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Branches banales

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J’ai croisé quelques branches dans la neige. Et j’ai pensé au bois mort, aux sentiments morts. À ceux qui font qu’il en est ainsi et qui viennent parfois ici et là tasser les branches.

Peut-être sont-ils déçus. Car elles sont toujours là, les branches. Même dans la neige. Impossibles à ensevelir. Plus fortes qu’ils ne le pensaient. Plus solides. Pas du tout mortes. Elles ont même de nouvelles racines depuis novembre.

D’autres que ceux qui les ont trouvées bonnes à jeter les regardent d’un autre œil. S’y intéressent. S’en occupent. Et ça doit sûrement déranger les fouilleurs de détritus. Un peu. Peut-être plus que ça, même.

Pourtant, elles sont banales, vraiment banales. Et elles ne cadraient pas du tout avec le décor. Alors, quel est donc l’intérêt pour ceux qui les ont jetées de vérifier si elles sont toujours vivantes?

Au fait, pour qui comprendra quelque chose à ma « parabole », je ne fais pas le tour des poubelles, moi!!

Inspirée

yahnin

Tant de toiles où ils lisent, tant de toiles où elles écrivent. Tellement de tableaux où elles tournent les pages d’un livre, tellement de tableaux où ils posent des mots sur du papier. Et je reste souvent prostée, la plume entre les lèvres, avec un début d’histoire qui se trame mais qui me semble avoir été racontée cent fois déjà. Et je me dis que peut-être pas comme ça, à ma manière, avec mon regard, avec mes phrases. Et j’écris, sans savoir où va me mener mon personnage. Et j’écris, inspirée comme l’est peut-être l’écrivaine de Marat Yahnin.

Quelque chose de douillet

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C’est en regardant la toile de Carolyne Moran que je réalise à quel point je suis heureuse de retrouver mon horaire de quatre jours semaine plutôt que cinq, comme ça a été le cas ces derniers mois.

Il y a en effet dans ce tableau quelque chose de douillet semblable à mon bonheur de retrouver mes vendredis à moi entre lecture, écriture, musique et rêverie. J’en profiterai le temps qu’ils dureront. Et je me promènerai entre le bureau, la chambre et le salon en jetant un regard par la fenêtre ou en me posant un peu au pays de Lali. Peut-être même beaucoup.

Au chaud…

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Les rues sont embourbées par la neige d’hier. Il y a d’énormes bancs de neige qui bloquent le chemin, accumulés là par les rafales de vent de la nuit. Le mercure frôle les quinze degrés sous zéro. Et je prends tranquillement mon café. Je sais qu’il me faudra penser à enfiler de quoi affronter l’hiver, pulls, chausssettes de laine, foulard, capuchon, gants. Parce que c’est la fin des vacances et que le bureau m’attend. Alors que je resterais plutôt là, avec un livre, bien au chaud, comme la lectrice de Frederick Carl Frieseke.

Des hortensias pour Jacqueline

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Aujourd’hui, en Val-de-Marne, ont lieu les funérailles de mon amie Jacqueline, disparue le jour de Noël. Voilà plusieurs jours que je veux parler d’elle, sans trouver les mots. Il est toujours difficile de parler au passé de ceux qu’on a aimés.

Or, elle sera toujours vivante dans ma mémoire. Vivante comme ce jour de juillet où j’ai pensé à elle en photographiant des hortensias, me rappelant ceux de sa maison de Plouharnel. Vivante comme ce jour d’il y a plus de 20 ans où elle m’a offert un livre magnifique qui ne me quittera jamais. Vivante comme ce jour de la fête des mères un mois de mai où j’étais là et où j’ai réquisitionné sa cuisine pour lui faire un repas de fête. Vivante comme ces soirs où, avec Henry, c’était festin autour d’énormes plats de crustacés. Oui, elle sera toujours vivante. Parce que Jacqueline a été, sera toujours, ma mère française. Même si depuis quelques années, nous n’avions plus ce lien étroit que nous avons eu.

Tout le reste de ma vie, les hortensias seront toujours là pour me rappeler son courage pendant la guerre, sa générosité envers les autres, son accueil et une centaine de petits détails qui me reviennent parfois et qu’on appelle des souvenirs marquants.

Que ceux qui restent, Olivier et les siens, surtout, sachent qu’en ce jour je pense à elle, je pense à eux. Très fort.

