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Souvenir d’adolescence

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Je ne m’en cache pas. Je suis en mesure de chanter nombre de chansons de Joe Dassin en n’omettant aucune parole. Et tant pis si certains trouvent ses ballades mièvres ou rose bonbon, je n’ai rien à faire de leurs remarques. Joe Dassin, c’est mon adolescence, ce sont les chansons qu’on chantait partout, et il en sera toujours ainsi. Et j’aurais du mal à oublier ces paroles puisque je les fredonne dès les premières notes à la radio.

Une fan ? Je n’irais pas jusque là. Mais il faisait partie de mon quotidien, comme bien d’autres. J’aimais certaines chansons plus que d’autres. Ainsi, La rue Marie-Laurence.

Toutes les rues de Paris portent un prénom de fille
Souvenirs d’un temps disparu
Y a la rue Stéphanie et la rue Caroline
L’avenue de la Fille Inconnue
Le boulevard Virginie et l’impasse Martine
Ces jolis rendez-vous qui n’existent plus
Mais ma rue préférée, celle où j’aimais rêver
Elle a un nom qui danse, la rue Marie-Laurence

Une parmi tant d’autres. Une qui évoque un joli souvenir de Dassin sur scène alors qu’il l’interprétait tout en douceur dans cette salle immense qu’il savait rendre intime. Et on dira ce qu’on voudra, quand on est assise au premier rang, parce que c’était le cadeau d’anniversaire que j’avais offert à maman, ça fait quand même un cœur battre quand un chanteur chante pour vous À toi.

Dassin fera toujours partie de ceux qui m’ont fait rêver. Loin de moi l’idée de faire de vous des adeptes. Juste de partager, puisque je ne sais faire que ça.

La lectrice et son correspondant

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Comme la lectrice de C.Y. Hsieh semble rêveuse devant les mots de son correspondant. Et quel joli coin tranquille elle a choisi pour les lire et les relire à son aise. Enfin, du moins ai-je envie d’imaginer qu’il s’agit d’une lettre d’un homme retenu au loin et qui sera bientôt de retour.

Peut-être même l’emmènera-t-elle dans ce lieu magique où elle va pour lire ses mots. Parce que si ce lieu est un peu à elle, il est désormais empreint de lui.

Le ciel gris bleu d’Utrecht

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Il y a dans le ciel de Montréal en ce dimanche quelque chose qui ressemble au ciel d’Utrecht il y a plus de vingt ans. Je ne sais si c’est dans la teinte du ciel ou dans le fait que tout soit un peu gris bleu. Mais il y a décidément dans ce ciel un élément qui me transporte des années en arrière.

Comment se prénommait le luthier, ami de Brigitte, chez qui je suis allée prendre le thé ? Hans ? Nicolas ? Pieter ? Tomas ? Je n’arrive plus à mettre un prénom sur le visage de ce barbu, dans son atelier de fortune, qui me montrait avec passion les instruments qu’il fabriquait, essentiellement des violons et des altos. Il y en avait même un, miniature, pour Brigitte, qui a traversé l’océan avec moi. Comme j’ai aimé ce bout d’après-midi dans ce miniscule espace qui sentait le bois et le vernis. Comme j’ai aimé voir dans les yeux de cet homme sa passion pour le détail, sa minutie, son goût de partager tout ça. Qu’est devenu cet homme dont j’ai oublié le prénom et dont Brigitte était amoureuse ? Est-il encore dans son atelier à rêver ou est-il ailleurs ?

Utrecht avait toujours été un nom mythique, celui des traités historiques des livres de classe. Et quasi rien d’autre. Jusqu’à ce jour où je suis allée y voir de plus près, marcher sur les bords des canaux, tandis que la vie s’agitait. Il y avait du bonheur ce jour-là à Utrecht, pas juste dans l’atelier d’un luthier, mais dans chaque rue qui portait mes pas et dans ce ciel un peu gris, un peu bleu.

