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Non, Man Ray n’est pas une méduse

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En effet, quand on en est là, il y a en effet un problème. Mais ce problème ne date pas d’hier.

Non, Man Ray n’est pas une méduse. Et Kiki n’est pas une sirène. Sylvie de Lectures et autres vous racontera mieux que je ne pourrai le faire si vous allez ici.

Moi, je vais plutôt continuer à m’insurger sur le fait qu’on a mis de côté l’Histoire, les arts, la littérature et la musique au profit du sport et de l’informatique. C’est vrai qu’il est beaucoup plus utile de savoir googler que de savoir lire. Vrai? Je m’insurge encore.

Et je m’insurge parce que parfois l’inculture me rend malade. Est-ce que je dois vraiment gommer de mes phrases des citations de Boileau? Faire abstraction du fait que je connais tous les films de Truffaut? Devenir accro des reality shows pour être à la page, alors que je préfère les pages des livres?

Je refuse. Je proteste. On ne me fera pas être autre que je suis. On ne me fera pas effacer les noms de Man Ray, de Paul Éluard, de François Couperin ou de Jules Supervielle de mon vocabulaire. On peut connaître un peu les écrivains et savoir googler, au fait. D’ailleurs, on m’appelle Miss Google au bureau, c’est tout dire…

Mais je m’éloigne. Où est passée l’éducation? Quand est-il devenu important d’en connaître le moins possible? Quand a-t-on commencé à niveler vers le bas et pour quelle(s) raison(s)? Parce que je voudrais comprendre et que je ne comprends pas. Parce que je me demande quel est le but. Parce qu’il y a une contradiction flagrante entre le fait d’investir des millions de dollars dans une grande bibliothèque et celui de faire disparaître l’enseignement de la littérature. C’est bien plus important de savoir faire un compte rendu journalistique ou une présentation orale, voyons. Mais où ai-je la tête? Je dois vraiment me bercer d’illusions pour m’entêter à croire que Prévert est plus important… Et Van Gogh… Et Beethoven… Et…

Ciel bleu taché de rose

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Et pour bien tourner le fer dans la plaie… Mais non! Pour rêver, voyons! Un pan de ciel bleu taché d’un peu de rose, tout droit venu de la Suisse de Denise.

Ça marche. Je suis en train de rêver, je vous dis. Je vole en même temps au-dessus de la Belgique, de la France et de la Suisse. Ce n’est pas « le poids des mots, le choc des photos », c’est juste ma propension au rêve…

Auvergne rose

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Et dire aussi que tandis que je regarde toujours ce blanc accumulé auquel d’autre va s’ajouter dans quelques heures, tout est rose en Auvergne au pays de Géraldine. Non, non, je ne suis pas jalouse, je le jure. Mais j’ai hâte que ce soit mon tour!!

Les canards de Verviers

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Et dire que les canards d’ébrouent dans le parc de Seroule, à Verviers, sous le regard enthousiaste de Jocelyne qui y a emmené son chien Umbra en promenade, alors que je regarde tout ce blanc accumulé… C’est dans des moments comme ça que je me sens comme Calimero.

Quand une bibliothèque est une suite de fenêtres ouvertes

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L’univers du peintre canadien Rob Gonsalves est absolument fascinant. Preuve en est ce tableau où une bibliothèque devient une suite de fenêtres ouvertes. Comme si entrer dans un livre était entrer dans un autre monde.

Et les toiles de Gonsalves possèdent toujours ce côté ludique et imaginatif qui fait de son univers un vaste paysage où nous avons tous des yeux d’enfants. J’ai dans mes tiroirs un joli diaporama présentant plutôt bien ses tableaux. Que ceux et celles qui sont intéressés me laissent un commentaire et il vous arrivera par courriel. Pour le plaisir de rêver!!

Et vous, qu’écrivez-vous les samedis soirs?

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Il n’y a pas eu de samedi où il ne s’est pas assis là au fond de la salle. Dans l’ombre. Et ce, depuis des semaines. Comme si de là, il pouvait l’observer à son aise. Sans rien dire. Mais visiblement admiratif. Parce qu’elle écrit? Parce que personne ne vient jamais s’asseoir à sa table? Parce que visiblement elle est heureuse?

