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Comme il est bon…

17dec2007

Comme il est bon de ne pas avoir à sortir, de ne pas penser qu’on aura de la neige à hauteur des genoux – sinon plus – pour se rendre jusqu’à la rue, de ne pas se demander si on sera à l’heure ou s’il y aura du chauffage adéquat, et tout ça en regardant par la fenêtre le jour pointer à l’horizon. Tout ça tandis que j’entends la cafetière me faire signe.

Raisonnable?

santerre

Est-elle raisonnable celle qui se lève la nuit pour relire quelques lignes qu’il a écrites? Est-elle raisonnable celle qui n’a pas envie de dormir parce qu’elle préfère se délecter de quelques mots à un sommeil peuplé de rêves dans lesquels elle lit ses mots? Probablement pas. Et pas plus ou pas moins raisonnable que je ne le suis. Car je comprends très bien la lectrice de Jean-Baptiste Santerre, moi qui suis souvent éveillée alors que la ville est profondément endormie. Juste pour me promener au pays des toiles et raconter des histoires. Deux activités propres au silence de la nuit.

Je peux rester à la fenêtre

van dyck 2

Ça aurait été une véritable expédition. Il n’y a qu’à jeter un œil dehors pour constater qu’il faudra plus que la nuit pour rendre les routes praticables. C’est donc une sage décision que de ne pas ouvrir le bureau demain. Même si je n’ai pas 25 km à faire comme beaucoup de mes collègues pour être au poste. Il n’en reste pas moins que les autobus auraient été rares et que j’aurais dû marcher dans la rue, puisque les trottoirs n’auraient pas été déneigés. Il y a plus urgent que les trottoirs d’une rue qui est loin du centre-ville.

Je peux donc regarder par la fenêtre et rester au chaud. Rester là, à regarder dehors, à bricoler quelques rimes comme le fait peut-être l’écrivaine de Peter Van Dyck et me coucher quand j’en aurai envie, puisque pas de trajet demain et parce que j’ai pris de l’avance avec une sieste en soirée. Cette tempête aura du bon. Je crois que ça mérite même un autre chocolat chaud.

Retour à ma bulle

deutsch

Chaque fois que j’ai été sociable, mais vraiment sociable et pas superficiellement, comme ça a été le cas hier pour la fête de Noël du bureau, je rentre ahurie et épuisée. C’est probablement le propre des gens qui vivent seuls, qui sortent peu, qui ont du mal avec les foules et le brouhaha qui va avec, qui sont bien dans leur petite bulle et qui la retrouvent avec soulagement. Et bonheur.

Si bien qu’aujourd’hui, à l’instar de la lectrice de Boris Deutsch, je vais tranquillement entre les livres et le net, la cuisine pour faire du café et les fenêtres où je regarde les rares nuages qui se dessinent dans le ciel bleu de l’hiver.

J’émerge tranquillement, quoi. D’ailleurs, il me semble que plus ça va, plus ces réunions amicales me pèsent. J’y suis, mais sans y être tout à fait. Je fais bonne figure, je participe, oui, mais j’ai du mal, je l’avoue. Je fais tout de même l’effort avant de devenir une véritable ermite, ce que d’aucuns voient déjà en moi. Hier, je m’en suis tirée sans migraine. C’est déjà cela.

Comment expliquer que je suis sociable à mes heures quand cela ne m’est pas imposé sans blesser quiconque? Pas évident. Et dire que je suis capable d’être le bouffon de la fête quand j’en ai envie…

Je pense souvent à lui

erickson 2

Je pense souvent à lui. Très souvent. Lui qui m’a fait aimer les livres, les mots et la musique. Lui qui m’emmenait en promenade avec lui, fièrement, main dans la main, comme si j’étais la plus belle de toutes. Lui qui m’a enseigné les rudiments du hockey. Lui pour qui j’ai été la lumière de sa vieillesse.

Je pense souvent à lui. Lui, l’indiscipliné qui en avait contre les soutanes et la morale bien pensante. Lui qui avait fait les 400 coups et même assommé sa prof de piano avec le banc parce qu’il en avait marre de se faire taper sur les doigts avec une règle. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il est passé au trombone.

