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Ce drôle d’accent que j’avais

baehr

J’ai envoyé hier à quelques personnes une chanson de Blossom Dearie (que j’adore) auxquels j’avais joint quelques mots dont voici un extrait :

“Et parlant d’oreilles, sachez que j’adore les accents.
Il n’y a rien de plus joli qu’un JE T’AIME en français prononcé par quelqu’un dont ce n’est pas la langue maternelle.
Idem pour ceux et celles qui chantent en français avec un accent succulent.”

Auquel s’est ajoutée une question de Denise :
Lali, j’adore aussi les accents et je me suis toujours posé la question si toi et Denis aviez l’accent canadien ?

Auquel s’ajoute un commentaire de Reine :
Question que je me pose souvent ! Nous nous lisons sans nous entendre !
Il m’est arrivé de m’entendre dire en province, en région doit-on dire maintenant… mais le mot province sonne plus joliment ! : « On entend que tu es parisienne… à ton accent »
Je parle plus vite que cette amie née au bord de la paisible Loire !
Et alors Lali, Denis, vous avez l’accent québécois ? Denise, tu as l’accent suisse ? Armando, l’accent belge ? et Géraldine, l’accent auvergnat ? Flairjoy ? Jean-Claude, BelleSahi, Clémentine, Cath avec et sans Grain de sel, et les autres… Quel accent avez-vous ?
Je m’arrête, mais faisons une liste de nos mélodies qui forment un si un joli chœur !!

Ai-je l’accent québécois? Peut-être un peu, sûrement. Carine, Armando et Jean-Claude pourraient sûrement vous dire quelle sorte d’accent j’ai ou je n’ai pas. Parce qu’on m’a souvent dit que j’avais un accent d’ailleurs, indéfini, international, comme si ma voix avait avalé tous les accents de mes amis pour que je trouve ma propre voix. Dirai-je un jour comme dans une chanson que j’affectionne Ce drôle d’accent que j’avais, moi qu’on a prise pour une Belge, à Paris, il y a 25 ans? Moi à qui on dit parfois que je ne suis pas d’ici. Qui sait?

Et vous, quel accent avez-vous? Comment le définiriez-vous? Jolie question que soulève Reine, alors que je nous imagine parfois autour d’une table, ou dans un marché aux livres ressemblant à celui de la toile de Malie Baehr. Avec nos accents qui se mêlent et qui disent l’amitié.

Elle n’a rien remarqué

rebout

Elle tourne les pages depuis des heures. Tout ça pendant que je me promène dans ma galerie depuis des heures, moi aussi. Comme c’est toujours le cas, la veille de l’installation de la nouvelle toile pour cet En vos mots qui est à vous chaque dimanche depuis des mois. Cet espace qui m’est cher parce qu’il est un lieu de création, le vôtre. Cet espace qui existe parce que quelqu’un qui se reconnaîtra m’a inspiré l’idée de vous donner la liberté de créer vous aussi. Peut-être sans s’en rendre compte. Mais il n’en est pas moins que sans lui, la catégorie En vos mots n’existerait pas. Je le remercie donc pour l’idée et pour avoir toujours été présent depuis. Et je remercie aussi Flairjoy qui, elle aussi, n’a raté aucun de nos rendez-vous dominicaux. Et tous les autres qui viennent ponctuellement se laisser inspirer. Eux aussi se reconnaîtront.

Et la lectrice de Jacqueline Rebout continue de tourner les pages. Elle n’a même pas remarqué que j’écrivais. Ni levé la tête pendant que je faisais mon tour dans ma galerie. Elle n’a même pas remarqué qu’elle est maintenant au pays de Lali tant elle est prise par son livre. Les lectrices sont des êtres curieux, finalement.

Sans destination

hutter

Il y a quelque chose de troublant à ouvrir ses vieux cahiers comme je le fais en ce moment. Parce que je ne suis pas certaine de trouver ce que je cherche, ni de chercher ce que je trouve. Il y a bien sûr des mots, des images, des impressions, des souvenirs. Bien sûr. Et pourtant, des pages qui sont miennes que je ne reconnais pas, dont je n’avais plus aucun souvenir. Des histoires inventées, déjà. Des émotions.

Oui, il y a quelque chose de troublant à aller de page en page, d’avant en arrière, sans savoir où est la destination ni le point de départ. Ne trouver que des instantanés. Des moments fugaces. Certains ne dépassant pas le cliché.

Et pourtant, je retourne à mes cahiers. Comme le fait peut-être la lectrice de Jean Hutter. Sans savoir où elle va ainsi. Sans savoir où je vais, non plus. Mais est-il si essentiel pour l’une comme pour l’autre de savoir où nous allons ainsi?

Quand il fait froid…

creffield

Et quand il fait froid, comme il fait froid en ce moment, j’ai envie de trouver un livre avec lequel me glisser dans une toile jusqu’à ce qu’il fasse à nouveau chaud. Un livre qui durerait des mois, un livre dont je ne verrais pas la fin. Un livre qui me tiendrait au chaud. Et probablement que la toile ressemblerait à celle de Dennis Crefield. Et peut-être même serait-ce celle-là.

