Je reste toujours étonnée devant une telle scène. Et pourtant, je sais que les filles aiment entre elles partager des mots qu’elles reçoivent et que c’est là un comportement bien féminin d’analyser en groupe chaque virgule et de peser chaque mot.
Pourtant, voilà bien une chose que je n’ai jamais faite, que je ne ferai probablement pas non plus. Je ne deviendrai pas un des personnages de Basia Roszak. Je ne décortiquerai avec personne les mots d’une lettre qui n’appartient qu’à moi. Je trahirais l’expéditeur en le faisant. Je ne serais plus celle à qui on a écrit mais une analyste de mots. Et m’extraire ainsi pour faire valoir le sous-texte et ce que l’auteur a voulu dire, parce qu’il a mis tel mot et pas un autre, est au delà de mes capacités. Je prends les mots pour ce qu’ils sont. Je me laisse toucher par eux. Je n’ai pas besoin de regard extérieur ou inquisiteur, ou les deux, pour me dire ce que je devrais ressentir. Vraiment pas.
Or, je me pose tout de même une question face à une telle scène. Pourquoi ce besoin d’étaler quelque chose d’intime et d’en défaire la beauté – si bien sûr, il s’agit d’une lettre d’amour?




Commentaires récents