Je pense souvent à lui. Lui qui m’a donné le goût de Londres et de raconter des histoires. Parce qu’il m’écoutait avec ravissement. Lui qui a offert à sa dulcinée avant de partir au front la bague que je porte depuis le jour de mes 13 ans. Lui qui, où que j’aille, m’accompagne et me guide.

Je pense souvent à lui. À tout ce qu’il m’a donné de lui qui fait que je suis moi et pas une autre.

Je pense souvent à lui. Et peut-être encore plus aujourd’hui, comme tous les 14 décembre, alors qu’il atteindrait l’âge improbable de 117 ans.

Je pense souvent à lui quand j’écris, comme le fait celle peinte par E. Dale Erickson. Je sais qu’il est là, qu’il brille sur ma vie comme le font les étoiles.

De rien de plus

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J’aime ces moments où, comme la lectrice de Samuel Wade, je lis dans l’autobus qui m’emmène au travail. Jamais longtemps, car il n’y a que dix arrêts avant que je ne prenne le second. Une dizaine de minutes, quoi. Suffisamment pour que je sente indubitablement que ma journée sera belle.

Il suffit simplement de quelques mots, parfois, d’une image. De rien de plus.

Curieux voyage

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Curieux voyage que celui au pays de mes vieux cahiers. Curieux voyage quand j’y vois tant de tristesse, parfois même de la détresse. Curieux voyage quand je constate qu’il n’y a pas une ligne pour l’homme avec qui j’ai vécu. Pas une. Signe? Peut-être, puisque j’ai effacé toute trace de lui. Il ne reste aucune photo, aucun objet de pacotille, pouvant me rappeler qu’il a existé. Et je n’ai pourtant jeté aucun écrit. Il ne m’aurait donc rien inspiré? Peut-être. Trou noir. Et je ne veux pas me poser la question. Juste continuer de tourner les pages. Trouver quelques lignes jetées au hasard d’histoires cul-de-sac. Retrouver un prénom ou un lieu. Laisser des morceaux ici de ce moi d’une autre époque, d’autres époques.

Oui, curieux voyage que celui de retourner au pays de ses propres mots. Pas tous très bien ficelés. Quelques-uns d’une naïveté désarmante. Et l’excuse de dire J’avais 20 ans

La lectrice de Luong Xuan Nhi fait-elle aussi un périple au pays de ses souvenirs pour avoir cet air si songeur? Peut-être. On ne peut avoir que ce regard quand on retourne sur ses pas.

Nuit douce en compagnie de Marie Warnant

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Et dans la nuit, sous un ciel blanc comme il n’y en a qu’en hiver, j’écoute Marie Warnant chanter Bruxelles et La vie est belle. Et je me transporte loin d’ici. Dans mes souvenirs. Je danse sur la Grand-Place en engouffrant une gaufre dégoulinante de chocolat fondant. Et peut-être même que je passe saluer le Manneken Pis en chantant du Brel.

Avant de retourner à l’album de Marie Warnant, tout de douceur. Et la nuit n’est que ça, douce, toute douce.

Il y aura sûrement

mfo

Il y aura sûrement encore de nombreuses nuits comme celle-ci. Des nuits où j’entrerai dans la peau de la lectrice/écrivaine de Mina Fonda Ochtman. Des nuits où je lirai des poèmes, ceux qui m’ont marquée comme les miens, où je tracerai quelques lignes en écoutant de la musique, où je regarderai des toiles et me laisserai séduire par l’une ou l’autre. Il y aura sûrement encore de nombreuses nuits comme celle que je vis. Des nuits où je n’aurai pas vraiment envie de dormir. Et où, sûrement, le sommeil me gagnera, alors que je serai en train de tourner les pages d’un livre…

Je l’imagine si bien

ralabate

Je l’imagine ouvrant un livre au hasard. Je l’imagine séduite par une phrase qui la laisse songeuse. Je l’image prostrée avec cette seule phrase en tête, laquelle elle tourne dans tous les sens pour en trouver la clé ou simplement pour s’en imprégner. Je l’imagine si bien. Je ressemble souvent à la lectrice de Francis Ralabate.