Un sirop qui n’en est pas un

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Pour celle venue du pays du sirop d’érable, la texture du sirop de Liège a de quoi étonner. D’ailleurs, il fallait voir ma tête lors de mon premier déjeuner belge, chez Jacques. Le fameux sirop de Liège était une tartinade épaisse et non pas un sirop ? D’abord surprise, j’ai par la suite été conquise par cette pâte à base de pommes et de poires, qu’on appelle le sirop de Liège traditionnel, car d’autre variantes existent.

Et à l’heure de la collation, je viens d’en étaler une épaisse couche sur un bagel et je me sens pour quelques minutes ailleurs, là-bas, au pays des tartines au sirop de Liège. Il suffit d’un arrêt dans une épicerie fine pour que le bonheur entre chez moi. Bon appétit !

De tout temps des muses

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Combien sont-elles, figées dans la glaise, le bronze ou le marbre, à l’instar de cette lectrice modelée par Catherine Lachance ? Combien sont-elles, immortalisées sur la toile avec souci du détail ou imagination débridée ?

Combien sont-elles à avoir inspiré les artistes ?

Faut-il vraiment un nombre pour avoir l’assurance que les lectrices ont été et sont toujours des muses ?

Celles qui inspirent les peintres

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J’aime penser qu’il y a un peu de moi dans toutes ces lectrices ou un peu d’elles en moi. Je ne parle pas physiquement mais dans leur amour pour la lecture, dans ce qui les anime et qui varie de l’une à l’autre, dans leurs poses. Qu’elles soient d’aujourd’hui, ou d’hier, comme celle de Gyula Benczur, elles me racontent leurs histoires et celles-ci se juxtaposent parfois à la mienne.

Celle-ci lit dans un parc, allongée; chose que j’adore faire. C’est donc en cela qu’elle me rejoint ou que je la rejoins.

La chose que je sais ce soir alors que j’ai encore passé du temps à traquer des lectrices sur le net, est que je ne me lasse pas de voir à quel point elles ont inspiré les peintres et depuis longtemps. Et qu’il y a de fortes chances pour que ça continue…

Petite photo sans prétention

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C’est tout banal comme photo, et ça pourrait être n’importe où. Mais c’est chez moi, rue Sherbrooke, devant l’entrée de l’Université McGill. Sûrement des quatre universités montréalaises celle à l’architecture la plus intéressante. Et surtout, la mieux située, au cœur de tout ce qui fait la vie de cette ville.

Je ne l’ai fréquentée que lorsque des amis qui y avaient des soirées m’y emmenaient ou alors pour quelques concerts à la faculté de musique. Je ne connais donc pas le beat de McGill.

Mais j’aime chaque fois que je suis là-bas, au centre-ville, contempler les bâtisses du campus, au pied de la montagne ou à flanc de celle-ci. Ça fait partie des petits plaisirs de mon Montréal.

Lecture tout en douceur

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Il y a tant de douceur chez la lectrice de Bye Bitney qu’on peut facilement imaginer qu’elle lit quelque chose d’agréable. Peut-être un roman qui relate une enfance heureuse. Peut-être des poèmes dont les mots riment avec bonheur. Peu importe, si ce n’est le résultat: ce calme et cette douceur qui sont les siens alors que les mots défilent sous ses yeux.

Pouvoir me télétransporter place des Vosges…

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Encore en moi cette envie de partir qui ne me quitte pas. Non pas partir longtemps, parfois juste quelques heures. Me télétransporter, en fait. Souper en Belgique avec des amis, passer la soirée en Champagne, aller marcher dans Paris.

Tant de choses promises quand j’étais gamine font désormais partie du quotidien, mais pas la télétransportation, hélas. Et pourtant, c’est bien la chose qui manque à mon existence. Ainsi, je pourrais pendant quelques heures être ailleurs, au bout de monde, dans des endroits aimés ou que je rêve de découvrir. Et ce soir, comme j’aimerais être à Paris, place des Vosges, plus précisément, là où a quelque temps vécu Victor Hugo. Et ainsi, me promener dans le Marais, faire les galeries: elles y sont si nombreuses.

Oui, Paris me manque. Comme des gens ou des lieux me manquent. Mais ça fait partie des choses que je ne puis changer, avec lesquelles je dois vivre. Tout de même: vivement la télétransportation.