La photo n’a rien d’exceptionnel, mais elle a été prise un jour de juillet, un juillet lumineux qui semble si loin alors que nous voilà enlisés dans un hiver qui va durer longtemps, longtemps…
Une photo pour rappeler l’été à nos mémoires.
La photo n’a rien d’exceptionnel, mais elle a été prise un jour de juillet, un juillet lumineux qui semble si loin alors que nous voilà enlisés dans un hiver qui va durer longtemps, longtemps…
Une photo pour rappeler l’été à nos mémoires.
Je n’ai pas eu de cousines. Je n’ai pour seule image de grand-père actuel que celle de mon ami Denis qui n’a rien à voir à le grand-père raconté ce matin. J’ai par contre un lion en peluche. Mais il y a ici bien plus d’histoires inventées que de vraies, et largement, dois-je dire.
Or, je reste toujours fascinée de voir à quel point on m’identifie à des textes qui n’ont rien à voir avec moi, juste parce que, fort probablement, j’ai su raconter de telle façon que la plus imaginaire des aventures de lectrice devient réelle au point qu’on me voit dans celle-ci. Et j’avoue, ça m’amuse. Et puis, le jeu n’est pas méchant. Il ne s’agit que d’écriture, d’inspiration, d’histoires parfois glanées à droite et à gauche et amalgamées ici pour en faire une seule, d’un moment longuement raconté que je décortique en épisodes, d’impressions fugitives quand je regarde les uns et les autres au supermarchés, à l’arrêt d’autobus, dans une salle d’attente.
Je suis peut-être ailleurs alors qu’on me croit ici, là-bas, alors qu’on se dit que ça ne peut être moi. Et je m’amuse. Et si dans certaines histoires, certains se retrouvent, pourquoi pas? Et si d’autres donnent envie de les continuer ou de les commenter, encore mieux.
Je ne suis qu’une faiseuse de mots. Une inventrice d’histoires improbables ou pas. Comme l’est peut-être l’écrivaine de Linda Leslie.
Il me semble avoir entendu des pas dans l’escalier et des portes claquer, des rires et même de la musique, mais je ne suis pas certaine de tout ça. Je suis tellement dans ma bulle d’écriture que je pourrais bien avoir rêvé tous ces sons coutumiers d’un soir de Noël. Il n’y a peut-être eu aucun bruit. Ou alors c’était il y a des heures, pusique voilà un moment que me voilà à écrire, à jeter des idées ici et là des idées à développer, à trier dans mon carnet des phrases valables écrites durant des trajets d’autobus plus ou moins longs, à chercher parmi ma galerie quelles toiles ont ce soir une histoire à raconter. Il n’y peut-être pas eu de course dans l’escalier, finalement. C’est peut-être chez l’écrivaine de Steve Bentley que tout ça s’est passé, tandis que je me glissais dans sa peau.
Je regarde la lectrice de Daniel Garber et je me souviens d’une autre, non pas blonde, mais brune, avec des cheveux courts et une frange pas toujours droite, mais tout aussi endimanchée, plongée dans un livre près d’une fenêtre, un œil sur les mots, l’autre dehors à surveiller la visite qui allait arriver. Il y a de cela si longtemps. Et pourtant, le souvenir est toujours aussi vif. Les matins de Noël, il n’y avait pas de plus beaux cadeaux pour la gamine que j’étais que des livres.
Il y a ce sentiment d’un matin inhabituel, parce que le 24 décembre réveille en soi une multitude de souvenirs. Et puis, on fait comme la lectrice de Paul Honatke. On prépare le café. On ouvre un livre. On met un peu de musique. Et on rêve.
On revoit toutes ces veilles de Noël à travailler. On revoit les réveillons de son adolescence. On entend Paolo Noël chanter Petit papa Noël. On voit un sapin blanc couvert de boules rouges et vertes. Et les odeurs reviennent, vives et précises. Et la boutique où un grand-père emmenait ses petites-filles pour leur choisir une robe pour le grand jour.
Et on refait du café. Pour continuer à rêver.
Je sais, je sais, je me répète. Et même, que je me répéterai encore. Mais quel doux moment que celui du café du dimanche matin en pull et en chaussettes. Sans me presser.
