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À voix basse

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Rares sont les écrivains qui nous laissent véritablement entrer dans leur intimité. Rares sont ceux qui se donnent en écrivant comme le fait Régine Vandamme dans Ma voix basse.

Brugeoise de naissance, journaliste, puis chargée de projets chez Casterman et directrice de la maison de la culture de Tournai, Régine Vandamme avait le parcours tout désigné pour devenir écrivaine, ce qu’elle a fait pour souligner ses 40 ans en 2001, puis éditrice, ce qui est tout récent avec la fondation des éditions de l’Estuaire.

Amoureuse des livres comme peu, elle livre dans ce récit ses lectures, ses rêves, ses interrogations, sa vie de femme, de mère, d’épouse, ses liens avec sa mère, sa passion pour le chocolat, ses bribes de vie, sans censure, sans restriction, sans mesure. On aime le style ou pas. Parce qu’il y a dans Ma voix basse des questions et des énumérations, s’il faut en définir le contenu. Et que ça.

Mais quelles questions. Quelles réponses aussi. Quel voyage en soi exceptionnel que celui de Régine Vandamme. Le sien, dans un premier temps, mais aussi le nôtre. Car chaque question, chaque réponse constituent des entrées sur nos propres questions, sur nos vérités ou nos doutes.

Des questions comme  » À quoi tu penses ? « ,  » Où vas-tu ?  » ou  » Qu’est-ce que tu cherches ? « , pour n’en nommer que trois des dix-neuf qui servent de titres aux chapitres. Et des réponses troublantes, des phrases fortes ou toutes simples mais qui rejoignent.

J’ai envie de dire que la nuit est un climat en soi.
Je ne sais pas si les écrivains se comportent comme des personnages de roman dans la vie de tous les jours.
J’aime les titres des livres de Jean-Paul Dubois et de Thomas Gunzig.
Je cherche du doigt sur la carte de ma vie le chemin de l’insouciance.

Quelques phrases. Mais il y en aurait tant à extraire. Tellement qui me séduisent ou me questionnent à mon tour. Quel tour de force que Régine Vandamme en son jardin. Quelle générosité sans complaisance, aussi.

À lire, à relire. Et à partir d’une phrase, écrire.
À voix basse. Pour trouver aussi la mienne.

Des guides pour rêver!!

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Il y a trois mois, j’étais convaincue que le 11 février je serais dans l’avion pour Bruxelles, que je partais travailler à la foire du livre. Nous voici à la date pressentie et espérée, et il me reste mes guides pour rêver à ce voyage auquel je n’appose plus de date.
J’ouvre le cartoville sur Bruxelles et s’y déploient les quartiers un à un en jolies cartes, avec ce qu’il ne fait pas rater de chaque quartier et je rêve. Parce que ce guide, je l’ai traîné avec moi en juillet dernier.

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Peut-être aurais-je apporté celui-ci cette fois? L’essentiel y est, quelques cartes, les bonnes adresses, ce qu’il ne faut pas rater. Et comme mes journées auraient été occupées, sur le site de Tours & Taxis, du mercredi au dimanche, il ne me serait resté vraisemblablement que peu d’heures libres. Un long week-end, en quelque sorte. Serais-je repassée par les galeries royales Saint-Hubert? Ou aurais-je passé des heures au centre belge de la bande dessinée? Ou aurais-je pris un café à la Fleur de Papier, autrefois fréquenté par Magritte et Scutenaire? Ou aurais-je poussé jusqu’à la forêt de Soignes? Il me plaît d’imaginer tous ces périples, tous ces arrêts, même si je ne sais quand je les ferai, ni avec qui.

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Dans quel hôtel m’aurait-on logée? Près de la foire, ou alors près de ces endroits aux noms chargés d’histoire, qui font rêver, tels À la mort subite, le Cercueil, la Tentation ou la Fiesta? Tous ces endroits si bien décrits et explorés dans ce Bruxelles night & day, qui tâte le pouls de la capitale et donne envie de tous les lieux, de tous les cafés, de tous les bars, de toutes les discothèques, parce que chacun de ces lieux possède une identitié et un charme qui lui sont propres.

