Le vent se mit à bercer l’herbe
Sur des airs orageux et bas,
Jeta une menace à la terre,
Une menace au ciel.
Les feuilles se défirent des arbres
Et voltigèrent alentour;
Comme des mains se creusa la poussière,
Pour rejeter la route.
Dans les rues les chars se pressèrent;
Lentement se hâta le tonnerre;
L’éclair montra un bec jaune
Puis une griffe livide,
Les oiseaux se barricadèrent,
Le bétail s’enfuit vers l’étable.
Une goutte énorme tomba –
Puis ce fut comme si les mains
Retenant les barrages s’ouvraient –
Les eaux dévastèrent le ciel
Sans toucher la maison de mon père,
Sauf un arbre – fendu en quatre.
(Emily Dickinson)
*toile de Thomas Kelly

Commentaires récents