
Le parti pris de tout montrer a nui à la réalisatrice Roselyne Bosch. Tel est mon avis quelques jours après voir vu La rafle au cinéma. Non pas que ce soit un mauvais film, ni qu’il n’offre pas certaines scènes émouvantes. Mais dans sa volonté de tout montrer, les bons (quelques familles juives, une concierge exceptionnelle, un médecin, les pompiers, une infirmière dévouée) comme les méchants (une boulangère antisémite, Hitler, Pierre Laval, René Bousquet), Roselyne Bosch en a trop fait. Et il est bien connu que le cinéma n’est pas fait que de bonnes intentions.
Et pourtant, c’est un sujet qui m’intéresse, un sujet que je pense connaître un peu, mais qui, dès les premières scènes dans un Paris de carton pâte (entendez par là studio), m’a agacée par son traitement superficiel. On est loin d’Au revoir les enfants, du Pianiste, de La vie est belle et des Guichets du Louvre, ce dernier portant aussi sur la rafle du Vélodrome d’hiver. Bien loin.
Et pourtant, j’aurais voulu apprendre quelque chose, que soient éclairés des moments encore jamais ou peu traités. Mais Roselyne Bosch est restée à la surface des choses dès le départ en faisant apparaître un ecclésiastique arborant l’étoile jaune sur laquelle on peut lire l’inscription Ami des Juifs, détail qui ne sera jamais évoqué et que la plupart des gens n’ont même pas remarqué. Par contre, certains, dont je suis, ont été fort étonnés de voir une infirmière à l’article de la mort enfourcher une bicyclette et rouler des kilomètres sans s’effondrer tandis que d’autres l’étaient devant ces fichiers remplis de noms alors que nulle part n’est mentionnée l’obligation pour les Juifs de s’inscrire comme tels. Au spectateur de combler les « oublis » s’il a eu la chance de lire un peu sur le sujet.
Et pourtant, j’aurais tant voulu que toutes les recherches faites par la réalisatrice nous donnent autre chose que ce film plutôt ordinaire malgré quelques scènes poignantes.
Mais une fois de plus, je dirai : Qui trop embrasse mal étreint.
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