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Aucune envie de partir

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La liseuse de Michel Attard n’a visiblement aucune envie de partir. Elle est si bien là, au milieu des livres. Et pourtant, elle est déjà prête, parce qu’ailleurs la vie l’appelle.

Comme je connais ce sentiment qui me prend au moment d’enfiler mes bottes alors que mon regard se pose sur une pile invitante. Et comme parfois j’aurais envie de retirer mon manteau et de prendre un livre au hasard…

Si je pouvais…

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Peut-on aller des livres à l’écriture et ne plus faire que ça, ou presque? Ne plus avoir de quotidien que celui-là, loin du reste, loin des réunions entre amis, loin des sorties, loin de ce que d’autres appellent la vie, et être heureux? La lectrice/écrivaine peinte par Bascove affirmera que oui. Et moi qui chaque jour m’exile de plus en plus pour m’adonner à ces deux activités auxquelles se greffent la musique, un peu de cuisine, du cinéma et beaucoup de temps de rêver, vous affirmerai aussi que oui. Et que si je pouvais, je vivrais comme Marguerite Yourcenar. Une partie de l’année à écrire dans l’isolement d’une île pratiquement déserte et l’autre à voyager. Non, je ne suis pas Yourcenar, mais je dirai comme elle : Des moments libres. Toute vie bien réglée a les siens, et qui ne sait pas les provoquer ne sait pas vivre.

La peinture est une poésie qui se voit

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La lectrice de M. C. L. Fritzlin aime la poésie. Elle peut passer des heures en compagnie des poètes, allant d’un recueil à l’autre. Comme je peux le faire aussi. Comme je peux aussi aller d’un musée à une galerie avec la même passion. Comme si l’un et l’autre se complétaient.

Peut-être parce que comme l’a écrit Léonard de Vinci :

La peinture est une poésie qui se voit au lieu de se sentir et la poésie est une peinture qui se sent au lieu de se voir.

Au chaud sous la couette

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Il me semble avoir eu froid aujourd’hui plus que je n’ai eu froid aucun jour de l’hiver avec le vent qui entrait par toutes les fenêtres… Si froid que j’ai fait comme la lectrice de Gillian Furlong : je me suis glissée sous la couette avec un gros pull, des bas de laine et un livre. Et quand j’en suis sortie, ça a été pour me faire un café bien chaud et et pour constater que le vent était enfin tombé…

Congé forcé

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On nous a retournés chez nous. On appelle cela une faille dans le système, puisque dès 6h45 il avait été décrété que le bureau était fermé parce que les routes étaient terriblement encombrées et surtout, parce que nous n’avions pas d’électricité. Donc, pas de chauffage, pas d’accès aux lignes téléphoniques, pas d’ordinateur qui fonctionne. Impossible de travailler dans ces conditions. Le hic, c’est que certains ont été prévenus alors que d’autres ont été oubliés et ont traversé la ville pour se rendre sur les lieux. J’ai au moins l’avantage de vivre à proximité de mon lieu de travail, mais je me suis tout de même rendue à destination pour qu’on ne dise de retourner à la maison… Ce n’est pas si grave. Mais avoir pu rester au chaud sans affronter la tempête m’aurait davantage convenu!

Tout ça pour dire que me voilà confrontée à un congé forcé… Je pourrai donc passer de longues heures devant mon écran, au pays de Lali ou ailleurs, à écrire ou à lire, comme le fait avec grand bonheur la lectrice d’Eugenio Tesouro. Au chaud. Même si j’entends le vent siffler en rafales continues. Je trouverai bien quelque musique pour gommer le sifflement. Et sûrement quelques livres dans lesquels glaner, ce qui fera que je n’y penserai plus. Ou presque plus.

La lectrice aux oiseaux

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Et plus j’écoute les prévisions météorologiques, plus j’ai envie de me réfugier dans des toiles où il fait bon l’été, la lecture dehors, les oiseaux, les ciels cléments. Parce que, bien entendu, les météorologues ou présentateurs de mauvaises nouvelles ont cet art de dramatiser le moindre flocon, comme s’ils avaient étudié le théâtre auprès des tragédiens grecs. Si bien qu’à les écouter, personne ne sortira demain, les bureaux seront tous fermés et la ville de Montréal sera enlisée. Paralysée, même. Je préfère ne pas y penser. On verra demain. Pour le moment, je vais rester dans la toile de Martin Cook et rêver aux oiseaux.

