tant de tendresse,
jamais homme ne le supporta.

Luuk Gruwez, Poèmes dissolus

*choix de la lectrice de Margaret Dyer

Une princesse qui fait la fine mouche

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Voilà un moment que je me promettais d’ouvrir à nouveau Princesse Finemouche de Babette Cole. J’ai tant vendu d’exemplaires de ce livre du temps de ma vie de libraire que je me demandais s’il avait vieilli. Et sans hésiter, je l’affirme : il n’a pas pris une ride.

La princesse Finemouche est toujours aussi rigolote. Toujours aussi vive d’esprit, toujours aussi décidée, toujours éprise de liberté et nullement prête à s’encombrer d’un prince. Mais elle est jolie et riche, ce qui attire de nombreux prétendants dont elle n’a que faire. C’est pourquoi elle crée à leur intention une série de défis inusités, voire irréalisables auxquels ils se plient sans grand succès : couper du bois, faire une balade à moto, nourrir ses animaux, récupérer un anneau dans le bassin des poissons rouges, etc. Et chaque fois que l’un ou l’autre échoue, elle est au comble du bonheur. Mais c’est sans compter sur l’ingéniosité du prince Flamblard qui la surprendra en réussissant chacun des défis imposés.

Mais la princesse Finemouche a plus d’un tour dans son sac et elle trouvera bien une façon de se débarrasser de l’importun. Pas question que ce conte de fées finisse autrement que par une vie longue et heureuse pour la princesse.

Et à chaque épreuve, face à chacune des illustrations, j’ai ri de bon cœur. Il y a sûrement une princesse Finemouche en moi.

Les décors de Svetlana

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L’artiste russe Svetlana Aristova crée de bien jolis décors que je vous invite à aller voir. Après, vous n’aurez qu’à vous installer dans un de ceux-ci avec un livre!

Le repaire de Pépé

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Chantal, ayant entendu dire qu’un des cousins des Pépé qui fréquentent le pays de Lali avait élu domicile dans un des chalets de Clapeyto, à Arvieux, a fait des kilomètres pour aller le rencontrer. Mais l’homme, ne tenant pas à être photographié, aurait filé en douce avant l’arrivée de notre amie qui avait fait la route depuis Fontainebleau pour ce rendez-vous… Sacré Pépé!

Le Québec s’affiche sur les murs de Bruxelles

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Et quelle pub étonnante pour inviter les Belges à visiter le Québec… Une pub qui a bien sûr retenu l’attention d’Armando qui a décidé de partager cette trouvaille avec nous!

Ce que mots vous inspirent 354

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L’intuition, c’est la vision anticipée d’une vérité : hypothèse pour le savant, rêverie pour le poète. (Lucien Arréat)

*toile de Rubén Belloso Adorna

Les vers de Luuk 1

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Le recueil du poète belge Luuk Gruwez, né en Flandre Occidentale, attendait la lectrice peinte par George Richmond. Un recueil intitulé Poèmes dissolus, publié en 2005 dans la collection « Escales du Nord » au Castor Astral, qui traite entre autres thèmes de la solitude avec une grande puissance d’évocation et duquel la lectrice de ce soir a extrait ce texte :

Le perdant magnifique

J’aimais la gaze la plus fine du désir
comme le zéphyr le corps de la baigneuse
et partout où j’allais, me ceignait l’angoissant
agrément d’un voile de flétrissure.
Et tout au long d’une saison tombait le soir.

Et lorsque — le haut sur le vent —
le désir de blessa à la convoitise,
combien n’aimai-je pas cette perte magnifique,
comme si le souffle d’une passion me perdait,
encore qu’à peine on embrassait
l’ostensoir d’une seule bouche.
Et chaque soir venait l’automne.

Et chaque fois que le plus gracieux des automnes
m’offrait un gîte dans le vent,
je trouvais dans un bruissement, un tremblement,
une maison pour être sans abri.