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Quelle écriture!

cherie

Quelle écriture que celle de Maria Judite de Carvalho! À un art de manier les mots de façon économe, ajoutez la capacité de créer des images comme d’autres peignent des personnages, avec juste assez de détails et juste assez de flou, et vous ne pourrez que vous emballer devant celle-ci. Surtout quand celle qui maîtrise cette écriture a un regard à la fois tendre et incisif sur l’être humain, ce qui donne un recueil de nouvelles ponctuées de scènes qui, dans toute leur banalité, ont tellement de force qu’elles vous coupent parfois le souffle.

Chérie? qui donne son titre au recueil et Hors jeu sont de longues nouvelles, puisqu’elles comptent 50 et 60 pages, alors que les suivantes sont toutes de la longueur habituelle d’une nouvelle, c’est-à-dire quelques pages. Chacune met en scène des personnages face à la mort, la leur ou celle des autres. Chacune met en scène le questionnement qui se pose en de telles circonstances. Aucune n’est triste, ni désespérée, ou désespérante. La mort est là où la vie mène.

Il s’agit ici d’un grand recueil, d’un très grand recueil, de ceux qui vous bouleversent. Un recueil dont j’aurais pu choisir toutes les nouvelles pour illustrer le talent de Maria Judite de Carvalho. Le début de La richesse devrait être suffisant pour vous convaincre :

Elle s’usait tout doucement, au rythme implacable des aiguilles du temps. Dans sa jeunesse, elle avait été gaie, vive et belle, les photographies le disaient, elle avait même été riche, tout au moins d’espoir et d’amour de la vie. Des sourires blancs oubliés sur son visage lisse, elle regardait avec une intensité verte les choses (transitoires) qu’elle possédait et les gens (non moins transitoires) qu’elle aimait, plus ou moins, et son regard s’attardait sur eux, comme si elle voulait bien les comprendre, les retenir, les garder en elle pour plus tard. C’étaient du reste les seuls biens qu’elle était capable de conserver. L’argent et les choses de ce genre ne lui disaient rien, ses mains avaient toujours vécu ouvertes et elle n’avait jamais su faire de comptes…

Le vieux hit

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Quand vous avez croisé la lectrice de Lisbeth Firmin, vos yeux ont immédiatement cherché le titre du livre qu’elle tenait sous le bras. Parce que c’est infaillible, à chaque fois que vous croisez quelqu’un qui lit ou qui tient un livre, il vous faut absolument savoir le titre. Mais très vite, vos oreilles ont été saisies au vol. Pas possible, elle écoutait ce vieux hit des Rubettes qui vous est resté en tête depuis…

La suggestion du 2 septembre 2009

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Mais quel est donc ce secret entre la lectrice peinte par Yves Auguste et son amie? Serait-elle en train de lui dire qu’il y a une magnifique sculpture composée de livres à Ypres (Belgique) et qu’elle peut la voir ?

Après-midi à Shelburne, Vermont 3

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Des jardins, il y en partout sur le domaine du Shelburne Museum, mais un seul a un gardien (un jeune garçon tenant une tortue dans chaque main). Il s’agit du petit jardin botanique où les roses se vautrent au soleil, comme vous pourrez le constater!

Chris avait raison!

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Armando n’a pas oublié le pays de Lali. Il a trouvé du rose d’Algarve pour accompagner son ciel bleu!

Ce que mots vous inspirent 97

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Comment se fait-il que les enfants étant si intelligents, la plupart des hommes soient bêtes? Cela doit tenir à l’éducation. (Alexandre Dumas père)

*toile de Sean Hopp

Collection de fenêtres 1

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Quelques fenêtres glanées ici et là à Genève et dans les environs par Denise. Une jolie collection dont nous verrons la suite demain!

À l’heure du Portugal 28

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moment musical en compagnie de Tereza Salgueiro
interprétant Valsinha

*toile d’Albert-Jan Cool

Portes sur la mer 2

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La lectrice peinte par l’artiste Otto Neals est restée debout tout le temps qu’elle a lu à haute voix le recueil de Louise Pouliot Portes sur la mer. Puis elle est partie dans la nuit en laissant le livre ouvert sur ce texte :

Il était le pays accroché au sillage
des goélands

Il était une terre attachée aux cordages
des partances

Il était le départ à travers les bouées
du silence

Il était autre chose, autre ailleurs
dans le vent

Il était…

Mais il a disparu… et son rêve,
muré de paupières

Tant de fois

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On a tant de fois tenté de lui couper les ailes que parfois elle oublie qu’elles sont toujours là, prêtes à être déployées pour traverser ciels et mers afin d’aller au bout d’elle-même, là où les mots ne se taisent plus. On a tenté tant de fois préféré son silence à ses phrases qu’elle oublie de temps en temps de dire, de se dire. Et pourtant, les mots, ses mots, ne cessent de la porter et de suivre le vent de son inspiration.

*sur une toile de Marika Enderle