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Début d’année

BALLANTYNE (Jilly)

Un bilan? Je n’ai pas eu le courage de le faire.
Des résolutions? Je n’en ai prise aucune.
Des promesses? J’ai choisi de ne pas à en faire à d’autre que moi. Ou presque. Et si peu. Surtout une : celle de ne pas rater les occasions qui s’offrent. Elles ne reviennent jamais deux fois.
Des rêves? À profusion.
Des idées? Davantage!
Des projets? Bien entendu!

Un objectif? Oui. Un. Celui d’être là, jour après jour, pour faire briller vos mirettes, regarder les étoiles avec vous, partager les mots et les notes des autres, vous les faire aimer.

Prenez place. Tournez les pages du pays de Lali. Vous trouverez peut-être des raisons de vous attarder. Et d’y revenir.

Le pays de Lali est celui de la liberté. Il ne changera pas. C’est une promesse que je nous fais.

*toile de Jilly Ballantyne

Bonne année!

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Que 2014 soit aussi pétillante que le champagne et aussi belle qu’une fleur rouge!

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*photos d’Armando

Aucune urgence

GRENVILLE (Hugo) - 28

Et puis, je suis entrée dans la toile. Avec aucune envie d’en sortir.
Et je suis restée là longtemps. Ne franchissant la ligne de démarcation que de rares fois.

Et j’y suis encore. Il n’y a aucune urgence à recenser quelques livres lus. Aucune.

*toile signée Hugo Grenville

L’heure du repos

MARTIN (Lisi) - 1

Le père Noël peut se reposer. Il a fait du bon boulot.

*illustration de Lisi Martin

Encore une fois, joyeux Noël!

NASCIMBENE (Yan) - 1

Il est minuit au Québec. C’est donc l’heure de vous faire encore une fois tous mes vœux pour un joyeux Noël!

En espérant que mes amis d’Europe ont trouvé des livres sous le sapin et que ceux d’ici en trouveront aussi!

*illustration signée Yan Nascimbene

Joyeux Noël!

NASCIMBENE (Yan) - 2

Il est minuit dans la plupart des pays d’Europe. C’est donc l’heure de vous faire tous mes vœux pour un joyeux Noël!

En espérant que vous trouverez des livres sous le sapin!

*illustration signée Yan Nascimbene

La tête pleine de rêves

NEVES (André) - 3

Il y a là-bas plus de neige qu’ici. Il y fait aussi plus froid. Je n’aurai qu’à me cacher sous mon capuchon. Juste assez pour me protéger et pour être en mesure de prendre quelques photos. Voyez-vous, je n’ai pas vu Québec en hiver depuis que j’étais enfant. C’est donc la tête pleine de rêves que je m’endormirai ce soir.

L’autobus pour Québec part à 6 heures demain matin.

*illustration d’André Neves

Est-ce grave?

KUCZYNSKI (Pawel) - 1

Enfant, j’aimais les livres. Je les aime toujours. Et pas seulement ceux qui sont réservés aux grandes personnes. Vous qui me lisez avez sûrement constaté l’attrait particulier qu’ont sur moi les albums destinés aux plus petits, ceux écrits à l’intention des lecteurs débutants ou pour les adolescents. Ceux qui osent parler de certains sujets difficiles. Sans détour. Avec poésie. Ces livres illustrés dont je ne me lasse pas.

Je ne suis pas en mesure d’expliquer la raison de cet attrait. Je sais seulement que la littérature jeunesse m’interpelle et que si j’entre dans une librairie ou une bibliothèque, il est presque certain que je vais visiter la section réservée aux jeunes. Je n’y peux rien. C’est plus fort que moi.

Je n’essaie plus d’être l’adulte qui se terre en moi et qui sort de sa tanière quand il n’a pas le choix, quand je dois ab-so-lu-ment être raisonnable. Le reste du temps, je n’ai pas d’âge. Du moins pas celui que fournit la date de naissance inscrite à mon permis de conduire.

