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Un dimanche avec Emily Dickinson 15

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L’âme est pour elle-même
Une impériale amie
Ou la plus angoissante espionne
Qu’un ennemi puisse envoyer.

Assurée des siens,
Elle ne craint pas la trahison;
Souveraine, elle devrait
S’inspirer un respect divin.

(Emily Dickinson)

*toile de Sandra Batoni

Un dimanche avec Emily Dickinson 14

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Le vent se mit à bercer l’herbe
Sur des airs orageux et bas,
Jeta une menace à la terre,
Une menace au ciel.

Les feuilles se défirent des arbres
Et voltigèrent alentour;
Comme des mains se creusa la poussière,
Pour rejeter la route.

Dans les rues les chars se pressèrent;
Lentement se hâta le tonnerre;
L’éclair montra un bec jaune
Puis une griffe livide,

Les oiseaux se barricadèrent,
Le bétail s’enfuit vers l’étable.
Une goutte énorme tomba –
Puis ce fut comme si les mains

Retenant les barrages s’ouvraient –
Les eaux dévastèrent le ciel
Sans toucher la maison de mon père,
Sauf un arbre – fendu en quatre.

(Emily Dickinson)

*toile de Thomas Kelly

Un dimanche avec Emily Dickinson 13

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Heureux le petit caillou
Vagabondant seul sur la route
Sans se soucier des carrières
Ni craindre les exigences,
Son habit brun élémentaire,
L’univers l’emprunte au passage.
Indépendant, tel le soleil,
Il luit sociable ou solitaire
Et remplit le décret divin
En toute simplicité.

(Emily Dickinson)

*toile de Mike Jones

Un dimanche avec Emily Dickinson 12

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Voici ma missive au monde,
Qui ne m’écrit jamais –
Simple billet de la Nature,
Tendre et majestueuse.

La main qui détient son message,
Je ne peux pas la voir,
Doux amis – par amour pour Elle,
Jugez-moi – tendrement!

(Emily Dickinson)

*toiles d’Emily Hildebrand

Un dimanche avec Emily Dickinson 11

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C’était un poète – Celui
Qui distille un sens inouï
Des significations banales –
Une si forte essence

Des plantes familières
Séchées devant la porte,
Que nous nous demandons pourquoi
Nous ne l’avions captée nous-mêmes.

C’est le révélateur des images,
Le Poète – c’est lui qui
Nous donne droit, par contraste,
À l’éternelle pauvreté.

Si aveugle à son héritage
Que le vol ne lui ferait rien,
Il est sa propre fortune –
Et il la possède hors du temps.

(Emily Dickinson)

*toile de Michèle Delisle

Un dimanche avec Emily Dickinson 10

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Il frôle à tâtons votre âme
Comme un musicien son clavier
Avant de déchaîner l’harmonie;
Il vous stupéfie peu à peu,
Prépare votre frêle nature
Au choc céleste
Par des marteaux légers, lointains,
Puis proches – puis si lents
Qu’on peut reprendre son souffle,
Laisser se calmer son cerveau –
Un seul coup de tonnerre – impérial –
Scalpe votre âme et la met à nu.

Quand les vents prennent les bois dans leurs pattes
L’univers – reste coi.

(Emily Dickinson)

*illustration de Maurico de Sousa

Un dimanche avec Emily Dickinson 9

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Percevoir un objet coûte
La perte exacte de l’objet.
Percevoir est en soi un gain
Qui répond à son prix.
Il n’est pas d’objet absolu :
La perception l’embellit,
Puis reproche à sa perfection
De se placer trop loin.

(Emily Dickinson)

*toile de Delia Brown

En vos mots 139

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Mais que peut bien lire ainsi le personnage peint par Maria Angélica Baeza? Des mots bleus, lui qui baigne dans un décor tout bleu? À vous de nous le dire, en vos mots, ou en empruntant des passages de poèmes, de chansons ou de romans. En prenant votre temps, puisque vous avez une semaine devant vous avant que je ne valide tous les commentaires reçus.

Puisse la toile vous inspirer quelques lignes, bleues ou non!

Un dimanche avec Emily Dickinson 8

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Il n’allume que des lampes,
Le Poète – et s’éteint;
C’est la mèche qu’il active.
Si la lumière vit

Toujours, comme les soleils,
Chaque époque est un verre
Qui sert à propager
Sa sphère.

(Emily Dickinson)

*toile de Pierre Bonnard