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Anecdotes de réviseure 18

Pat avait imprimé la page, convaincue que je n’allais pas en croire mes yeux de réviseure. Elle n’avait pas tort : je me suis quasiment étouffée avec ma salive, c’est vous dire.
La « chose » était visible sur le plus important des réseaux sociaux.

C’est une directrice d’école consacrée aux arts plastiques et à la musique qui l’avait écrite, une école où Pat pensait inscrire son plus jeune.
Jusqu’à ce qu’elle lise : Je vous souhaite de l’amour sous toutes c’est forment.

Certains gagneraient à faire réviser ce qu’ils comptent publier sur leur mur.
C’est Pat qui vous le dit.

*toile d’Edward Estlin Cummings

Anecdotes de réviseure 17

Je sens que je m’énerve et que plus ça va, plus je m’énerve.
Pourtant, j’étais si heureuse de me plonger dans le nouveau livre d’un ami.

Mais, certaines phrases n’ont pas eu l’heur de me plaire. Oui, heur. Sans E. La réviseure et la correctrice d’épreuves qui ont travaillé sur ce titre, ne connaissant vraisemblablement que l’heure fournie par leur téléphone cellulaire, se sont empressées d’ajouter le E manquant. Heur, ça n’existe pas, voyons. Si bien que « … elle (la maison) a eu l’heure de séduire Peter ». Même si ça ne fait aucun sens. C’est tellement plus facile d’ajouter des fautes que d’ouvrir un dictionnaire.
Je sens que je m’énerve et que je vais écrire dans le livre emprunté à la bibliothèque. Même si c’est interdit.
Mais non. Je ne le ferai pas. Même si ça démange la réviseure que je suis de le faire.

Je ne donnerai pas l’occasion à quelqu’un d’aller ajouter le E retiré.
Faut pas pousser le bouchon, Maurice.

*illustration de Carla Pott

Anecdotes de réviseure 16

Je ne m’y fais pas, je ne m’y ferai probablement jamais. Je suis Montréalaise, Québécoise, Canadienne, voire même Américaine, tant que ce mot ne fait pas référence uniquement aux États-Unis. Car il existe un adjectif pour remplacer américain quand il n’est pas question de l’Amérique dans sa totalité mais bien d’une portion de celle-ci, à savoir les États-Unis. Cet adjectif, états-unien, que d’aucuns utilisent, notamment des éditeurs québécois et quelques organes de la presse écrite française, est hélas bien trop utilisé à mon goût. Et pourtant, ce n’est pas depuis hier qu’on parle de littérature états-unienne, qu’on fait mention de politique états-unienne, que certains voyagent avec un passeport états-unien et que la cuisine états-unienne tente de se faire une place au soleil sans y parvenir.

L’Amérique, ce n’est pas uniquement les États-Unis. Comme la France n’est pas à elle seule l’Europe, pas plus que l’Allemagne ou l’Italie ne l’est.

Quel Français, quel Belge, quel Suisse accepterait d’être désigné uniquement sous le nom d’Européen? Je revendique donc le fait d’être Américaine, sans pour cela être États-Unienne.

Et tant pis si je dois jusqu’à la fin de mes jours corriger ce mot dans les textes que je révise.

*toile d’Arne Westerman

Anecdotes de réviseure 15

J’ai longtemps cru et il m’arrive encore de croire que le métier d’éditeur est noble et qu’il mérite même un certain respect. Même s’il y a de nombreux individus qui se font appeler éditeurs sans avoir la passion qu’il faut pour exercer la profession et sans posséder les qualités nécessaires à leur tâche.

Comment peut-on, dites-moi, laisser des chefs de production bâcler leur travail? Comment peut-on confier la révision et la mise en page au premier venu (ou à ce qui semble l’être)? Dites-moi. Je ne comprends pas. Et je reste chaque fois pantoise quand je constate qu’un écrivain, qu’il en soit a son trentième ou à son premier livre, subisse les contrecoups du travail non fait de son propre éditeur.

J’exagère? Je ne crois pas. J’en suis à la page 19 d’un roman qui n’a sûrement pas été révisé puisque j’y trouve des étrangetés comme aupa-ravant… et une absente flagrante d’espaces insécables, ce qui nous donne des guillemets ouverts en bouts de ligne.

J’ai longtemps cru que la passion du métier d’éditeur se reflétait dans ses livres. Je sais maintenant que son manque de passion s’y reflète aussi.