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Aurais-je plutôt opté pour la section « à ne pas manquer » de ce guide de Lonely Planet? Vu le musée Horta et le musée bruxellois de la Gueuze? Je peux tout imaginer quand je voyage dans ma tête. Car parcourir des guides n’a pas de contraintes d’horaire, de jours de fermeture, de métro à ne pas rater. Il suffit juste de plonger dans le guide et de se laisser emporter. De visiter au gré des histoires et des images. Non, ça ne possède pas le même charme. Non, ça n’a pas l’odeur, la couleur ou la musique. Non, non. Mais les guides sont une une porte ouverte à l’imagination.

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Et il reste qu’il existe un Bruxelles, autrement. Un Bruxelles sans photo, un Bruxelles d’histoires et d’anecdotes. Un Bruxelles hors des classiques incontournables. Un Bruxelles à découvrir, à inventer. Un Bruxelles à lire, en attendant de le parcourir.

Ces derniers jours, j’ai commencé à regrouper les livres de ma bibliothèque belge, tant les romans, les essais, les guides de voyages que les dictionnaires. Et j’ai eu envie de plonger un peu dans ceux sur Bruxelles, comme si j’allais partir, comme si j’allais traîner un de ces guides avec moi. Et pourquoi pas? Les guides de voyage me donnent un tel plaisir que je ne vais pas m’en priver. Et quand je retournerai dans la capitale de l’Europe, je ferai partager mes trouvailles à mes amis venus m’y retrouver. Oui, c’est la fête que je prépare. « Ne me dites pas où, ne me dites pas quand, pas besoin de rendez-vous entre nous », chantait Peyrac, sans savoir que ses mots seraient en cet après-midi ma façon de dire à tous que nous nous retrouverons.

La Belgique en 150 pages

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S’il est un livre pour qui veut découvrir la Belgique, autant son histoire, sa politique, sa littérature, sa peinture, sa musique et sa gastronomie, mais sans aller dans le détail trouvera dans La Belgique. Le roman d’un pays de Patrick Roegiers, une entrée en matière de choix.

Destiné à un public de tous âges, ce petit guide, publié à l’occasion des 175 ans de l’état belge, a de quoi rassasier celui qui ne sait rien de la Belgique autant que celui qui ne possède que quelques pistes. Toutes les facettes de ce petit pays y sont explorées. Autant les personnalités qui ont marqué la Belgique que les événements. Et tout cela avec un apport iconographique riche et varié, des photos, des reproductions de toiles et des cartes géographiques.

Autant il avait traité intimement de « sa » Belgique dans Le mal du pays, autant dans La Belgique. Le roman d’un pays en fait-il un survol non sentimental. En fait, il nous donnes des pistes et des avenues; à nous de choisir lesquelles on veut emprunter plus longuement en poursuivant ailleurs par d’autres lectures.

J’aime la Belgique, je crois que plus personne n’a de doute à cet effet. Et tous les livres qui m’en apprennent sur elle me passionnent. Celui d’aujourd’hui devrait être mis dans les mains de tous les Belges qui ont des enfants, car tout ce qui fait que la Belgique est la Belgique y est.
À transmettre aux plus jeunes, sans modération, pour pallier à ce qu’on n’enseigne plus à l’école, ou alors trop superficiellement, m’a-t-on dit.

Anecdotes belges

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Qui aime les anecdotes, les histoires courtes, qu’on peut lire de façon chronologique, comme l’auteur les a colligées, ou au hasard, sera servi par Incroyable mais belge, qui vient juste de paraître.

Inventaire de faits véridiques s’étant déroulés en Belgique ou mettant en situation des Belges, situations cocasses ou dramatiques, invraisemblances et histoires drôles, comme énigmes irrésolues, tout est passé au peigne fin, d’Alexandre Dumas mal servi parce pris pour un Flamand à la passion de Sarah Bernhardt pour les cercueils.

