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Petite visite au château

hk

Et parfois, à cause d’un diaporama au courriel du jour, je me mets à voyager dans ma tête. Surtout lorsqu’il s’agit de lieux que j’ai vus. C’est le cas du château du Haut Koenigsbourg, en Alsace.

Quelques images qui défilent et je me retrouvais dans ce décor majestueux. Je me rappelais toutes ces vignes sur la route qui mènent au château, toutes ces maisons si typiques qui font le charme de l’Alsace, et surtout le château. Un château qui peut faire penser à celui du Vieux fusil, mais qui est autre chose. C’est avant tout une forteresse bien avant que d’être un château.

Mais il faut y entrer pour voir à quel point le lieu a été entretenu et a conservé de son authenticité. Mais il faut y entrer pour profiter du paysage qui s’offre du haut du Staufenberg. Mais il faut y entrer quand on aime les vieilles pierres comme je les aime. Mais il faut y entrer pour en conserver un souvenir indélébile.

Que sont devenues mes amies alsaciennes depuis? Je sais bien qu’elles se sont mariées, qu’elles ont eu des enfants, mais que sont-elle devenues hors de ces infimes détails? Liliane et ses sœurs ont-elles changé? Ou alors, la vie a-t-elle coulé sur elles tout doucement sans trop les heurter? Il y a un peu de cette amitié disparue accrochée à la falaise qui mène au château. Un jour, peut-être, sur une route ou une autre, nous nous croiserons à nouveau.

Les lectrices aux questions

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Le sentiment amoureux se mesure à l’ampleur du manque, à l’état fiévreux dans lequel l’absence de l’autre nous plonge.
[Francine Noël]

Le sentiment amoureux est-il vraiment dans l’ampleur du manque ? Ne peut-il pas être ailleurs ? Faut-il vraiment l’absence pour pouvoir mesurer ce sentiment ? Je suis loin d’être certaine de ça. Le sentiment amoureux devrait être tout autre. Il devrait être ce bonheur d’aimer même si l’autre nous manque. Il devrait être ce bien-être de sourire et de soupirer d’aise en pensant à l’autre, et non pas cette fièvre.

Le sentiment amoureux devrait non pas rendre triste mais gai. Enfin, il me semble. Car dès que le manque devient trop grand, on change de registre. On passe à cette dépendance où l’autre est tout et soi rien en l’absence de l’autre. Et je ne peux me faire à cette idée que l’autre soit tout.

Aimer devrait donner toutes les libertés et non pas fermer sur soi. Et si l’autre ne nous manque pas, du moins si son absence ne sème pas en soi le tourment, aime-t-on moins ? Encore une question qu’il faudra un jour soulever.

Or, l’absence ne devrait pas faire mal à ce point, elle devrait plutôt être ce temps qui nous est accordé afin de rendre la présence à venir encore plus riche, plus intense. Sauf si, bien sûr, il s’agit d’une absence qui s’avère permanente, parce que l’histoire n’est plus. Mais je pense ici à un amour qui est là, quelque part et qui ne peut vivre que dans des absences, parce que l’autre n’est pas tout et que comme soi, il a une vie hors du « nous ».

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Les lectrices d’Irena Jablonski possèdent peut-être la réponse à toutes ces questions ou alors sont-elles l’une comme l’autre en train de se les poser…

La lectrice endormie

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Et comme la lectrice de Henry Nelson O’Neil, je me suis endormie tout à l’heure avec un livre ouvert à mes côtés. Chose qui m’arrive de plus en plus souvent, résultat de mes journées épuisantes, où je choisis de m’allonger avec un livre en rentrant du travail. Chose qui risque de m’arriver encore, d’ailleurs. Mais je ne crois pas qu’aucun des livres ainsi abandonnés ne me tiendra rigueur pour ces petites siestes en cours de soirée: je retourne toujours à eux.

La lectrice au pull bleu

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Elle a enfilé un pull bien chaud pour affronter le froid et les restes de la tempête. Il lui en faudra sûrement un autre et aussi un manteau avec un capuchon, des bottes bien chaudes et des gants. Mais pour le moment, la lectrice de Lucy McGowan Diecks ne pense pas à tout ça. Elle est plongée dans un livre qui la retiendra jusqu’à son départ.

Peut-être même n’a-t-elle pas envie de partir. Mais il s’agit là d’une autre histoire et de raisons qui n’ont rien à voir avec la neige.

Montréal en couleurs et en blanc

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Et Montréal ressemble aujourd’hui à une toile de René Lalonde avec ses couleurs qui se profilent sous la neige. Et la ville est belle sous son manteau blanc…

C’est dehors que je réaliserai à quel point la ville est ensevelie. Pour le moment, du deuxième étage, tout est si beau et je ne vois pas les trottoirs qui ne sont pas déneigés ni les bancs de neige à peine tassés, pas plus les gens qui pelletent leur entrée ou déneigent leur voiture. Oui, pour le moment, je ne vois que Montréal qui hésite entre le blanc et les couleurs.

La neige vue de mon balcon

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Il neige depuis des heures. La petite montagne devant, c’est ce qui s’est accumulé sur le bord du balcon et qui le dissimule désormais. C’est joli, je l’avoue. D’autant plus joli que le ciel est orangé. Et d’autant plus joli que je suis au chaud et que je puis regarder la neige tomber, tranquille. Demain, ce sera autre chose, mais chut, profitons du moment présent.

Une pièce où joue la lumière

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Le soleil ne se lève que pour celui qui va à sa rencontre.[Henri Le Saux]

Il est dans un livre, dans un sourire, dans la neige qui tombe. Il est dans un regard, dans une musique, dans une plage de sable fin. Il est dans un bibelot rapporté d’un pays lointain, dans un plat cuisiné, dans les mots d’une lettre. Il est sur une toile de Dahbia; le soleil est là où on veut qu’il soit.

La lectrice qui se tait

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Et parfois elle aurait envie qu’il retire les épingles de ses cheveux pour devenir une de ces héroïnes des romans qu’elle dévore. Et parfois, elle aurait envie d’être autre que celle que les autres voient, d’être celle qui brûle en elle et dont elle ne révèle que rarement l’existence. Ou alors à un seul.

Et parfois, la lectrice de Thomas Cromwell Corner apprend grâce aux livres à taire en elle cette part d’elle-même.

Près de la fenêtre

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Et telle la lectrice de Marguerite Stuber Pearson, je m’installerais là, devant la fenête, allant des pages du livre aux flocons qui dansent dans le ciel. Oui, si ça m’était possible, si la vie ne m’appelait pas ailleurs, là où mon bureau est couvert de textes à réviser, là où d’autres vont arriver en cours de journée.

Heureusement, il y a deux fenêtres dans mon bureau. Je pourrai donc de temps en temps lever les yeux de mes papiers et regarder la neige tomber.

La présentatrice de livre

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Et sérieuse, la lectrice de Gino Severini nous présente un livre comme si c’était là le plus beau des objets. Comme si elle allait en vanter les mérites comme d’autres le font d’une marque de savon dans une publicité à la télé. Ça a presque un côté surréaliste cette mise en scène.

Les lectrices ne sont pas faites pour présenter les livres en tant qu’objets, mais pour y plonger, voyons. Ou alors est-elle simplement à attendre que nous ayons le dos tourné pour se livrer au plaisir de lire ?