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Jeu de reflets 1

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La lectrice de Teodor Axentowicz est heureuse. C’est elle qui, la première, peut examiner à loisir le recueil de Nuno Júdice, Jeu de reflets. Et elle va des mots du poète portugais aux peinture de l’artiste lisboète Manuel Amado. Et avant de partir, elle prendra soin de laisser le livre ouvert pour nous, sur ces vers.

BUSTE

Sur tes épaules de plâtre s’écaille un reste
de musique. Fragments que je chasse de la peau
avec un plumeau de vent; le regard oblique
dans l’indécision du sexe. J’ai manqué le frissonnement
des marées quand j’ai traversé la cour
de ta voix. J’ai saisi les mots, un à un,
telles des feuilles emportées dans le courant vague
du couchant. Je les ai couchés sur la table du matin,
ouverts, pour que le premier soleil
les sèche. Avec la chaleur, ils ont volé
jusqu’à tes lèvres : ils ont demandé de les ouvrir
pour que tu recueilles chacune de leurs syllabes,
pour que tu boives la liqueur acide de leurs
consonnes. Loin des lèvres, les mots
se meurent dans un râle de mousse. J’ai couru
derrière eux, avec la fièvre d’un collectionneur
de papillons. Et je les ai vus glisser entre mes doigts;
j’ai lavé un vestige sonore dans l’écume du chant.

Un livre à caresser du bout des doigts

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Il est des livres qu’on caresse du bout des doigts. Parce qu’ils sont beaux. Parce que le papier est d’une finesse telle qu’il demande la douceur. Parce qu’ils sont illustrés avec goût.

Jeu de reflets (Jogo de reflexos) de Nuno Júdice est un de ces livres. Un livre qu’on goûte. Dont on tourne les pages avec délicatesse. Un livre qui n’est nulle autre chose qu’un bijou.

Cette édition bilingue, magnifiquement illustrée par des peintures de Manuel Amado réunies sous le titre La grande crue et qui ont inspiré à l’auteur ce recueil, est publiée chez Chandeigne.

Pour le blog (en portugais) de Nuno Júdice, c’est ici. Pour les extraits, ce sera au pays de Lali pendant quelques soirs à partir d’aujourd’hui.

Je laisse pour vous le café bien chaud

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Je laisse pour vous le café bien chaud, le livre commencé. Je sais que vous prendrez bien soin de la toile d’Audrey Bunt, que peut-être que vous rêverez en la regardant comme je soupire en la laissant derrière moi, alors que je préférerais ce matin ne pas bouger…

Doux parfum

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Ne sentez-vous pas ce doux parfum? N’êtes-vous pas, comme moi, envoutés par ces odeurs de roses venues de Suisse grâce à Denise? Ou n’y a-t-il que moi à posséder une telle imagination?

Irremplaçables

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Lettres qu’on déplie, qu’on lit, livres qu’on ouvre, gestes du matin, gestes anodins, gestes quotidiens, aussi irremplaçables que les premiers rayons de soleil, que la première gorgée de café du jour, que la voix de l’aimé(e).

*toile de Javier Crespo

Quelques vers d’Eugénio 16

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C’est la lectrice de Ken Kewley qui aura droit au recueil d’Eugénio de Andrade une dernière fois. Et c’est émue qu’elle a choisi ces vers pour nous.

Sur des flancs et des navires

Il y avait encore un autre jardin celui de ma vie
exigu il est vrai mais celui de mon regard
ce sont peut-être deux oiseaux qui s’aiment
l’un sur l’autre ou deux chiens debout
et c’est toujours la même inquiétude

ce délire blanc ou la rumeur
de la pluie sur les flancs et des navires
l’hiver va venir
sur la paille encore chaude la main
une douceur d’abeille très jeune

c’était le souffle lointain des matins sur la mer
et j’ai dit en sentant ses pas dans les patios du cœur
c’est le silence c’est enfin le silence
qui va s’abattre

Celle qui lit des histoires aux étoiles

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Elle parle aux étoiles et à la lune.

La lectrice de Daryl Price est convaincue que celles-ci écoutent attentivement les livres qu’elle leur lit. Et qu’elles retiennent toutes ces histoires pour les déposer dans les rêves de ceux qui dorment. Certaine. Car la nuit où elle n’a pas été à la fenêtre pour lire à haute voix, la lune a baigné son lit d’une lumière intense pour qu’elle n’oublie pas leur rendez-vous.

Le mot a dû circuler

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Le mot a dû circuler pour que lecteurs se pressent autant pour s’installer dans le champ de vision de notre ami Armando. Même l’ancien bourgmestre de Bruxelles, Karel Bruls, a pris la pause sachant qu’il allait se retrouver dans les pages de Lali.

Ce que mots vous inspirent 32

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Mon père ne fume pas, ça donne le cancer. Il ne boit pas, ça donne des ulcères. Il ne lit pas, ça donne des idées. (Claude Breuer)

La phrase a laissé quelque peu sidéré le lecteur de Boris Koustodiev. Si bien qu’il l’a transcrite sur un billet qu’il a laissé sur mon bureau, afin que je puisse la transmettre à vos commentaires. Pour ce que mots vous inspirent. Pour qu’à partir de cette citation, vous écriviez autre chose. Pour que vous remaniiez la phrase.

Il a promis de repasser mercredi prochain lire vos écrits, moment où je les publierai tous d’un coup. Il est vraiment curieux d’avoir votre avis. Moi aussi!

Bon mercredi à tous!

Dans le souvenir de celui qui pense à elle

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Quand il se souvient d’elle, c’est ainsi qu’il la voit, dans la lumière du matin où elle aimait s’installer, dans cette pose, précisément. Les teintes changent parfois, mais ni la pose, ni la lumière. Et probablement que dans vingt ans, la lectrice de Neil Brown sera toujours assise ainsi dans le souvenir de celui qui pense à elle ce matin.