Certains faits nous laissent bouche bée, d’autres nous font rire aux éclats, aucun ne laisse indifférent.
Qui aime la Belgique et les Belges s’amusera de découvrir que Le Soir de Bruxelles a fait mourir prématurément Toulouse-Lautrec, et que la nouvelle n’a jamais été rectifiée ni le véritable décès annoncé !

Voilà une belle détente en même temps qu’une leçon d’histoire qu’Incroyable mais belge !
C’est sans réserve aucune que je vous le suggère, et avec la garantie que vous sourirez au moins une fois.

Monter dans la grande roue avec Jacques De Decker

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Il y a des romans qui nous emportent en voyage. C’est le cas de La grande roue de Jacques De Decker, publié dans la collection Espace Nord, chez Labor. En voyage à Bruxelles, dans ses différents quartiers, en compagnie d’une galerie de personnages, onze en fait.

Onze personnages qui donnent les titres aux chapitres, toujours par paires de prénoms, le deuxième des deux prénoms devenant le premier du chapitre suivant. On peut donc commencer le roman par le chapitre qu’on veut tant qu’on enchaîne sur le suivant, jusqu’à avoir traversé la galerie de personnages. Ceux-ci extrêmement différents les uns des autres, issus de tous les milieux, dans des situations qui n’ont rien à voir les unes avec les autres.

Il pourrait s’agir de nouvelles, genre que j’affectionne entre tous, s’il n’y avait pas ce personnage qui, dans un premier temps, est le protagoniste d’un chapitre, et dans l’autre un peu en retrait pour laisser place au suivant qui jouera les mêmes rôles que lui. Et ces personnages ont tous quelque chose d’attachant dans leurs appels au secours, dans leur quête de bonheur, dans leurs questions comme leurs affirmations.

Il va sans dire que j’ai été emballée par La grande roue. Roman que j’avais vanté à un journaliste, à Hamoir, sans savoir que c’était un de ses collègues au Soir. Celui-là qui lisait Marcel Thiry en même temps que moi, celui-là qui m’a conseillé Eva Kavian.

Je viens de relire La grande roue avec le même plaisir, mais avec une meilleure connaissance de Bruxelles et aussi de la littérature belge, dans laquelle ce roman publié en 1985, se distingue et se démarque.

Il m’arrive de lire à l’occasion des chroniques de Jacques De Decker. J’aime à chaque fois son sens aigu de l’observation et aussi son véritable amour pour la littérature et les écrivains.
J’ai bien l’intention de le rencontrer. Je vous raconterai.

Jean-Luc Fonck… désopilant

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J’ai d’abord connu Jean-Luc Fonck par le groupe Sttellla, dont les chansons à textes étalent un humour noir et un cynisme rarement égalés, en même temps qu’une poésie qui lui appartiennent en propre. Qu’il s’agisse de Nagasaki ou de Torremolinos, les chansons de Sttellla sont acides et rythmées. Coup de cœur quand Patricia me les a fait découvrir.

Par hasard, sur le site des éditions Casterman, j’ai découvert que Jean-Luc Fonck, l’homme derrière Sttellla, avait commis deux recueils de nouvelles. Ses Histoires à délire debout portent bien leur titre. Il s’agit ici d’une suite de délires en passant du poisson rouge intelligent et confident aux balises du temps qui se déplacent dans un sens comme dans l’autre.

Ceux qui aiment l’ordre et n’aiment pas se laisser gagner par une imagination débridante vont perdre pied, c’est certain. Mais qui a envie de lire quelque chose de complètement désopilant va y trouver son compte. Les jeux de mots s’alignent en continu. On tourne les pages et on dévore. Chaque fois, on se dit que Fonck ne peut pas aller plus loin dans l’absurde et il en remet. Si bien qu’on sort de là en se demandant si on ne va pas acheter un poisson rouge.

Fonck sait jouer avec les mots et se joue de nous avec une certaine subtilité. Pas un grand livre, mais certainement une bonne thérapie pour sortir de la morosité.

