Mais que peut bien lire le lecteur croqué par Armando? Ce qui est certain, c’est qu’il est tellement absorbé par sa lecture qu’il n’a rien remarqué du manège du photographe…
Mais que peut bien lire le lecteur croqué par Armando? Ce qui est certain, c’est qu’il est tellement absorbé par sa lecture qu’il n’a rien remarqué du manège du photographe…
Pas de fleurs aujourd’hui… J’avais trop de scènes livresques à partager avec vous en commençant par une partie de la décoration qui surplombe la librairie que je fréquente. Bien pensé, non?
Elle s’est assise à sa table avec tous les mots qui se bousculent, qui se précipitent. Tout ce qu’elle a envie de dire et qu’elle n’arrive pas à dire. Car les mots ne remplacent pas une caresse sur la nuque, même les plus doux, même les plus tendres. Car les mots, certains jours, ne peuvent biffer la distance d’un coup de crayon. Car les mots ne sont pas inoffensifs et qu’on peut les interpréter des heures durant, en les tournant dans tous les sens, et même en leur donnant un sens qu’ils n’ont pas.
Elle voudrait juste trouver des mots qui disent je t’aime et pas autre chose. Alors, sur la feuille, elle n’a pas écrit autre chose que ces mots.
*sur une toile de Steve Moppert
Et le livre est resté ouvert. Là. Précisément là. Et la lectrice d’Émile-Jules Saintin a su que ces vers de Nelligan étaient pour elle.
DANS L’ALLÉE
Toi-même, éblouissant comme un soleil ancien
Les Regrets des solitudes roses,
Contemple le dégât du Parc magicien,
Où s’effeuillent, au pas du Soir musicien,
Des morts de camélias, de roses.
Revisitons le Faune à la flûte fragile
Près des bassins au vaste soupir,
Et le banc où, le soir, comme un jeune Virgile,
Je venais célébrant sur mon théorbe agile
Ta prunelle au reflet de saphir.
La Nuit embrasse en paix morte les boulingrins,
Tissant nos douleurs aux ombres brunes,
Tissant tous nos ennuis, tissant tous nos chagrins,
Mon cœur, si peu quiet qu’on dirait que tu crains
Des fantômes d’anciennes lunes!
Foulons mystérieux la grande allée oblique;
Là, peut-être à nos appels amis
Les Bonheurs dresseront leur front mélancolique,
Du tombeau de l’Enfance où pleure leur relique,
Au recul de nos ans endormis.
Lorsque leurs regards se croisèrent, il n’y eut plus entre eux qu’une seule certitude, c’est que tout était décidé et que tous les interdits maintenant leur étaient indifférents. [Robert Musil]
Et probablement que c’est ainsi que tout s’est passé. Mais en est-il toujours ainsi? Ont-ils toujours la force nécessaire pour braver les interdits ou s’ils se contenteront de ce que la vie peut leur offrir? La lectrice d’Abraham Leon Kroll se le demande parfois. Sans trouver la réponse. Parce qu’il n’y en a pas. Parce qu’il ne peut y en avoir. Parce qu’on ne sait rien de ce que demain a préparé pour nous. Et qu’il vaut mieux aimer et être aimée au passé et au présent que pas du tout dans un avenir dont on ne sait rien.
Le bonheur sera pour une autre vie. La prochaine ou une autre. Elle essaiera juste de n’être pas trop malheureuse dans celle-ci.
Il en est ainsi quand on ne sait faire le bonheur de personne. Car notre propre bonheur est souvent lié à celui qu’on donne aux autres.
*sur une toile d’Hyatt Moore
Si j’avais un peu de courage, je sortirais à nouveau pour voir la lumière de fin du jour se poser sur les fleurs. Mais il ne m’en reste plus. Heureusement, Denise y a pensé pour moi…
Tout redeviendra normal dans quelque temps. Enfin, le plus tard possible. Parce que j’aime bien ces pauses florales ici et là au cœur de ma journée… et que je n’ai pas envie que ça cesse tout de suite.
Coup de bol, j’ai trouvé une rue où les roses ne sont pas fanées… L’automne peut attendre encore un peu, il y a même des boutons…
Je sais, je sais, ce n’est pas le ciel qui est bleu ici, mais la toile de la piscine chez mes parents. Or le ciel n’était pas très bleu ce jour-là et je voulais mettre en évidence les fleurs sur un fond bleu…
© Lali 2025 – Tous droits réservés.
Fait avec amour (❤️) par WHC
Commentaires récents