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Ce que mots vous inspirent 47

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La plupart des choses qui nous font plaisir sont déraisonnables. (Montesquieu)

Celui qui a écrit aux personnages du peintre belge Jan Nicolier semble bien épris de cette phrase de Montesquieu, puisqu’elle revient au début de chaque paragraphe, ce qui les laisse tous deux quelque peu perplexes.

Et vous, qu’en pensez-vous? Êtes-vous d’accord avec la phrase de Montesquieu? Ou pas du tout? La phrase est désormais entre vos mains, pendant une semaine, pour ce que mots vous inspirent. Un poème, une réflexion, une chanson, un texte de fiction, tout est permis!

Nous vous lirons dans sept jours. Bonne semaine à tous!

Encore un peu de ciel bleu

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Armando aussi a décidé d’ajouter un peu de ciel bleu à ce mercredi… Décidément, ça ne pourra être qu’une belle journée!

Un ciel bleu pour ce mercredi

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Un peu de ciel bleu pour commencer ce mercredi. Avec du rouge, en plus. Ne me dites pas que Denise ne s’occupe pas de nous faire sourire.

Comment le lui prouver?

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Il lui avait écrit que les sentiments ce n’était pas assez. Ni les mots d’amour, ni les poèmes. Qu’il faut des preuves à l’amour. Et ce jour-là, il le lui avait prouvé. Déjà un an. Mais comment pourrait-elle elle aussi maintenant lui prouver hors de tout doute qu’elle n’aimera que lui à jamais? Qu’il peut y croire?

*sur une toile d’Henry Lerolle

Avait-elle dormi cette nuit-là?

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Avait-elle vraiment dormi cette nuit-là? N’avait-elle pas plutôt tourné les pages d’un livre, sentant que quelque chose se passait ailleurs qui allait tout changer du cours de sa vie? La lectrice de Carolyn Evans Campbell n’a que le souvenir de ce baiser sur son cou au réveil. Et celui de la surprise qui l’accompagnait. Oui, c’est bien cette nuit où elle n’est pas certaine d’avoir dormi que sa vie a bifurqué.

Ce n’est peut-être pas elle qui rêve

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Elle rêve. Je dirais même que la lectrice peinte par l’artiste Manuel Amado rêve au Portugal. Aux décors qu’il a peints et qu’on peut voir ici en l’écoutant parler, ce qui devrait bien plaire à Armando et à Guess Who.

Et au fond, ce n’est peut-être pas elle qui rêve mais moi.

Les vers de Nelligan 7

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Pour la romantique lectrice peinte par William Hilton, les vers d’Émile Nelligan étaient tout désignés. Partculièrement ce poème.

LE VOYAGEUR

Las d’avoir visité mondes, continents, villes,
Et vu de tout pays, ciel, palais, monuments,
Le voyageur enfin revient vers les charmilles
Et les vallons rieurs qu’aimaient ses premiers ans.

Alors sur les vieux bancs au sein des soirs tranquilles,
Sous les chênes vieillis, quelques bons paysans,
Graves, fumant la pipe, auprès de leurs familles
Écoutaient les récits du docte aux cheveux blancs.

Le printemps refleurit. Le rossignol volage
Dans son palais rustique a de nouveau chanté,
Mais les bancs sont déserts car l’homme est en voyage.

On ne le revoit plus dans ses plaines natales.
Fantôme, il disaprut dans la nuit, emporté
Par le souffle mortel des brises hivernales.

où sommes-nous désormais

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il disait tu es un poème
toute ma vie j’écrirai des je t’aime
à même ta peau
avec l’encre de mes lèvres

je disais je t’aime
à nouveau j’écrivais des poèmes
sur ses lèvres
avec l’encre de la passion

où-sommes-nous désormais
où serons-nous demain

(septembre 2008)

*toile de Heidi Berger

Où est le vrai, où est le faux?

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Et quand je me mets à écrire, quand je raconte, quand j’invente ou que je relate ici des morceaux de vie à peine retouchés, où est le vrai, où est le faux? Faut-il absolument savoir? Je n’ai pas envie de me donner ce souci, je préfère regarder la pleine lune toute jaune qui s’accroche au ciel amoureusement. Le je ne cache rien, c’est un vrai je. Les il et les elle, c’est moins sûr. Et qu’est-ce que ça peut faire? Tant que je regarde le ciel, tant que j’écris, tant que quelque part quelqu’un m’aime, devrais-je me préoccuper de départager le vrai du faux?

*sur une toile de Joan Griswold

Et chaque soir, elle le regarde

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Il s’allonge parfois là des heures durant. Le temps d’un livre. Car quand il commence, il ne sait pas s’arrêter et surtout n’a nulle envie de le faire.

À l’autre bout de la pièce, elle le regarde, muette. Elle ne le dérangera pas. Et pourtant, il fut un temps où il n’attendait que ça. Qu’elle se jette sur lui, qu’elle l’embrasse et que le livre tombe par terre.

Il a suffi d’une fois. Celle où le lecteur de Marco Manzella lui a dit « Tu ne vois pas que je suis en train de lire? » pour qu’elle apprenne à se taire et à se faire petite; minuscule même.

Et chaque soir, elle le regarde. Elle attend le « Tu viens? » qui ne viendra peut-être jamais plus.