Jeu d’observation en Ardenne

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Quelque part en Ardenne, André-Marcel Adamek, ce fils de Flamand et de Normande, qui écrit depuis 40 ans, a créé les personnages touchants du Maître des jardins noirs.
Roman impressionniste autour de l’arrivée d’une jeune famille dans une région désertée où a autrefois sévi la peste, prétexte à des jeux d’observation plus qu’à des conversations, le roman verse aussi dans la légende.

Là où le jeu prend toute son ampleur et toute sa force est ce moment où l’auteur sait faire de nous un voyeur au même titre que le protagoniste du roman. Et cela se fait à notre insu, d’où le talent incontestable d’Adamek.

Roman noir aussi.
Mais surtout beaux moments d’écriture. Un de ces livres qui transportent.

Un regard sympathique sur les Belges

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Les Français adorent ironiser sur les stéréotypes propres aux Belges, c’est bien connu. Que ce soit parce que ceux-ci aiment les frites, parce qu’ils font de la bonne bière, parce qu’une grande partie de la population est attachée à la famille royale, parce que c’est de la pays de la bande dessinée… bref, les sujets sont nombreux pour qu’on s’intéresse aux Belges.

Thomas Beaufils fait le tour de quelques idées reçues à propos des Belges. Plutôt qu’un regard critique – avec lequel j’aurais eu un peu de mal, je l’avoue – on sent chez Beaufils beaucoup d’affection pour ses voisins qui ont de quoi être enviés pour nombre de traits, de caractéristiques, de détails concernant l’art de vivre, qui sont les leurs.

De plus, il n’omet pas la relation d’amour-haine qui unit Wallons et Flamands. Celle-là même qui, dans le journal du métro d’aujourd’hui, se dégageait à travers une courte anecdote. On aurait demandé aux Belges, Wallons comme Flamands, de déterminer qui est le plus grand Belge de tous les temps. Pour les Wallons, le choix s’est porté sur Jacques Brel. Les Flamands ont, quand à eux, choisi le Père Damien, qui a consacré sa vie aux lépreux.

Alors, reste à savoir maintenant si le plus grand veut dire connu en territoire flamand ou reconnu mondialement.
Sans vouloir à tout prix prendre parti, je crois que les Wallons ont compris la question.

Pour draguer à Bruxelles

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Le titre est évocateur, bien entendu. Et ce n’est pas demain la veille que je saurai parler d’amour en bruxellois, j’ai déjà du mal à le faire dans ma langue maternelle !

Mais je me suis drôlement amusée, car ce petit guide donne quelques rudiments et offre un lexique plus que pratique à la fin. Non, ce livre n’est pas sérieux par sa forme ! Et tant mieux ! Mais son contenu linguistique est juste, ce qui n’est pas un détail.

Il est bien plus sympathique de saisir les nuances d’une langue de façon ludique et avec des exemples rigolos qu’à coups de massue sur la tête !

Me voilà fin prête pour aller draguer à Bruxelles…
À me faire draguer, plutôt, les Belges savent y faire.

Les conteurs de Wallonie

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Pour apprécier une région ou un pays, il n’est pas tout d’en connaître ses paysages. Il faut surtout et avant tout s’imprégner de ses racines, de ses rites, de sa ruralité, de sa langue quotidienne.

Les conteurs de Wallonie, en deux tomes, dans la collection Espace Nord chez Labor, colligent un panorama éclectique de contes. Souvent méconnus, ou peu connus, les conteurs wallons, pas tous des « littéraires », le plus souvent issus du monde ouvrier, savaient regarder… et surtout raconter.

Et savoir raconter est un art. Un dont on profite avec grand plaisir quand on plonge dans ces contes, aussi différents les uns des autres dans le ton, le contenu, la manière, voire l’humour ou la noirceur. Succession d’univers, galerie de personnages auxquels on s’attache.

Il y a dans ces deux recueils un bel éventail de la richesse laissée par les conteurs wallons. Et suffisamment d’information sur les auteurs pour avoir le goût de les connaître encore davantage.

Bonne lecture, si vous osez y plonger.