Je ne sais pas les règles et je fais toujours tout à l’envers. Mais je n’ai pu résister au bonheur d’embrasser Max quand je l’ai rencontré par hasard devant l’épicerie. Spontanément. Mais j’ai bien vu que ça ne faisait pas son affaire. Était-il devenu trop grand pour les gestes d’affection, du haut de ses quinze ans qui me dépassaient d’une tête? Ou alors, il voulait bien, mais pas en public, me suis-je dit après quand j’ai repensé à son regard inquiet. Comme s’il voulait s’assurer que personne n’avait vu le geste.
À quel âge devient-on trop grand pour les embrassades? J’ai tant à apprendre.
Et pourtant, dans ma tête, il y a toujours cette image de gamin qui abandonnait ses copains pour courir vers moi et m’embrasser. Qui parfois sonnait à la porte pour un câlin et repartait, tout content de lui. Qui lisait mes bandes dessinées, assis sur le sofa du sofa, tandis que sa mère et moi faisions des tartes.
Et je me suis sentie un peu perdue. Je croyais qu’il n’y avait pas d’âge pour montrer son plaisir de se voir.
*sur une toile d’Andrej Lyssenko










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