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décembre 2009
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Un dimanche avec Emily Dickinson 7

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Lent vint le jour, jusqu’à cinq heures;
Et puis bondit face aux collines,
Explosion de rubis, ou lumière
Jaillissant d’un mousquet.

Le violet dut déserter l’Est;
D’un coup le levant se défit,
Topaze pliée pour la nuit
Et qu’une femme eût déroulée.

Les vents, gaiement, sortaient leurs tambourins;
Les oiseaux, en rangées dociles,
S’installaient autour de leur Prince :
Ce Prince – c’est le vent.

Le verger chatoyait, levantin.
Quel honneur d’être alors
Invitée en ce lieu mirifique,
Le grand salon du jour!

(Emily Dickinson)

*toile signée Hamish Blakely

Un dimanche avec Emily Dickinson 6

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Il est certain biais de lumière
L’hiver après-midi,
Accablant, comme la lourde
Harmonie des cathédrales –

Céleste blessure infligée –
De cicatrice, nulle trace,
Mais une indifférence interne
Au sein des significations.

Rien ne peut l’enseigner – personne –
C’est le sceau du désespoir,
Une affliction impériale
Qui nous est envoyée par l’air.

À sa venue le paysage écoute –
L’ombre suspend son souffle,
Quand elle part, on dirait la distance
Sur le visage de la Mort.

(Emily Dickinson)

*toile de Luc Barbut-Davray

Un dimanche avec Emily Dickinson 5

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L’espérance est la chose empennée,
Qui va percher dans l’âme
Et chante le chant sans paroles,
Toujours, sans s’arrêter.

Elle est plus douce au fort de la tempête
Et quelle violence il faudrait
Pour décourager l’oiselet
Qui a réchauffé tant de monde!

Je l’ai entendu aux plus froids pays,
Sur les mers les plus étrangères –
Mais jamais, dans ces extrémités,
Il ne m’a demandé une miette.

(Emily Dickinson)

*toile de Baldino

Un dimanche avec Emily Dickinson 4

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On apprend l’eau – par la soif,
La terre – par les mers franchies,
Les transports, par les affres,
La paix – en comptant ses batailles.
L’amour, par une image à garder,
Et les oiseaux – par la neige.

(Emily Dickinson)

*toile de Daniel Schwartz

Un dimanche avec Emily Dickinson 3

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Chaque moment d’extase
Se paie d’une angoisse
Vive et frémissante
Tout à proportion.

Chaque heure adorée,
D’années faméliques,
De liards amers et disputés,
De coffres remplis de larmes!

(Emily Dickinson)

*toile de David John Simcik

Un dimanche avec Emily Dickinson 2

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L’exultation, c’est une âme
Terrienne, et qui prend la mer,
Laisse maisons et promontoires,
S’enfonce dans l’éternité.

Issu comme nous des montagnes,
Un marin peut-il bien comprendre
La divine ivresse que donne
La première lieue sur les eaux?

(Emily Dickinson)

*toile de Louise Tremblay-D’Essiambre

Un dimanche avec Emily Dickinson 1

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Chacun des lecteurs de ce dimanche, en commençant par celui de l’artiste russe Raisa Nikolaevna Zelinskaya-Plate, allumera une lampe pour éclairer ses pages. Pour l’ambiance, sûrement, pour mieux y voir aussi, fort probablement.

Et si cet éclairage servait à mettre en lumière Emily Dickinson dont j’ai relu les poèmes récemment? Pourquoi pas? J’ai laissé le recueil sur la table, en guise d’invitation…

Place donc à l’une des figures majeures de la littérature américaine du XIXè siècle.

Il n’est jamais trop tard pour rire!

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La journée de samedi a passé tellement vite que vous n’avez pas eu le temps de vous arrêter à lire les nouvelles débridées? Faites donc comme le lecteur peint par Michael Ringer. Installez-vous avec le journal et amusez-vous à commenter les nouvelles qui vous interpelleront ou à répondre aux commentaires qui sont déjà là. Il n’est jamais trop tard pour rire!