Invitation au pays bleu des nuages d’Armando

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Je fête mes deux ans, il fête ses deux semaines. Il a mis du bleu dans mes nuages et dans les siens. Je souhaite évidemment qu’Armando en mette aussi dans les vôtres et que vous trouviez dans son pays un peu du vôtre, si bien que vous aurez envie de vous y attarder.

Voilà longtemps que j’attendais le moment où mon ami oserait partager des morceaux de son univers. Lui dont vous connaissez déjà les mots et les photos, puisqu’il a passé pas mal de temps ici et qu’il en passe encore.

Du bleu dans mes nuages vous attend. Il ressemble à cette photo de nuages se noyant dans l’eau du lac du jardin botanique, un jour d’août, prise par Armando.

Le pays de Lali a deux ans

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Deux ans. Deux ans à écrire quotidiennement ici, sauf pour trois jours en novembre 2006, quand le pays de Lali a dû être déplacé. Deux ans à écrire sans savoir que l’aventure durerait, sans même y penser. Au jour le jour.

Deux ans de bonheur, malgré certains jours gris, parce que le bonheur d’écrire, le bonheur de partager, le bonheur de ce qui s’est créé d’amitié(s).

Deux ans à me dire, à écrire. Puis, un jour, les toiles. Et le pays de Lali a pris son envol. Puis un jour, En vos mots. Et un autre, Vos traces. Parce que vous.

Deux ans. Aujourd’hui. Et pour vous remercier d’être là, la preuve de mes yeux verts et de mes lunettes rigolotes, ceci découpé dans une photo prise par Armando en août dernier.

Deux ans. Déjà.

Et cette envie de rester au pays de Lali toute la journée. De me lire, d’écrire, de regarder vos photos. De vous dire merci d’être là et de dire un merci tout spécial à Patrick, cet ami belge qui m’a offert ce pays où laisser quelques mots et quelques images. Ce pays dont je ne peux plus me passer. Non, ce n’est pas aujourd’hui que vous allez vous débarrasser de moi!

Tous vos mots…

mccoy

Tous vos mots, commentaires ou courriels, sont bonheur. Toutes vos photos aussi. Toutes ces façons de marquer votre présence. Même si en ce moment tous ces signes de vous ne trouvent pas de réponse, parce que je passe beaucoup de temps dans mes vieux cahiers.

Mais j’espère ces prochains jours prendre le temps, comme le fait celle peinte par Linda McCoy, d’écrire, ailleurs qu’ici, à chacun d’entre vous que j’ai un peu négligés. Je ne vous le promets pas, je me le promets.

Il y a sûrement un peu de moi…

nassau

Elle peut passer des heures, des soirées entières parfois, à tourner les pages des livres d’art. Toujours en quête d’apprendre, de découvrir. Inlassablement. Sans jamais ne connaître la fatigue. Toujours émerveillée.

Or, il y a sûrement un peu de moi dans la lectrice de Jill Nassau. Un peu de moi dans cette quête inaltérable de découvrir des artistes qui ont peint ou sculpté des lecteurs et des lectrices. Un peu de moi dans ce besoin inaltéré qui dure depuis des mois. Dans cette recherche incessante, avec la peur qu’un jour plus personne ne peigne quiconque en train de lire. Et pourtant, il n’est pas de jour où ma recherche est vaine. Il n’y a pas de jour sans nouveau tableau. Mais malgré tout cette peur qu’un jour je ne vienne à avoir épuisé mes provisions et que je ne doive me taire… Que cela arrive le plus tard possible…

Les vieux cahiers, encore

pvc

On ne sait pas ce qui nous attend quand on ouvre ses vieux cahiers. Ou plutôt, on sait. Des pages de soi, des élans, des épisodes, des mots tissés sous l’impulsion, comme certains dessinent. Et je savais sûrement tout ça quand j’ai pris le risque d’ouvrir à nouveau mes cahiers. Je le savais, comme le sait aussi sûrement la lectrice de Pau Valls Canellas, que j’imagine en train de lire les pages d’hier.

Je le savais et j’avais peur du trouble dans lequel j’allais me trouver à lire des mots qui sont miens mais qui, par moments, ne semblent plus m’appartenir, tant ils sont loin de moi ou parce que je ne me rappelle pas la raison qui les a motivés.

Je savais aussi que j’allais trouver en feuilletant mes cahiers cette partie de moi immuable. Les mots d’antan qui font écho, qui me ramènent à l’essentiel.

Et c’est peut-être pourquoi j’ai traîné des heures et des heures à lire au hasard. On ne fait pas le tour de son jardin sans s’attarder. Avec émotion.

Un peu de sérénité

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Comme il semble que ce soit une journée où le pays de Lali a des hauts et des bas, pas Lali elle-même, mais son hébergeur, je ne vais pas trop abuser de son hospitalité et laisser ici pour le moment une photo de Géraldine qui dégage un peu de sérénité, ce dont j’ai bien besoin! Et rêver…