L’écrivaine peinte par Hermann Fenner-Behmer n’est pas dupe du manège. Elle a tout vu. Et elle ne fera pas comme ses aînées. Nous ne sommes plus au XIXe siècle, mais au XXe, affirme-t-elle pour se donner du courage.

Elle ne va quand même passer tous les samedis de sa vie à se laisser dévorer des yeux sans inviter l’homme du fond de la salle et sa plume à s’asseoir à sa table. Elle est d’ailleurs en train de lui écrire. Elle a hésité longtemps sur la manière de l’aborder. Et puis, ça lui a semblé évident. Le garçon ira lui apporter ce mot : Et vous, qu’écrivez-vous les samedis soirs?

La lectrice qui aime Paris

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La lectrice de Sandy Belock-Phippen aime tant Paris qu’elle peut passer des heures à feuilleter des guides de voyage ou des livres d’art parlant des musées. Elle aime tant Paris qu’elle dévore tous les livres qui s’y déroulent en ayant une prédilection pour ceux qui s’attarde aux détails des trajets des personnages. Pas étonnant qu’elle ait tant aimé Héloïse d’Anne Hébert qui a comme toile de fond le métro parisien. Un livre pourtant si mal accueilli par la critique. Mais elle n’a jamais tenu compte de la critique. Jamais. Et ce n’est pas aujourd’hui qu’elle va commencer.

Bien dans sa bulle

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Elle est dans sa bulle. Tellement dans sa bulle que la sonnerie du téléphone la fait sursauter, tout comme le plafond qui craque, ou une porte qui claque.

Pas juste dans sa bulle, BIEN dans sa bulle.

Car il y a des livres dans la bulle de la lectrice d’Elda Abramson. Et puis de quoi écrire. Quelques CD qui traînent. L’odeur de légumes au cari, peut-être. Et probablement un homme qui l’aime, ce qui rend sa bulle aussi confortable. Avec parfois, aucune envie d’en sortir.

Curieusement, je crois que je la comprends.

Sei bella vita

morandi

Parfois, ce besoin de crier « la vie est belle », ou en italien « sei bella vita » avec la voix de Gianni Morandi. Parce qu’elle l’est, tout simplement.

Penso che in questo momento
c’è mezzo mondo che dorme
che nasce che muore
che spera e fa l’amore
e basta un colpo di vento
qualcuno si ferma per strada
tra sguardi incuranti
uno in meno uno dei tanti
abbiamo bisogno di sentire
che non siamo soli
sei bella vita come sei
sei bella vita
penso e non trovo il senso
forse il senso non c’è
è solo paura
di questa selva oscura
fiondati sulle autostrade
o stretti nelle discoteche
urliamo allo stadio
abbiamo bisogno di riempire
questo vuoto nel cuore
sei bella vita come sei
tra le mie dita
sei bella vita come lei
sei bella vita
sai
Dio mio quanta ne ho sciupata
e quante volte ho pensato è finita
penso che in questo momento
c’è mezzo mondo che dorme
che spera che lotta che muore
che fa l’amore e tu sei qui con me
sei bella vita come sei
quando respiro cammino
da quando amo lei
abbiamo bisogno di sentire
che non siamo soli
sei bella vita come sei
non ti ho tradita
sei bella vita come lei
io non ti ho mai tradita
se penso ai tramonti sul mare
alle cose che ho voglia di fare
agli amici alla musica al sole
all’amore e tu sei qui con me
penso che in questo momento
c’è mezzo mondo che dorme
sei bella vita come sei
quando respiro cammino
da quando amo lei

Et pour les autres titres de l’album Il Tempo Migliore, il faut aller ici. Parce que certains soirs, les mots sont plus beaux en italien. Et ça ne s’explique pas!

Ah! si je pouvais me télétransporter!

librairie-genève

Le dictionnaire est une machine à rêver.
[ Roland Barthes ]

J’adore les dictionnaires. Je peux rester des heures plongée dans l’un ou dans l’autre… Un tout neuf qui sent encore l’encre, comme un très ancien, comme on risque d’en trouver dans cette librairie consacrée aux livres anciens, que Denise a photographiée dans une rue de Genève. Ah! si je pouvais me télétransporter, j’y serais déjà!