La lectrice qui est un livre ouvert

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La lectrice de Jacob Ochtervelt ne semble pas tout à fait convaincue que le choix de son amoureux soit très judicieux à voir la tête qu’elle fait. À moins qu’elle n’ait déjà lu ce livre et qu’elle ne sache pas trop comment le lui dire? Mais il y a visiblement un malaise, car elle est de celles qui ne savent pas cacher leurs émotions.

Vaut-il mieux les cacher? Vaut-il mieux se taire pour ne pas blesser? Elle a bien essayé déjà, mais elle est tellement un livre ouvert que quand elle tente de se rattraper, il est bien évident pour qui la connaît qu’elle a, justement, tenté d’effacer la déception apparue sur son visage à peine quelques secondes, mais que ça ne marche pas.

Curieusement, ça me rappelle quelqu’un. Une qui, un jour de Noël, a redonné le joli chemisier à qui le lui avait offert. Il ne lui allait vraiment pas et plutôt que de faire semblant, elle a carrément dit à sa sœur que le gris du vêtement irait beaucoup mieux à une blonde qu’à une fille aux cheveux foncés parsemés de gris. Bien entendu que la fille de l’histoire, c’était Lali. Je suis incapable de dissimuler mes sentiments… Et la scène que je vois ici ne risque pas de se produire. Un seul homme m’a offert des livres. Et je les ai aimés.

Un beau dimanche

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Bien évidemment que le premier café du jour est pris à cette heure-ci, autant pour la lectrice de Lesley Rich que pour moi. Je la dédie à Caroline de Fenêtres sur la cour qui a déniché quelques nouvelles toiles pour le pays de Lali et qui a donné à mon café devant l’écran encore plus de goût! Ce sera un beau dimanche!

Nuit blanche à Montréal

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Nuit Blanche à Montréal, annonce le journal qu’est en train de lire la lectrice de Johanna Harmon. Comme il y en a aussi à Paris, à Bruxelles, à Madrid et à Chicago. Avec une foule d’activités. Exactement ce que j’aimais autrefois quand j’habitais au cœur du Plateau Mont-Royal où tout était accessible à pied, ou encore il y a un peu plus de trois ans, du temps où j’avais encore une voiture. De la musique, des conteurs, des expositions, de la danse, des glissades : de tout et pour tous cette nuit à Montréal, jusqu’à un convivial déjeuner à 4 h 30 pour les fêtards de la nuit.

Je fais défiler le programme sur l’écran. 33 pages! C’est vraiment une nuit fabuleuse… et j’avoue que la nuit à la grande bibliothèque me tente un peu…

Reste à voir si j’aurai le courage de sortir ou si je vais une fois de plus préférer rester dans mes quartiers où une jolie montagne de livres m’attend… Tiens, c’est aussi une façon de passer une nuit blanche, non?

L’écrivain peut-être inspiré par des toiles

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Je regarde les toiles, je regarde les personnages et je leur invente des vies. Pour que les toiles s’animent. Pour que les personnages ne soient plus figés dans une pose. Pour qu’écriture et peinture se mélangent. Pour que les arts s’inspirent les uns les autres.

Je regarde les toiles. Certaines sont muettes dans un premier temps, d’autres semblent vouloir me livrer leurs secrets dans la seconde qui va suivre. Je ne sais jamais ce qui va se passer quand je vais d’une toile à l’autre, émue par les couleurs, les visages, les décors et surtout par ce qui se dégage de chacune d’elles.

Et je vais ainsi, sans me lasser. Certaines fois si inspirée que j’accroche plusieurs toiles à la suite. Parfois sans mot parce que je reste là devant un tableau ou une sculpture à vouloir qu’il me révèle un peu de lui ou un peu de moi.

L’écrivain peint par Dominique Doncre se laisse peut-être lui aussi inspirer par les tableaux de ses amis peintres auxquels il prête des histoires. Je n’en sais rien, mais j’aime croire qu’il aime aussi écrire à partir de personnages de tableaux. Et que parfois, certains peignent des toiles à partir de ses histoires parties de rien.