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Certaines années sont parfaites

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Le printemps est arrivé chez la lectrice de Pamela T. Boll. Aucun doute. Elle a même habillé sa maison de fleurs pour bien marquer sa présence tandis que ravie, elle lit. En se disant que certaines années sont décidément parfaites. Un vendredi de congé pour souligner le printemps!

C’est le printemps!

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J’ai attendu qu’il fasse vraiment clair. Mais le printemps n’est pas là… Enfin, disons que s’il est ailleurs que dans mon esprit, il ne laisse pas trop de signes visuels pour me confirmer sa présence. Si bien que les photos que Denise a prises au marché samedi dernier vont redonner au 21 mars tout son sens. C’est le printemps!

Sans regarder dehors

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Ils ont regardé dehors. Pas de doute, le printemps s’était égaré en chemin et n’avait pas trouvé leur maison à temps. Si bien que les lecteurs de Miriam Martincic se sont collés l’un contre l’autre, dans un printemps qui n’appartient qu’à eux, pour lire quelques pages… sans regarder dehors.

Ailleurs qu’ici

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Ailleurs qu’ici, où il ne fait pas doux comme il le faisait hier, où le plafond craque, en signe de rébellion devant cet hiver qui n’en finit pas, oui, ailleurs qu’ici, la lectrice peinte par Nando Chiappa a trouvé, elle, un décor de printemps pour lire avec délice les vers de Victor Hugo :

Printemps

Voici donc les longs jours, lumière, amour, délire!
Voici le printemps ! mars, avril au doux sourire,
Mai fleuri, juin brûlant, tous les beaux mois amis!
Les peupliers, au bord des fleuves endormis,
Se courbent mollement comme de grandes palmes;
L’oiseau palpite au fond des bois tièdes et calmes;
Il semble que tout rit, et que les arbres verts
Sont joyeux d’être ensemble et se disent des vers.
Le jour naît couronné d’une aube fraîche et tendre;
Le soir est plein d’amour ; la nuit, on croit entendre,
A travers l’ombre immense et sous le ciel béni,
Quelque chose d’heureux chanter dans l’infini.

Souvenir de 1981

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On entre dans une boutique, le cœur innocent et la tête ailleurs. Les dernières notes d’une chanson se font entendre. Et toute la journée, on fredonne Bette Davis Eyes.

Et on se souvient. Et on a 20 ans à nouveau. Et les images défilent. La « café rouge » du Pavillon Lionel-Groulx de l’Université de Montréal, où on regardait des vidéos, dont celui de Kim Carnes interprétant un des grands hits de 1981. La petite bande de l’époque. Et on sourit.

Et dès qu’on rentre, on s’empresse de retrouver la chanson. L’envie est trop grande de se déhancher en écoutant Bette Davis Eyes. Et de bouger sa chevelure à la manière de Miss Carnes, il va sans dire. Et on sourit encore.

Les brioches du bonheur

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Les brioches du Vendredi saint ne sont pas restées longtemps dans l’assiette. Le temps d’une photo, le temps de tricher (nous sommes Jeudi saint seulement) et je les ai dévorées avec un bonheur qui me fait me lécher les doigts…

Instant magique

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Les fleurs sont arrivées accompagnées d’un billet. Et parce que la lectrice de Raimundo de Madrazo y Garreta sait très bien quel est l’expéditeur de l’envoi, la voilà à rêver, à examiner l’écriture, à rêver. Elle sait que les mots seront doux. Elle sait que son cœur battra la chamade à mesure que ceux-ci se dévoileront. Et cet instant est magique.

Maintenant que tout est rangé

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J’aime, quand j’en ai la chance, faire des courses pour longtemps. Comme ça, plus besoin d’y penser. Il y a donc du poisson, des épinards, des poires, des tranches d’ananas séché, des brioches, du lait, du café, des moules, des pommes de terre douces, de la soupe, des pâtes. Tout ce qu’il faut pour survivre.

Je peux ainsi, maintenant que tout est rangé, profiter de la vie, m’installer avec mes bouquins et une tasse de café, comme le fait la lectrice de James Abbott McNeill Whistler. Ou écrire. Ou écouter de la musique. Pieds nus, de préférence. Et me dire que j’ai de quoi nourrir autre chose que mon esprit…

Le client

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Il avait ce petit quelque chose du lecteur peint par Raymond Scholz. Quoi, exactement? Je ne sais pas. Ou alors, une certaine assurance.

