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Les pieds sur la table

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Ce n’est pas une pose que j’adopte d’emblée. Probablement parce qu’on m’a dit enfant qu’il ne fallait pas mettre les pieds sur la table. Mais curieusement, quand il m’arrive de me retrouver assise comme l’est la lectrice de Luis Miguel Benavente Martinez, j’éprouve toujours un certain plaisir. D’abord parce qu’il est agréable pour les jambes qu’elles soient ainsi étendues et dans un second temps, fort probablement parce qu’il y a quelque chose d’inconvenant à le faire. Non pas que je cherche à être inconvenante, là n’est pas la question. Mais de temps en temps, quand personne ne regarde, je dois avouer que j’aime bien me retrouver les pieds sur la table.

Que prends-tu pour tripper?

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Comme il m’avait trouvée ridicule avec mes réponses à cette question. Rien qui ne s’allume, avais-je dit, sauf une bougie dans le noir, le ciel quand le jour et la nuit se croisent, un feu d’artifices ou le désir dans le regard d’un homme. Rien de liquide non plus, sauf un océan qui se déchaîne, un café quand j’en ai envie, du champagne les jours de fête ou l’eau mousseuse de la baignoire.

Oui, il m’avait trouvée coincée et fleur bleue parce que je n’avais pas besoin de plaisirs artificiels pour tripper. Et quelque peu ridicule, je le redis.

Tout cela, c’était dans une autre vie, dans une parenthèse qui me revient de moins en moins souvent en tête, mais qui a surgi tout à l’heure, simplement parce que je me faisais une fête de sortir de la boîte offerte par maman un savon au bois de santal et de l’étrenner sous la douche. Oui, ça, ça me fait tripper. Et aussi que se dégage de ma peau cette odeur que j’aime et que je retrouve, puisque voilà au moins dix ans que je n’avais connu ce plaisir des savons de chez Roger & Gallet.

Oui, je trippe. Et tant de choses me font cet effet. La liste est longue et ne cesse de s’allonger à mesure que je fais des découvertes gastronomiques, que je m’étonne devant un paysage ou une phrase. Quand une musique me fait danser dans mon salon ou une toile écrire.

Je laisse ces autres choses qui s’allument ou qui se boivent à ceux qui ont quelque chose à oublier. Je préfère le café et le lever du soleil. Et me rappeler chacune des minutes que je vis et où je trippe, à ma manière.

Lectrices et lecteurs rangés

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Plus je les cherche, eux, les lecteurs, et plus je les trouve, elles, les lectrices. Omniprésentes alors qu’ils se font rares. Et pourtant, ce n’est pas faute de chercher. Mais elles sont dix fois plus nombreuses qu’eux. Peut-être bien parce que les peintres masculins étaient à une certaine époque autant de fois plus nombreux que leurs consœurs. Mais tout cela n’est qu supposition dans ma quête de trouver celles et ceux qui lisent pour les faire vivre ici.

Or, elles sont partout. Allongées, assises, sérieuses, poseuses, tristes, indécentes, rêveuses, endormies, à la fenêtre, à la plage. Et je les range comme je rangerais des livres sur les rayons des bibliothèques de Lynn Shaler. Des bibliothèques à faire rêver.

Et les lectrices sortiront des rayons pour venir ici s’offrir à votre regard. Et les lecteurs aussi, moins souvent.

La lectrice en peignoir

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Et probablement qu’on a inventé les dimanches matins pour s’adonner au plaisir de traîner en peignoir. Et probablement même qu’on les a inventés pour que nous puissions prendre le temps comme le fait la lectrice de Frances Landel.

Prendre le temps d’un deuxième, voire d’un troisème bol de café. Écouter ce qu’on aime sans penser à autre chose qu’à son propre plaisir. Passer d’un livre à l’autre si on en a envie. Et se la couler douce.

Après le bain

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Qu’il est bon ce moment à la sortie du bain ou de la douche où, enveloppée dans un peignoir comme la lectrice de Pamela T. Boll, je me demande si je vais lire ou rêver avant de m’endormir.

