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Ce que mots vous inspirent 7

aransay

Et si vous n’avez rien à dire, ce n’est pas la peine de le faire savoir à tout le monde ![ Francis Blanche ]

La citation de Francis Blanche ou la toile d’Angel Aransay, ou les deux, vous inspirent-elles quelques mots? Elles sont à vous pour une semaine, comme l’était la citation de la semaine dernière dont je viens de valider les commentaires. Juste pour le plaisir de nous donner de quoi alimenter votre imagination.

La suite vous appartient!

De rien de plus

wade 1

J’aime ces moments où, comme la lectrice de Samuel Wade, je lis dans l’autobus qui m’emmène au travail. Jamais longtemps, car il n’y a que dix arrêts avant que je ne prenne le second. Une dizaine de minutes, quoi. Suffisamment pour que je sente indubitablement que ma journée sera belle.

Il suffit simplement de quelques mots, parfois, d’une image. De rien de plus.

Une part d’elle

judrix

Elle a refermé le livre, mais elle n’arrive pas à se détacher de lui. Il l’a accompagnée pendant tellement de jours qu’elle n’a pas envie de le quitter.

Et la lectrice de Judrix serre le livre contre elle, sur son cœur.

Elle sait qu’elle tournera les pages à nouveau, que ce livre est une part d’elle et que quelques pages resteront gondolées par les larmes qu’elle a versées.

La lectrice d’Herman Hesse

lali_235

La lectrice aux foulards devenue la lectrice au capuchon est devenue hier la lectrice d’Herman Hesse, car elle entamait sa lecture de Siddharta au moment où je suis arrivée à l’arrêt. Je n’ai pu m’empêcher de retenir une nouvelle image d’elle.

je marche

mbaker

j’ai marché souvent longtemps ailleurs ou là-bas
dans les méandres de la folie
ou dans l’existence douce qu’on invente
soir d’orage ou de pleine lune
j’ai marché j’ai tant marché
que j’ai quelquefois laissé mon ombre me couvrir
je marche encore
poursuite d’un rêve bleur ou rose selon le moment
je marche et je t’aperçois
tu dois traîner dans les plages de mes yeux
de mes désirs de mes rêves les plus fous
je marche et je te regarde
tu es là et je te sais sans te connaître
je marche et j’ai marché
toujours en piétinant en me trompant
et tu étais là
comme un souffle
plus léger que toutes les envies
qui viennent et disparaissent
tu étais là
et j’ai passé tout droit

je marcherai sûrement encore
je te croiserai peut-être
et mes yeux s’agrandiront
je t’aimerai peut-être
si la peur ne me guette pas trop
oui je marcherai encore sur mes anciennes traces
et je t’attendrai au carrefour
comme si c’était la première fois
ou la dernière
car je t’aime déjà
sans avoir jamais vu tes yeux

(janvier 1985)

*toile de Mavina Baker

Faim de mots

l_u_b

Elle entrera sur la pointe des pieds, comme tous les matins. Et elle restera là à la regarder. Et elle sourira. Il y a tant d’elle dans sa fille, dans cette faim de mots dès le réveil. La petite lectrice de Lee Ubald Bennion lèvera peut-être les yeux. Elle sourira aussi. Et elle retournera à son livre tandis que sa mère ira préparer leur repas.

Le divan bien trop grand

murray 1

murray 2

Parfois, c’est elle qui lit sur le sofa. Parfois, c’est lui. Mais il y a chez eux quelque chose qui ne va pas et qui ressemble à une attente. Ou à quelque chose d’incomplet.

Parce que le divan est bien trop grand pour une personne. Parce qu’ils seraient bien mieux assis côte à côte, enlacés, même si pas dans le même livre. Oui, le lecteur et la lectrice d’Ann Murray seraient beaucoup mieux à lire en même temps.

Bien accompagnée

lo faro

Elle s’est allongée pour lire. Une pose qu’elle aime entre toutes. Pourtant, je la sens un peu fatiguée. Je crains que la lectrice d’Anna Lo Faro ne s’endorme ainsi… Et pourquoi pas? Elle a auprès d’elle un charmant compagnon.

Parce que l’absence

g_reni

Et parce que l’absence, parce que la distance, l’écrivain de Guido Reni note jour après jour ses mots pour elle dans un grand cahier. Inlassablement. Comme si sa vie en dépendait. Comme si nulle autre raison de se lever que pour lui écrire, que pour lui dire à quel point dans son absence elle est présente. Et peut-être là-bas fait-elle exactement la même chose.

nuit

cianfrani1

la certitude d’avoir croisé la nuit
au hasard de mes rêves troublés
et l’incertitude de tout le reste
de tout ce qui se pose sur mes paupières
dans nos goûts d’irréel

la certitude d’avoir croisé la nuit
de l’avoir aimée peut-être
l’incertitude pourtant
de son existence
dans l’inscritpion factice
de nos espoirs fragiles

la certitude de l’avoir croisée
de lui avoir fait l’amour
et l’incertitude
de sa présence fondamentale
dans nos rêves démunis

la certitude
si peu de certitude
la nuit laisse toujours sa place au jour
fatalement
inexorablement

(octobre 1983)

*toile de Margaret Cianfrani