C’est la question qui m’est venue en tête quand Denise m’a envoyé cette photo, elle qui nous a habitué aux canards et aux oiseaux… Visiblement, elle chasse désormais les bêtes sans ailes ou est-ce que je me trompe?
C’est la question qui m’est venue en tête quand Denise m’a envoyé cette photo, elle qui nous a habitué aux canards et aux oiseaux… Visiblement, elle chasse désormais les bêtes sans ailes ou est-ce que je me trompe?
Photographier c’est mettre sur la même ligne de mire la tête, l’œil et le cœur. [Henri Cartier-Bresson]
*toile de Francisco de Zurbaran
Sur la mer
D’éternels murmures elle entoure
Les rives désolées, et, de sa houle puissante,
Gorge deux fois dix mille cavernes; jusqu’à l’heure où le charme
D’Hécate les laisse à leur vieux bruit ténébreux.
Souvent d’humeur si douce elle se trouve
Que c’est à peine si le moindre bout de nacre
Bouge des jours durant de là où il vint échouer
La dernière fois que du ciel les vents se sont déchaînés.
Ô vous dont les yeux sont irrités et las
Offrez-leur pour festin la mer immense à parcourir;
Ô vous dont les oreilles sont assourdies d’un vacarme barbare
Ou nourries à l’excès d’une mélodie fade
Asseyez-vous au seuil béant d’une vieille caverne, et rêvez
Jusqu’au sursaut du réveil, comme si le chœur des nymphes de la mer chantait.
John Keats, Seul dans la splendeur
*choix de la lectrice de Joshua Johnson
Et si un jour on vous proposait deux magnifiques poissons rouges, qu’échangeriez-vous pour les avoir en votre possession? Votre père? C’est pourtant ce qu’a fait le héros imaginé par l’écrivain britannique Neil Gaiman. Ce qui déclenche une série d’aventures quand il faut le récupérer alors que le papa est passé de maison en maison, chaque fois échangé pour autre chose.
Une aventure loufoque et fantaisiste, vous l’aurez compris, et efficacement illustrée par Dave McKean. Où finalement on se rend compte qu’un papa — même s’il passe son temps à lire le journal — vaut mieux que tous les poissons rouges de la terre.
J’ai beau n’aimer l’hiver que quand il arrive ou s’apprête à partir, je dois avouer que certains ciels de cette saison ont encore le pouvoir de m’émouvoir…
Elle peut bien chercher, je crois qu’elle est belle sous tous les angles et qu’Armando y est pour quelque chose puisqu’il sait parler aux roses, aux coquelicots, aux lys, aux tulipes.. À toutes les fleurs, quoi!
Quand elle a vu dans la pile Seul dans la splendeur de John Keats, poète anglais mort de tuberculose à l’âge de 26 ans, la lectrice peinte par Matisse n’a pas eu envie de feuilleter aucun des autres recueils sur la table. Et c’est sur ces vers qu’elle s’est longuement attardée :
Ô solitude! si je dois avec toi demeurer,
Que ce soit parmi l’inextricable amas
De bâtiments noircis! Escale avec moi la pente escarpée —
Cet observatoire de la Nature — d’où le val
Ses pentes fleuries, sa rivière gonflée de cristal,
Paraissent un empan peut-être; laisse-moi veiller à ta place,
Parmi les rameaux en bannières, où le bond vif du cerf
Effraie l’abeille sauvage hors les doigts de la digitale
Mais quand bien même j’aurais joie à tracer ces scènes avec toi
La douce conversation d’un esprit innocent
Dont les mots sont images de pensées raffinées
Est le plaisir de mon âme; et ce doit être en vérité
Des humains la cime ou peu s’en faut de la félicité
Lorsque vers tes repaires deux âmes-sœurs s’enfuient.
C’est un beau récit que nous offre Éric Fottorino avec Questions à mon père. Un récit plein de finesse, de nuances, de subtilité, de bonheur comme de tristesse. Parce qu’il n’est pas facile et quasi impossible de rattraper les années perdues.
C’est un beau récit qu’adresse l’auteur à son père biologique, méconnu, alors que l’aîné est très malade et que le plus jeune vient d’atteindre la cinquantaine. Un récit vibrant d’émotion au cœur de l’Histoire et de leur histoire.
Non, on ne remplace pas les rencontres qui n’ont pas eu lieu par de nouvelles, pas plus que les conversations avortées d’une autre époque par celles d’aujourd’hui.
Et tout cela, Éric Fottorino le dit si bien. Avec amour. Parce qu’on peut aimer deux pères.
Parce que ce billet est toujours pour moi aussi actuel, ai-je envie de vous le faire lire ou relire, ainsi qu’à la lectrice de l’artiste Leopold Franz Kowalski.
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Fait avec amour (❤️) par WHC
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