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Les vers de Luuk 2

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Sourdine

Et s’il n’y a plus de tendresse,
feignons la tendresse,
les mains bandées et les yeux clos,
couchés l’un contre l’autre telle une frontière.

Un mot alors ne peut plus s’appeler un mot,
mais une bouchée de consolation muette;
et le désir perd sa petitesse, plus profond,
plus vaste qu’un panorama

plein d’oiseaux d’été, accords de Mendelssohn, sfumato
emprunté à Vinci. Ta plus belle pitié, tu l’échangeras
contre mon plus cher chagrin; je temporiserai
avant de sonder plus avant le déclin de ton corps.

Oh, s’il reste alors de la tendresse,
craignons la tendresse comme
un mal très ancien. Tant de tendresse,
jamais homme ne le supporta.

Luuk Gruwez, Poèmes dissolus

*choix de la lectrice de Margaret Dyer

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