
« Une femme émue se répand en confidences qu’elle devra payer comptant dès le lendemain. » (p.16)
Ainsi s’exprime Alice, la narratrice de Femme vacante, le premier roman de Frédérique Martin (paru en 2007). Alice qui a tout quitté, mari et enfants, pour suivre celui qui finira par l’abandonner sur un quai de gare qu’elle retrouve jour après jour. Femme d’attente dans une salle d’attente.
C’est là qu’elle rencontre Adèle. Adèle qui attend la mort en traînant avec elle son chien empaillé et qui pousse Alice à vivre. À cesser d’être cette femme d’attente, cette femme vacante qu’elle est devenue. Adèle qui l’aide à démêler les fils.
Frédérique Martin maîtrise les mots et les situations avec un talent rare, dont je vous ai déjà parlé ici. Elle sait entrer au plus profond de l’âme et de ses questionnements, là où ça fait mal.
Son Alice, ce sont toutes celles qui ont aimé un jour. Toutes celles qui se sont trompées, toutes celles qui se sont perdues en laissant à l’autre toute la place. « Pour repousser l’austère vérité, on invente, alors qu’il faudrait regarder. » (p. 133)
Frédérique Martin signe ici un roman plein de nuances. Un roman fort dont on a envie de retenir plus d’une phrase tant elles sont justes, tant l’écriture est magnifique. À lire. Absolument.
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