Est-ce grave? Peut-être. Je refuse de le savoir. Un album attend la petite fille en moi qui vit au grand jour.

*illustration de Pawel Kuczynski

Ne pas rompre le charme

Dans la nuit vacillante, toute blanche vêtue de sa première neige, je voudrais trouver les mots pour la décrire. Parler de sa beauté immaculée. De la lumière qui émane d’elle alors que veille la lune sur le jour à venir.

Mais ce sont d’autres images qui me viennent en tête. Et je pense à ces longs mois où, la magie du premier matin blanc envolée, j’espérerai la prochaine saison.

Mais chut. Ne pas rompre le charme. Pas tout de suite.

*toile de Manuel Sierra

Luc Mercure : six romans en vingt-trois ans

« La parution d’un premier roman est la seule qui soit marquante, même s’il est toujours agréable de tenir entre ses mains son tout dernier né », me disait Luc Mercure il y a quelques semaines, avant que ne paraisse La Mezquita, son sixième roman, chez Québec-Amérique.

Aujourd’hui, il pourrait presque affirmer qu’il a connu deux « premières fois » dans sa vie tant l’expérience qu’il vient de vivre est différente de celle vécue en 1990, lors de la publication à l’Hexagone de son roman Entre l’aleph et l’oméga. Partie intégrante de son mémoire de maîtrise rédigé sous la direction de Pierre Nepveu, Entre l’aleph et l’oméga n’a pas donné lieu aux habituelles angoisses des écrivains qui attendent des mois et des mois une réponse. « À peine trois semaines après avoir déposé mon manuscrit, accepté presque illico par Alain Horic, le contrat était signé et la machine en marche. J’ai à peine eu le temps d’y penser! »

C’est une toute autre aventure qu’il vient de vivre avec La Mezquita, car il a, cette fois-ci, été mis au courant de toutes les étapes, pu travailler de près avec son éditrice et même répondre aux questions d’une des deux réviseures. Il se sent impliqué pour la première fois de sa vie dans le processus de mise en marché, d’où cette perception de vivre une deuxième « première fois » qui ravit le romancier qui se rappelle avec émotion son premier roman et tout ce que celui a eu de répercussions sur sa vie.

« Je savais que je serais écrivain. Je savais aussi que je voulais être romancier. Par contre, j’ignorais que j’allais publier le roman écrit dans le cadre de mon mémoire. »

Depuis 2002, à la suite de problèmes de santé qui lui ont fait quitter l’enseignement, Luc Mercure se consacre aux voyages et à l’écriture, l’un nourrissant souvent l’autre, comme c’est le cas pour La Mezquita, qui se déroule en Espagne et qui met en scène, comme c’est presque toujours le cas dans les romans de Luc Mercure, des personnages torturés, aux prises avec des questions douloureuses, en quête d’eux-mêmes, dérangés par cette petite voix en eux qui les interpelle et les obsède.

Celui qui nous avait donné avec La faute de Roy Dupuis, son précédent roman, un livre touffu dans lequel se côtoient l’inimaginable et le plausible, n’a de cesse depuis ses débuts de se questionner sur l’existence et les gestes acceptables ou non en mettant ceux-ci entre les mains de ses personnages afin de voir comment ils vont se débrouiller. « Écrire, par mes personnages, me permet de comprendre ce que je ne comprends pas », affirme l’écrivain.

Et comme Luc Mercure n’en a pas fini de s’interroger, de chercher des réponses à ses questions, de tenter d’imaginer ce qu’il ferait s’il était dans une situation hors de son contrôle, ce n’est pas demain qu’il déposera sa plume. Lui qui n’a pas hésité à revisiter la vie de l’évangéliste Jean au seuil de la mort à l’occasion de son premier roman n’en a pas fini avec ses démons et ceux des autres.

Entre son premier roman et son sixième, vingt-trois ans se sont écoulés. Il a conservé la timidité des débuts ainsi que la gentillesse et la générosité de ceux qui apprécient d’être lu. Ce qui donne envie à tous ceux qui ont le plaisir de le rencontrer de lire ses romans.

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