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Tant qu’elle sera assise à sa chaise

s_howard

Ils ne remarqueront rien. Ils ne verront pas ce changement imperceptible, puisqu’ils n’ont jamais rien vu, de toute manière. Tant qu’elle sera assise à sa chaise. Tant qu’elle continuera à écrire. Tant qu’elle ne demandera rien sinon qu’on ne la dérange pas. Pour eux, rien n’aura bougé. Ils ne sauront rien de tout ce qui a bougé dans l’esprit de l’écrivaine de Suzanne Howard. Non, ils ne sauront rien. Et puis, ça ne servirait rien. Qu’elle leur dise ou qu’elle l’écrive, ils ne comprendraient pas.

Ils ne remarqueront rien. Tant qu’elle sera assise à sa chaise, leur faisant dos. Il vaut mieux.

Tout est rangé

s_weis

Tout est rangé. Plus de traces de la veille et de l’avant-veille. Ça a quand même été long, pense la lectrice de Sharon Weis qui s’est mise tôt au boulot. Elle avait si hâte que tout soit fini pour retrouver le livre mis de côté il y a quelques jours, trop occupée par les préparatifs des festins. Il était temps.

Le calme est revenu

nathalie_h

Le calme est revenu. Non pas que le grand-père dessiné par Nathalie Huybrechts n’aime pas la compagnie de ses petits-enfants, mais tous à la fois, c’est beaucoup. Onze, exactement. Enfin, quatorze, s’il compte les pièces rapportées. C’est beaucoup pour lui qui aime bien lire tranquille dans son fauteuil. Un ou deux, ça va. Mais quatorze! Quatorze qui rient, qui chantent, qui poussent des cris, qui courent. Rien que d’y penser, la tête lui tourne. Alors, il vaut mieux ne pas le faire. Et rallumer sa pipe avant de reprendre sa lecture.

Ce que mots vous inspirent 9

hm

Tout le bonheur du monde est dans l’inattendu.
[Jean d’Ormesson]

C’est peut-être ce que se dit la lectrice d’Hélène Mutschler qui me semble bien pensive. A-t-ele des doutes quant à celle-ci ou elle est tout à fait d’accord avec cette phrase? Et vous? Que pensez-vous des mots de Jean d’Ormesson? Sont-ils en accord avec votre vision de la vie? La catégorie Ce que mots vous inspirent est là pour laisser cours à votre imagination à partir d’une phrase. Mais il n’est pas du tout interdit – bien au contraire – que la toile vous inspire quelques lignes.

La phrase restera là une semaine. Pour votre inspiration. Je ne validerai les commentaires que mercredi prochain. Vous pouvez lire ceux de la semaine dernière ici.

Bon lendemain de Noël à tous!

Le lendemain de Noël

stanton

Comme elles avaient hâte à ce lendemain de Noël, les cousines peintes par Monica Stanton. Elles allaient dès le réveil lire à haute voix à tour de rôle le livre que l’une d’elles avait reçu. Pas question pour celle de gauche de rentrer avec ses parents. Ses cousines avaient bien une robe de nuit pour elle.

Il n’est dit nulle part qu’elles ont beaucoup dormi. On les aurait entendues jusqu’à tard dans la nuit imaginant avec délice les aventures de leur héros.

La trouvaille

chatham

Ailleurs, de l’autre côté de la ville ou dans un autre pays, la lectrice de Russell Chatham a ouvert un livre qu’elle avait laissé fermé des mois durant, peut-être même des années. Pas que ce livre réveille en elle des souvenirs autres que doux. Elle l’avait juste oublié. Il y a tant de livres chez elle.

Et puis, surtout, elle ne passe pas sa vie à inventorier les titres ou si tel livre est revenu. Elle en prête tellement. Et elle en possède tellement que si un livre ne lui revient pas, ce n’est pas grave, c’est qu’il a une vie ailleurs. Elle a appris au fil des ans que seuls les livres auxquels elle tient vraiment, et qui sont maintenant hors commerce, ne devraient jamais être prêtés. Les autres, pourquoi pas? Si elle les laisse aller, c’est qu’elle les a lus et qu’il y a tant de livres à lire que ce n’est pas certain qu’elle tienne à en relire un au moment où justement il est ailleurs.