Quelques fines gouttes issues de mes cheveux encore humides et remontés à la diable avec quelques épingles glissent dans mon cou. Il ne reste qu’à choisir laquelle des crème pour le corps je vais choisir dans la panoplie. Lavande ? Ylang-ylang ? Magnolia ? Il y a des choix plus difficiles que celui-là à faire dans la vie…

Plaisir d’un début de semaine

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Il fait encore noir derrière le rideau de la salle à manger. Quelques traces de blanc dans la nuit. Et le calme. La vie n’est pas encore en marche.

J’aime ce moment du premier café alors que le jour ne s’est pas encore levé, qu’il n’y a pas de précipitation. Ce moment de pur plaisir dans mon grand pull rouge à regarder par la fenêtre alors que débute une nouvelle semaine. J’ai déjà une idée de comment elle sera chargée avec les traductions demandées et les révisions en cours laissées sur le coin du bureau. Alors, aussi bien profiter de cette douceur matinale, dans la solitude et le silence.

Écrire en turquoise et en violet

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Et si je n’écris pas, je suis en manque, comme l’est sûrement un toxicomane en sevrage. Et si je n’écris pas parce que je fais autre chose, vient ce moment où je dois retrouver ma plume et mes cahiers. D’ailleurs, je ne sors jamais sans avoir de quoi écrire si l’envie me prenait, si un paysage ou une odeur suscitaient en moi l’irrésistible envie de raconter.

Et dans toutes les pièces de la maison, il y a des plumes, des crayons, des stylos de toutes les couleurs et à profusion. Je passe ma vie à en acheter. Et à les utiliser, bien entendu. Il y a tout de même deux couleurs que je préfère aux autres pour écrire, le violet et le turquoise, et je ne pourrais dire pourquoi. C’est comme ça, c’est tout. Je crois que ça fait partie des plaisirs de la vie, sans aucun doute. Comme écrire.

The afternoon tea

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Pas même eu le temps de prendre le thé cet après-midi, pourtant une activité que nous affectionnons, Francine et moi, question de faire une petite pause. Mais les demandes de révision et de traduction arrivaient de tous bords tous côtés, si bien que l’heure du thé a passé. C’est pourtant un plaisir qui sait suspendre le temps et qui nous aurait réchauffées, car de tous les bureaux du rez-de-chaussée le nôtre est le plus froid. En fait, je crois qu’on n’a même pas eu le temps d’y penser, trop prises par ce que nous avions à faire.

Et de moins en moins souvent ai-je le temps pour ce thé. Pourtant, il y a quelques semaines, nous nous promettions de ne pas déroger à cette jolie habitude très british, d’autant plus que c’est si peu de temps s’arrêter pour se préparer une tasse fumante. Ou alors je ne le prends pas, parce que je me dis que je veux finir ma page ou mon paragraphe. Très mauvais, tout ça…

Vivement le retour du rituel.

Invitation vers ailleurs

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Premier regard, un peu en contre-plongée, tel celui du peintre Reeve Schley pour une lectrice, sur le blog au joli nom de Fenêtres sur la cour.

Je suis charmée. Non pas parce que Caroline semble se plaire au pays de Lali – notamment avec ce billet qu’elle signe aujourd’hui et qui me fait rougir, mais bien parce que je vois entre nous plus que quelques affinités.

C’est donc à la manière du peintre croquant cette lectrice que je suis allée là-bas. À petits pas. Ne voulant pas déranger. Puis je suis rentrée chez moi, séduite par ce blog comme l’a peut-être été l’homme aux pinceaux devant la lectrice.

Il va sans dire qu’il s’agit une fois de plus d’une de celles dont le plaisir est évident. Une de celles qui étalent un bonheur qu’il fait bon contempler. Je parle de Caroline, je parle de la lectrice, ici confondues dans leur ressemblance.

Il est certain que je m’attarderai davantage sur Fenêtres sur la cour.

Je vous invite à être du voyage.

Quand le plaisir se dit en italien

serviettes

Et ce soir, comme une envie de me gâter. De faire un traitement à ma tignasse, de couvrir mon visage d’un masque hydratant et de me prélasser au bain. De m’occuper de mon bien-être, sans chercher midi à quatorze heures.

Peut-être même de pousser le luxe jusqu’à allumer une bougie parfumée. Farniente. Dolce vita. On dirait qu’il n’y a que des mots en italien pour exprimer tout ça.

Et pour la suite des événements, écrire, probablement. Bonheur…