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En mal d’inspiration?

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Elle vient de relire une lettre qu’on lui a envoyée il y a longtemps, très longtemps. L’encre a beau avoir pâli, les mots sont toujours là. Et tandis qu’elle parcourt phrase après phrase, l’idée germe en elle. Une seule phrase a suffi pour que naisse le début du texte qu’elle comptait écrire sur la toile de la semaine, ce texte qui sera validé dans 24 heures exactement.

Peut-être devriez-vous faire comme elle si vous êtes en mal d’inspiration…

*toile d’Alexander Kucharsky

Il y a plus grave que cela dans la vie

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Et parfois, dès les premières pages, la perplexité s’empare de soi. Et on relit le quatrième de couverture de la même façon qu’on relit une adresse sur un bout de papier alors que la maison qu’on a devant devant soi est tellement autre que celle qu’on a décrite.

Et on poursuit. Mais rien ne nous touche alors qu’il nous semblait bien avoir lu que ce livre réveillait en soi des souvenirs et des émotions. Et de page en page on erre cherchant ce qui avait pu troubler tant de lecteurs alors que pour soi il n’y a là que joli alignement de mots.

Puis on abandonne quelque temps le livre, le temps de parcourir d’autres pages, d’accompagner un autre écrivain, de visiter un lieu fait de sentiments. Et puis, on l’ouvre à nouveau. Rien n’a changé. Tant pis, on sera la seule à ne pas avoir aimé. Il y a plus grave que cela dans la vie.

*toile de Joy Hester

Les vers d’Anna 5

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La nuit, lorsque je dors

La nuit, lorsque je dors et qu’un ciel inutile
Arrondit sur le monde une vaine beauté,
Quand les hautes maisons obscures de la ville
Ont la paix des tombeaux d’où le souffle est ôté,

Il n’est plus, morts dissous, d’inique différence
Entre mon front sans âme et vos corps abolis,
Et la même suprême et morne tolérance
Apparente au néant le silence des lits
!

Anna de Noailles, L’honneur de souffrir, in Anna de Noailles (Seghers)

*choix de la lectrice de Konstantin Istomin

L’histoire de Jaï

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En ce début du XXIe siècle, il y a encore des esclaves sur notre planète, et qui plus est, des enfants qui le sont, devons-nous le constater avec tristesse, rage au cœur et parfois impuissance.

Et c’est ce fait que s’appliquent à dénoncer dans un album empreint de poésie l’écrivain Paul Thiès et l’illustrateur Christophe Merlin, un album qui met en scène Jaï, petit Indien qui travaille dans une usine de tapis.

Jaï est un enfant à qui on vole sa jeunesse, un enfant qu’on traite avec mépris, qu’on bat. Et pourtant, alors qu’il vivait encore dans son village et avant qu’on ne le vende au directeur de la fabrique, Jaï était considéré comme un sorcier à cause de son regard et des pouvoirs magiques qu’on lui attribuait. Nous le verrons d’ailleurs exercer ses exploits, le temps d’une promenade sur un tapis volant avant qu’il ne retourne à son quotidien dont il finira par s’échapper pour faire l’apprentissage d’une liberté que tout lecteur, petit ou grand, lui souhaite.

Le sujet du travail des enfants n’étant pas facile à aborder, il fallait beaucoup de finesse (voire de sagesse) pour sensibiliser sans dramatiser. Et le fait que Paul Thiès ait opté pour le conte plutôt que le documentaire ne rend pas les choses moins graves, mais cela apporte à l’album illustré par Christophe Merlin (assez joliment) un peu de douceur dans ce monde de brutes.

Un bémol toutefois : le personnage de la fille du patron de l’usine (que Jaï trouve très belle) qui n’ajoute rien du tout à l’histoire et dont je ne vois pas du tout l’utilité.

Un bel album sur un sujet rarement développé qui devrait se retrouver sur les rayons de toute bibliothèque ouverte sur le monde, sur ses beautés comme sur ses injustices.

La Baie, Montréal

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Le bâtiment n’a rien perdu de sa superbe au fil des ans. Mais qui le regarde encore alors que ce qui intéresse les clients est à l’intérieur?

Un avant-goût du printemps

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Rien de tel que des tulipes pour nous donner espoir qu’il est en route et Denise qui a pris ces photos à Genève le sait bien!

Au pays de Sarah

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C’est enfant, alors qu’elle vivait en Nouvelle-Zélande, que Sarah Wilkins a commencé à dessiner. Depuis, elle a beaucoup voyagé et dessiné, avant de se poser à Paris où elle travaille à la pige comme illustratrice pour des clients en Europe et aux États-Unis. Je vous invite à faire sa connaissance et à découvrir des scènes tout aussi évocatrices mais moins livresques que celles que je vous propose en cliquant ici.

Ce que mots vous inspirent 344

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La véritable réalité est toujours irréaliste. (Franz Kafka)

*toile de Samella Lewis

Les vers d’Anna 4

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Je n’ai pas écrit par raison

Je n’ai pas écrit par raison,
Ni pour fuir un destin obscur,
Mais pour séduire les saisons
Et plaire à l’ineffable azur,

Et pour posséder chaque jour,
Sans défaillance, sans remords,
Et jusqu’au moment de la mort,

Des droits infinies dans l’amour…

Anna de Noailles, Poème de l’amour, in Anna de Noailles (Seghers)

*choix de la lectrice de Gilbert Stuart

Le discours de George VI

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Le film Le discours du roi (The King’s Speech) mettant en vedette Colin Firth dans le rôle du roi George VI a déjà tellement fait parler de lui qu’il est presque inutile de le résumer. Je ne le ferai donc pas, vous invitant plutôt à jeter un œil sur la bande-annonce si d’aventure l’information n’est pas arrivée jusqu’à vous.

Du roi George VI, je sais si peu. Sinon que lorsqu’il est venu en visite au Canada en 1939 avant la déclaration de la guerre, ma mère était sur les épaules de mon grand-père pour ne rien rater du carrosse royal et de ses occupants. Et qu’il était le frère du duc de Windsor dont mon grand-père conservait un souvenir impérissable parce qu’il avait visité incognito les troupes canadiennes lors de la Première guerre mondiale et qu’il avait eu un bon mot pour chacun de ces engagés qui avait franchi l’Atlantique au nom de la couronne britannique. Si peu. Pratiquement rien.

Et grâce au film réalisé par Tom Hopper, c’est l’homme et non pas uniquement le roi que j’ai découvert, ou du moins un pan de son existence. Avec bonheur. Car il s’agit là d’un beau film, plein de tendresse, mettant en vedette un homme qui a rendez-vous avec son destin, c’est-à-dire l’Histoire, malgré un handicap important pour le rôle qu’il doit tenir. Oui, un beau film, qui fait sourire et parfois même verser quelques larmes.

Mon seul regret : ne pas l’avoir vu en version originale. En effet, j’ai raté l’accent australien du professeur du roi. Mais j’ai passé un très agréable moment. Et je salue bien bas Colin Firth : il est fabuleux dans le rôle de George VI.