*toile de José Sobral de Almada Negreiros

Anecdotes de réviseure 15

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Bien évidemment qu’il me faut faire preuve de tolérance le plus souvent possible en matière d’orthographe et de coquilles quand il m’arrive de me promener au hasard de la toile. Et autant je ne m’insurge pas ou peu quand je constate de telles erreurs dans des sites où il est question d’informatique, entre autres, autant je me mets dans tous mes états quand elles se trouvent sur le site d’un éditeur. Là, je ne supporte pas. Il me faut réagir, écrire au webmestre, signaler la chose. C’est ainsi que j’ai envoyé un message électronique il y a près de deux semaines à un éditeur québécois qui annonce sur sa page d’accueil une « Gallerie photos ». Or, ce n’est pas un courriel, mais trois que j’ai reçus, le dernier provenant de l’attachée de presse pour me dire que la chose allait être rectifiée dans les meilleurs délais. Or, j’attends toujours. Probablement est-ce une opération très pointue et demandant beaucoup de temps et de doigté que de retirer un L et un S…

*toile de Giovanni Antonio Burrini

Anecdotes de réviseure 14

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Le carton du bureau de poste indiquait que je pouvais aller chercher un paquet qu’on avait tenté de me livrer du lundi au vendredi entre 9 h et 21 h, et entre
9 h et 17 h les samedis et dimanches. Mais aussi qu’il était fermé pour un jour appelé « autre ».

Du coup, la réviseure que je suis est restée perplexe. Y aurait-il plus de sept jours dans une semaine? Si oui, je tiens à ce qu’on me le donne dès maintenant surtout s’il est férié. Pas vous?

*toile d’Otto Willem Albertus Roelofs

Anecdotes de réviseure 13

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Lequel? ai-je pensé en lisant « sur le champ » dans la phrase que j’étais en train de relire afin de relever les coquilles, les fautes de syntaxe, les accords non faits, les mots manquants et les anglicismes ou néologismes. Le champ de bataille? De patates? Celui « couvert de morts sur qui tombait la nuit »?

Et ne sachant si la personne à qui je destinais ma révision avait le sens de l’humour ou connaissait Hugo, Victor de son prénom, j’ai ajouté les trains d’union manquants. Sans plus.

*toile de Nicolaes Maes

Anecdotes de réviseure 12

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Bien évidemment que je n’ai pas été en mesure de me taire. Bien sûr que je suis allée au bureau du promoteur du Salon du livre de Montréal aviser qui de droit de cette erreur malencrontreuse. Bien entendu que celle qui m’a reçue était désolée quand elle a constaté que j’avais raison. Une phrase ne peut pas se terminer par : … et des doctorats honorifiques de l’Université de Rennes II et de l’Université. Il manque visiblement quelque chose.

Et pourtant, elle avait elle-même tout relu et approuvé et n’avait pas vu. Mais elle n’est pas réviseure au quotidien. Et le visage sur le panneau rendant hommage à ce grand historien québécois décédé en août ne pouvait pas la toucher comme il me touchait.

C’est peut-être pour cette raison que je n’ai pas été en mesure de me taire. Sur la photo, le sourire de mon cousin Jean-Pierre m’a incitée à signaler la chose.

Mais hélas, dans les archives, il y aura toujours des mots absents sur un panneau.

*toile de Jean Despujols

Anecdotes de réviseure 11

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Il y a des feux qui brûlent longtemps! En effet, ce proverbe ashanti au bas de la page fait étalage d’une énorme coquille. Et depuis le 21 septembre, où l’équipe d’evene.fr m’a avisée qu’elle s’occupait de cette erreur au plus vite, j’attends toujours… Aurais-je dû appeler les pompiers?

*toile de Samuel Finley Breese Morse

Anecdotes de réviseure 10

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Entre la landing page et le nombre de replies, une box destinée aux power users, celle-ci tout à fait customizable à la convenance des followers tout autant que le dashboard, j’ai arrêté de prendre des notes. Après tout, je ne serai jamais community manager et ne travaillerai fort probablement pas en France. C’est là mon constat suite à une présentation sur les médias sociaux qui nous a été donnée par un Français très branché, mais ignorant qu’au Québec on parle français. À moins que ce soit lui qui ait oublié sa langue maternelle?

*toile de Bill Coleman