Pour 2008

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(photo de Denise prise spécialement pour cette nuit)

Bientôt l’heure… Faut-il rester dans le traditionnel Bonheur, santé, prospérité pour être dans la note? Peut-on s’en écarter sans passer pour l’originale de service? Et pourquoi devrait-on se limiter à répéter inlassablement année après année les vœux que tous se font sans y croire vraiment?

Pas pour moi. Comme toujours, je ne pourrai être que moi et ça veut dire non conventionnelle. Tant pis si vous vous attendiez aux vœux d’usage. Tant mieux si ce n’était pas le cas.

Donc… Qu’il y ait chaque jour des sourires sur votre route pour illuminer chacun d’eux. Qu’il y ait dans votre vie des regards dans lesquels plonger en toute confiance. Qu’il y ait des mains qui se tendent, même quand vous ne les attendrez plus. Qu’il y ait de la tendresse, une profusion de tendresse au quotidien. Que la richesse soit celle d’avoir dans vos poches de quoi offrir une glace ou des fleurs quand l’envie vous en prendra.

Et surtout, que cette année vous soit douce. Douce et pleine de chaleur.

À minuit…

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J’entendrai peut-être des Bonne année fuser dans l’escalier. Ou pas. Et à minuit, je serai fort probablement là, à faire le tour de ma galerie, à regarder des toiles, comme le fait la lectrice de Gary David Hoffmann et je penserai à quel point j’ai de la chance de finir l’année en faisant ce que j’aime, c’est-à-dire inventer des histoires. Et je songerai aussi au bonheur de commencer 2008 en continuant à faire ce que j’aime… Et probablement que j’aurai une pensée pou tous ceux que j’aime. Afin que leur année qui commence – et pour beaucoup, qui est déjà entamée – soit douce, tout simplement douce.

Je retiendrai…

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Et probablement qu’on le fait sans s’en rendre compte. Parce que c’est plus fort que nous. On a beau ouvrir un livre au hasard, comme l’a fait la lectrice d’Hans-Peter Szameit, ce ne sont pas les pages d’un livre qu’on tourne un 31 décembre. Ce sont celles de cette année qui se termine, sur laquelle on pose à certains moments un regard tendre et amusé, alors que d’autres font glisser des larmes qu’on essuie bien vite avec la manche de son pull.

On a beau se promettre de passer d’une année à l’autre comme on traverse la rue, en regardant à droite et à gauche, mais sans plus, ce n’est pas ce qui se passe. Je sais, j’ai tenté le coup. Le livre est resté ouvert, j’ai moi aussi fait le tour de l’année 2007. Et je ferai ce que j’ai toujours fait quand une année se termine. Je ne conserverai que les images les plus belles… Pas celles qui blessent, pas celles qui font douter de soi et de tout, pas celles qui ont fait mal à ceux que j’aime, non, aucune de celles-là. Tant pis pour les blessures en route, elles ont bel et bien cicatrisé. Je remercie quelques-uns d’avoir été là quand il fallait panser les bobos et mettre de l’ongent, ils se reconnaîtront sans que je ne les nomme un par un.

Je retiendrai les amitiés qui se sont nouées au pays de Lali entre lecteurs et lectrices du monde. Je retiendrai aussi la catégorie En vos mots, ces pages créées pour vous, dont je suis très fière tout comme je suis heureuse de Vos traces. Je retiendrai tous ceux qui sont passés chez moi par toutes sortes de liens, Le Monde, Olivier SC, Caroline, BelleSahi, Beatrix, Vanessa et bien d’autres. Oui, le pays de Lali a vraiment grandi cette année. Merci à vous tous d’être là. Je ne pourrai non plus vous nommer tous, mais vous savoir là me donne envie de continuer à l’heure du bilan de fin d’année.

Je retiendrai des moments tendres, le bonheur de ma mère de voir à nouveau clairement les couleurs, l’amitié qui règne au sein su service où je travaille, des livres, des musiques, le soleil sur ma peau, la neige qui virevolte, un bouquet de roses, les sourires de ceux que j’aime, ce matin d’octobre où je me suis roulée dans l’herbe, des poèmes, des soirées à rêver, une caresse d’une tendresse infinie sur mon visage et la vie qui s’est mise à pétiller comme jamais.