Elle a donc ouvert ce livre qu’elle n’a pas ouvert depuis des lunes. Elle avait oublié la finesse du papier, la qualité des reproductions. Et je crois qu’elle est heureuse de sa trouvaille.

Tandis que je me glissais dans sa peau

bentley

Il me semble avoir entendu des pas dans l’escalier et des portes claquer, des rires et même de la musique, mais je ne suis pas certaine de tout ça. Je suis tellement dans ma bulle d’écriture que je pourrais bien avoir rêvé tous ces sons coutumiers d’un soir de Noël. Il n’y a peut-être eu aucun bruit. Ou alors c’était il y a des heures, pusique voilà un moment que me voilà à écrire, à jeter des idées ici et là des idées à développer, à trier dans mon carnet des phrases valables écrites durant des trajets d’autobus plus ou moins longs, à chercher parmi ma galerie quelles toiles ont ce soir une histoire à raconter. Il n’y peut-être pas eu de course dans l’escalier, finalement. C’est peut-être chez l’écrivaine de Steve Bentley que tout ça s’est passé, tandis que je me glissais dans sa peau.

Dans le boudoir

dv

Ils finiront bien par remarquer son absence, mais pour le moment, tout baigne. Qui penserait à s’asseoir dans le minuscule boudoir de l’oncle Georges dont les murs sont tapissés de bibliothèques alors que le sous-sol est vaste et qu’on peut y danser? Sûrement pas les cousins et cousines qui doivent s’agiter sur des musiques qui ne se dansent pas. Et Frédéric aura sûrement réussi à extraire des bouteilles de la cave en douce. Toutes ces choses qui ne lui ressemblent pas.

La lectrice de Dimitris Voyiazoglou est bien mieux où elle est, à dévorer un des trois romans offerts par son oncle. Lui qui prend toujours la peine de lui demander sa liste pour lui prendre les livres qui lui font envie pour pouvoir ensuite en discuter avec elle. C’est peut-être pourquoi elle se sent si bien dans son antre couvert de bouquins. D’ailleurs, personne d’autre que lui ne va jamais là. Enfin, c’est ce qu’ils croient tous. Car lui seul s’apercevra de sa disparition et saura exactement où aller la chercher.

La lectrice et le perroquet

whd

La lectrice de Walter Howell Deverell raconterait-elle à son perroquet ce que je raconte à mon lion en peluche, comme je le faisais autrefois avec mon Vagabond de chat? Et est-il en mesure de lui répondre ou s’il ne fait que l’écouter sans commenter aucune des questions qu’elle lui livre tout haut? Fred le lion a beau avoir la bouche cousue depuis toujours, il me souffle parfois des commentaires. Quand j’ai le dos tourné, bien évidemment. Pour que je ne sache pas comment il fait…

Et parfois, elle se souvient

gilman

Et parfois, ça lui revient. Ces Noëls où elle faisait de son mieux pour faire bonne figure alors qu’elle avait l’impression d’entrer dans un cirque où on aurait lâché les fauves. De la musique de Noël au salon, plus le sapin qui chante, la télé ouverte dans la cuisine, le poste de radio aussi, les trois chiens qui jappent, des guirlandes qui font le tour de la maison, tellement de bébelles de Noël partout qu’on a du mal à respirer. Ces Noëls du temps où elle avait un conjoint et des beaux-parents excentriques – est-ce vraiment le bon mot pour les définir? – et pour qui Noël était le plus fabuleux jour de l’année. Elle se rappelle qu’elle mettait une jolie robe, qu’elle tentait d’être le plus sage possible pour ne rien briser des objets de pacotille aux couleurs criardes résonnant tous de chants de Noël différents en même temps.

Et parfois, elle se souvient. Elle se dit qu’elle aurait dû partir en courant après ce premier Noël. Que plus on reste, moins on sait comment partir. Mais qu’elle a fini par savoir comment. Et que c’est le sixième Noël qu’elle passe sans cette folie de certains qui font de Noël le plus grand cirque du monde.

Et la lectrice d’Harold Gilman écoute le silence en tournant les pages.