-Je peux vous aider? ai-je fait, alors que je le voyais aller de rayon en rayon, visiblement à la recherche de quelque chose de précis.
-C’est que je ne sais pas le titre du livre… Vous n’auriez pas des photos d’écrivains quelque part? Je le reconnaîtrais tout de suite. Je l’ai vu à la télé.

J’ai dû faire une drôle de tête. Celle-là, on ne me l’avait jamais faite. Et pourtant, en plus de cinq ans de vie de libraire, j’en avais entendu de toutes sortes. Vingt ans de plus de cette vie-là m’en ferait en entendre d’autres. Des pires et des meilleures.

-Vous pouvez me le décrire? ai-je fait.
-Ben, c’est un barbu. De ça, je suis sûr. Et puis, il a une tête de rigolo, mais il écrit des livres sérieux.

Un rigolo qui écrit des livres sérieux? Le petit rigolo, c’était le client…

-Et ça parle de quoi, son livre? C’est un roman?
-Non, non, pas un roman. Je vous ai dit qu’il écrivait des livres sérieux.
-Votre écrivain, vous pouvez me dire si c’est un Québécois ou un Français?
-Bonne question. D’ailleurs, tout le temps qu’il parlait, je me demandais si c’était un Québécois ou pas. Parce que, voyez-vous, il a un drôle d’accent.

Décidément, les choses ne s’arrangeaient pas. Mais Lalibraire ne perdait pas patience.

-Et si vous l’avez vu à la télé, je suppose que son livre est récent?
-Oui! Il vient de sortir. Ça vous aide?

Je ne savais pas si ça m’aidait ou pas. Mais je me disais que peut-être dans les rayons des nouveaux titres, une idée me viendrait… Jean Yanne était barbu. Mais, ce n’était pas Jean Yanne. Soljenitsyne aussi était barbu. Mais il n’avait pas publié récemment. Et Hugo était mort depuis longtemps.

-Et vous pourriez me dire un peu de quoi parlait le livre?
-C’est un peu compliqué. Mamour, tu as retenu quelque chose du livre, toi? a-t-il fait à l’intention de sa moitié.
-Il me semble que ça parlait de fêter, a-t-elle répondu, de façon presque inaudible.
-Oui, c’est ça, Mamour! Ça parlait de faire le party!!

Je sais depuis que j’ai entendu ça que les sourcils sont en mesure de bouger à un point tel qu’ils deviennent des points d’interrogation.

-Vous n’avez pas ça un livre qui vient de sortir et qui est écrit par un barbu sérieux avec un drôle d’accent et qui parle de faire le party?

Et il était sérieux. Vraiment. Comme s’il avait en résumant ainsi les choses donné tous les indices nécessaires pour que je lui trouve le bouquin dont il ne savait pas le titre, ni le sujet et dont le nom de l’auteur lui était inconnu. Il me restait à tenter une autre approche.

-Et vous vous souvenez du nom de la maison d’édition?
-Ah non, moi je suis pas libraire.

C’est à cette minute que j’ai cherché le nom d’un saint qui s’occupe de veiller sur les libraires. Mais il n’y en a pas. J’ai donc adressé une prière à saint Judes, le spécialiste des causes désespérées. Je n’avais pas assez de temps pour une neuvaine.

Comment allais-je m’en sortir?

-Mademoiselle! Mademoiselle! ai-je entendu, alors que je bouleversais l’ordre des tablettes que j’avais pris tellement de soin à ranger le matin même.
-Quelque chose vous est revenu?

J’avais les yeux implorants. Enfin, c’est comme ça que je me rappelle la scène.

-Ça parlait de beuverie dans le titre.

Décidément.

-De beuverie?
-Oui, de se saouler, quoi.

J’étais toujours perplexe. J’ai fait les cent pas. Barbu, sérieux, saouler… Et Eurêka! Le livre était là, tout près. Je l’ai attrapé et j’ai fait voir la photo de l’écrivain à mon client qui jubilait.

-C’est lui! C’est lui!

Puis, il a retourné le livre pour voir le titre.

-Je vous avais bien dit que ça parlait de se saouler la gueule!

Et il est passé à la caisse, ravi. Il allait lire L’heure de s’enivrer d’Hubert Reeves.

Mur de fenêtres

tableaux d’automne

Un mur de fenêtres dans lequel se mirent des arbres de fin d’automne. Quel magnifique et généreux cadeau m’a fait Armando, alors qu’il n’a gardé qu’une seule fenêtre pour chez lui