J’ai bien sorti quelques ébauches de textes, comme la lectrice/écrivaine d’Heidrun Knauer-Duscheck, mais je ne sais pas encore si ce sera aujourd’hui que je me mettrai à la tâche. Il y a aussi ces livres commencés qui me lorgnent du coin de l’œil, des toiles qui attendent que je les raconte, une pile de CD qui traîne pas loin. Et loin de moi l’envie de passer l’aspirateur, même si je devrais… Demain?
Et si je refaisais du café?
Je reste toujours étonnée devant une telle scène. Et pourtant, je sais que les filles aiment entre elles partager des mots qu’elles reçoivent et que c’est là un comportement bien féminin d’analyser en groupe chaque virgule et de peser chaque mot.
Pourtant, voilà bien une chose que je n’ai jamais faite, que je ne ferai probablement pas non plus. Je ne deviendrai pas un des personnages de Basia Roszak. Je ne décortiquerai avec personne les mots d’une lettre qui n’appartient qu’à moi. Je trahirais l’expéditeur en le faisant. Je ne serais plus celle à qui on a écrit mais une analyste de mots. Et m’extraire ainsi pour faire valoir le sous-texte et ce que l’auteur a voulu dire, parce qu’il a mis tel mot et pas un autre, est au delà de mes capacités. Je prends les mots pour ce qu’ils sont. Je me laisse toucher par eux. Je n’ai pas besoin de regard extérieur ou inquisiteur, ou les deux, pour me dire ce que je devrais ressentir. Vraiment pas.
Or, je me pose tout de même une question face à une telle scène. Pourquoi ce besoin d’étaler quelque chose d’intime et d’en défaire la beauté – si bien sûr, il s’agit d’une lettre d’amour?
Le premier jour des vacances a eu du bon. Il a permis que je prenne enfin le temps de regarder tous ces clips et ces diaporamas envoyés par les uns et les autres et accumulés depuis des semaines, que je sélectionne les meilleurs, que je jette ceux que j’ai eus vingt fois, que je ne réponde à aucune chaîne malgré toutes les menaces pesant sur moi si je ne le faisais pas et que j’achemine aux amis ce qui devrait leur plaire.
J’ai peut-être même un peu exagéré… On dira pour m’excuser auprès de ceux et celles dont j’ai rempli les boîtes que j’ai joué la mère Noël avant le 24… Parce que prendre le temps de choisir ce qui fait plaisir et de l’envoyer, c’est quand même une façon de dire aux gens qu’on les aime, je crois bien. Même si parfois j’aime trop!! Que Denise, Carine, Jocelyne, Armando, Géraldine, Jean-Marc et Jean-Claude me pardonnent… J’essaierai d’être plus mesurée dans une prochaine vie!
J’ai dormi en soirée et me voilà éveillée, avec une pile de livres pas loin, comme la lectrice de David Brown Milne. Sans savoir par lequel je commencerai. Et avec une furieuse envie d’écrire, de raconter des toiles ou des histoires, de jeter çà et là quelques photos reçues, d’écouter des musiques mises de côté pour quand j’aurais le temps, sans penser aux aiguilles des horloges avant le 2 janvier. Avec un désir de vivre la nuit et la jour par petits morceaux, en alternant siestes et petits bonheurs. Et pourquoi pas? Mon lion en peluche fait bien comme il veut, lui, et autant que je sache, il ne se plaint pas trop de mes décalages par rapport à la réalité de tout un chacun. Au bout de 33 ans, il a bien compris, l’ami Fred, que je n’en ferais qu’à ma tête, surtout quand je suis en vacances! Surtout? Pas sûr, ça…
Plus que deux jours et je serai en vacances jusqu’au 2 janvier. Et pendant ces dix jours, je lirai trois livres à la fois, j’écrirai, je ferai du café, j’irai voir la neige et les décorations des Fêtes, je traînerai en chaussettes et en gros pull de laine, j’écouterai de la musique, et le temps doucement passera.
Et aussi, j’entrerai quelques heures dans la toile d’Helen Maria Turner qui a écrit que : « When a woman is most herself, when she is most simple and natural, she is most beautiful. » (C’est quand une femme est elle-même, qu’elle est simple et naturelle qu’elle est la plus belle.)
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Fait avec amour (❤️) par WHC
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