Je retiendrai aussi ce dernier jour de l’année où on a peur de passer à l’année suivante. Parce que tous les instants de l’année exceptionnelle qui se termine qu’on voudrait retenir à jamais. Et qu’on imagine qu’il n’y aura pas de plus belle année que celle qu’on vient de vivre.

Et puis, on se dit que l’année 2008 sera encore plus belle. Qu’on veut y croire, qu’on y croit. Et on mange une praline. L’année prochaine sera belle : il en restera demain.

Dernier jour de l’année

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Peut-on le dernier jour de l’année se faire un thé et ouvrir un livre comme s’il s’agissait d’un jour ordinaire? Peut-on ne pas penser à l’année qui se termine, ne pas en faire le tour et déjà espérer deux ou trois bonnes choses pour celle qui vient? Je me le demande, alors que je regarde la lectrice de Robert Bereny, tellement loin de toute la vie qui s’agite en ce jour de la Saint-Sylvestre. Je me le demande, alors que je n’ai rien fait de spécial depuis le matin. Oh si, j’ai peut-être rêvé un peu plus que d’habitude, mais encore…

Et puis, il est juste midi et des poussières. J’ai encore bien le temps de préparer mes vœux de nouvelle année, j’ai encore bien le temps pour une autre tasse de thé et quelques pages de mon roman… Pourquoi, en effet, devrais-je vivre la dernière journée de l’année de façon précipitée?

Je vais donc vivre ma journée tranquillement, avec quelques incursions au pays de Lali, pour ne pas faire de ce dernier jour de l’année une journée trop spéciale. Même si je sais que plus elle avancera, plus je me mettrai à rêver…

Fabien et la fille de Montréal

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Il lisait dans sa chambre de La Louvière. Il me racontait Prévert ou Vian avec emballement, quand nous causions sur MSN les dimanches après-midi ou les nuits où il ne dormait pas. Il écrivait des poèmes, je les révisais.

Puis, un jour on a décrété qu’on serait frère et sœur. Comme ça. Parce que. Il y a des choses qui ne s’expliquent pas. C’en est une.

Un jour de juillet 2005, on a roulé dans toute la Belgique. On s’arrêtait ici et là. Émerveillés par cette journée à nous deux qui restera gravée à jamais. Et le village de Redu me rappellera toujours son sourire, sa jeunesse, son goût pour la vie et les mots, alors qu’on caressait ensemble de vieux livres.

Il m’envoyait des photos de lui s’élançant dans le ciel en parachute. Et des poèmes. Moi, je souriais. Je voulais juste qu’il soit heureux.

Il me communiquait son enthousiasme, celui de ses 20 ans, alors que les miens avaient un quart de siècle de poussière dessus.

Il rêvait comme je rêvais. C’est peut-être ça qui nous a unis dès le départ, cette propension au rêve et l’amour des mots.

Je le voulais heureux. Comme seule une grande sœur pouvait le voir heureux.

Et puis est arrivée celle qui lui a fait chanter La fille de Montréal de Sheller :

Elle a pour habitude
De poser son visage entre mes mains
Ooh, ooh, elle me donne l’amour
Dont j’avais tant besoin
Le Bon Dieu me pardonne
A sa vue je frissonne
Et je me sens bien
Je fais tout ce qu’elle veut
Pour ça elle s’y prend bien

Refrain:
Elle est venue de Montréal
Pour se glisser dans mon bain
Et elle me fait, c’est normal
L’amour avec l’accent canadien

Coulent entre les épingles
Ses mèches folingues
Et ça lui va bien
Ooh, ooh, elle me shoote un baiser
Grisant comme le bon vin
J’ai connu la fortune
De son corps au bord de lune
Et j’y reviens
Ooh, ooh et si elle veut ma peau
Je lui donne dès demain

{Refrain}

Sans parler outre mesure
Sur les années futures
J’espère bien
Ooh, ooh, que je pourrai vous dire chaque jour
Tout va bien
Son billet sur Québec Air
S’en ira en poussières
Un beau matin
Ooh, Ooh, je la garderai là
Autant qu’elle ira bien

{Refrain}

La fille de Montréal…

Fabien ne lit plus seul dans la nuit comme le fait le lecteur d’Eastman Johnson. Et tout à l’heure, je retrouverai mon frérot. Et je rencontrerai enfin Sophie, que j’ai vue en photo et dont je connais la voix, cette fille de Montréal qui le rend heureux. Et je dirai à la miss merci de prendre soin de lui.