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À quel âge devient-on trop grand?

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Je ne sais pas les règles et je fais toujours tout à l’envers. Mais je n’ai pu résister au bonheur d’embrasser Max quand je l’ai rencontré par hasard devant l’épicerie. Spontanément. Mais j’ai bien vu que ça ne faisait pas son affaire. Était-il devenu trop grand pour les gestes d’affection, du haut de ses quinze ans qui me dépassaient d’une tête? Ou alors, il voulait bien, mais pas en public, me suis-je dit après quand j’ai repensé à son regard inquiet. Comme s’il voulait s’assurer que personne n’avait vu le geste.

À quel âge devient-on trop grand pour les embrassades? J’ai tant à apprendre.

Et pourtant, dans ma tête, il y a toujours cette image de gamin qui abandonnait ses copains pour courir vers moi et m’embrasser. Qui parfois sonnait à la porte pour un câlin et repartait, tout content de lui. Qui lisait mes bandes dessinées, assis sur le sofa du sofa, tandis que sa mère et moi faisions des tartes.

Et je me suis sentie un peu perdue. Je croyais qu’il n’y avait pas d’âge pour montrer son plaisir de se voir.

*sur une toile d’Andrej Lyssenko

Bonnes vacances, Denise!

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Peu importe l’heure du départ demain, si tu n’oublies pas ton appareil photo. Il y aura sûrement des oiseaux à photographier en Bretagne. Et des fleurs, des fenêtres, la mer…

Peu importe si tu as un bon livre avec toi et si ton amoureux t’accompagne. Tu nous raconteras sûrement. Ici ou ailleurs. Je te fais confiance. Tu ne nous oublieras pas.

Nous, nous penserons à toi. Nous savons qu’il y a en toi un peu de la lectrice de l’illustratrice Emma Bray.

Ah si pouvais entrer dans la toile

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Il fait cette chaleur lourde, pesante, écrasante, à la limite du supportable, qui donne envie d’être ailleurs qu’en ville, au deuxième étage, malgré un balcon tout neuf. Parce que le soir est sans vent. Et qu’il n’y a pas cette brise qu’on trouve toujours au bord de la mer et qui semble faire le bonheur de la lectrice de Peter Nardini, et de la mouette qui lui tient compagnie.

Ah si je pouvais trouver une façon d’entrer dans la toile pour me rafraîchir un peu…

Bon demi-siècle, Olivier!

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Ces cinq fleurs alignées ne pouvaient être que pour toi. Parce que je sais que malgré le temps qui passe, malgré les 5000 kilomètres entre nous, malgré les enfants qui poussent trop vite et les cheveux gris qui nous viennent, je suis la cinquième fleur d’une famille de quatre. C’est comme ça.

Et je sais aussi que mon frère d’adoption sera toujours là. Et que je ne pouvais rater un jour comme celui-ci!

Et dire que dans mon rêve…

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C’est l’heure du café, l’heure du jour incertain qui se lève, avec un ciel encore nuageux, mais aussi avec possibilité de dégagement, comme dit Monsieur Météo, et avec ses 94 % d’humidité… Et dire que dans mon rêve, il faisait sec. Et dire que dans mon rêve il y avait même un petit vent. Et dire que dans mon rêve, j’étais dans la toile de Cynthia Grilli. Mais bon, je ne vais tout de même pas retourner au lit pour ces petites contrariétés… Je vais rêver les yeux ouverts et écrire. Ou faire comme elle et lire.

Me réveiller ailleurs qu’ici

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Comme j’aimerais ce matin me réveiller ailleurs qu’ici, dans la toile de John Robert Davenport, par exemple, pour autant qu’il n’y ait pas là-bas cette humidité que nous avons eue hier et qui m’a empêchée de faire le quart des choses que je voulais faire, parce que je pouvais à peine bouger les bras. Tous ceux qui ont un tant soit peu d’arthrose, des douleurs musculaires ou ces trucs qui finissent en « ite » vous le diront : hier a été une journée catastrophique. Pas moyen de tenir un livre sans douleur. Pas moyen de taper sur le clavier sans que l’épaule ne fasse mal. Une journée qui donne envie de partir pour un endroit où le climat est sec. Vraiment sec. Où on peut bouger sans avoir mal partout.

Et tandis que j’allais de la douche chaude à la pommade, en passant par les comprimés, je pensais à Géraldine. Elle qui tous les jours se bute à son corps douloureux et qui se rebelle devant des gestes qui pour d’autres sont anodins. Et j’ai tenu bon. J’ai fait un peu de rangement et de nettoyage, sans pousser jusqu’à laver le four, qui était une des activités à laquelle je voulais me consacrer – sans grand enthousiasme, j’en conviens.

Mais aujourd’hui, je voudrais une humidité tolérable. J’ai tant de choses qui m’attendent et qui demandent mes bras et mon cou pour le faire… Sinon, je file en Arizona. Paraît que c’est sec par là.

Un jour viendra

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Et un jour viendra où il n’y aura plus de toiles, où je n’aurai plus les mots, où traces de tous se seront envolées, et où je m’envolerai à mon tour en emportant de moi celles d’ici pour qu’on m’oublie. Un jour, je retournerai aux livres et je n’écrirai plus.

*sur une toile d’Heidrun Knauer-Duscheck

Pas plus

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Et peut-être ne faut-il pas plus. Quelques livres sur une étagère. Une table pour manger. Quelques vêtements, et là-bas une fenêtre qu’on ne voit pas. Et des jours qui coulent, pareils les uns aux autres. En laissant derrière eux un sentiment d’inutilité. De vacuité que nul ne peut comprendre et qu’on n’expliquera pas.

*sur une toile de David Graeme Baker

Ce que les nuages m’inspirent

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Je regarde souvent les nuages. Et je rêve. Je me raconte des histoires. Ou je raconte celle des autres. Et je rêve. Et voilà ce que ça donne.

Ce désir d’écrire face à la mer

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Et ce désir continu d’océan. Ce désir qui ne me quitte pas d’écrire face à la mer. Comme je l’ai fait quelquefois. Et ce désir d’un lieu qui ressemblerait à celui qu’a peint Anna B. McCoy et qui doit bien exister quelque part. Et s’il n’est qu’un rêve, je le rêverai à l’infini.