Commentaires récents
Admin:
Archives:
juin 2026
D L M M J V S
 123456
78910111213
14151617181920
21222324252627
282930  
Anecdotes de réviseure 9

hopkinson-charles-s-15.jpg

Il suffit d’un « r » en moins pour tuer un amour. Si, si. Je vous l’assure. Juste un « r ». Oubliez-le et le verbe « étreindre » deviendra « éteindre », comme dans l’article que je l’ai lu hier soir. Ce qu’un correcteur automatique ne verra pas, le lecteur le verra peut-être…

*toile de Charles S. Hopkinson

Anecdotes de réviseure 8

delarosbel-mary-louise-2.jpg

Je ne suis pas intelligente. Tel est mon verdict. En effet, je n’ai pas réussi répondre à la question qui me demandait : « Combien cvois-tu de triangles dans l’image? » Faut croire que je ne connais pas tous les verbes. Et vous, vous le connaissez le verbe « cvoir »?

*toile de Mary Louise Delarosbel

Anecdotes de réviseure 7

botting-nick-6.jpg

Décidément, il y a des sujets dont nul ne veut entendre parler, comme s’il s’agissait là d’un crime de lèse-majesté! J’entends pas là la réforme de l’orthographe (ou nouvelle orgthographe) qui, à certains égards, devrait faciliter la vie à tous ceux qui écrivent, tout en corrigeant des incongruités qui ont rendu rébarbatrice la langue française à tous ceux qui doivent en faire l’apprentissage ou la maîtriser.

Toucher à la langue française, vous n’y pensez pas! « Nous avons dû l’apprendre, que les autres fassent comme nous! » Tel semble être le cri de guerre (de ralliement?) de certains opposants qui ne veulent surtout pas qu’on simplifie une langue dont ils connaissent presque tous les secrets.

Et pourtant, ce sont ceux-là qui ne jurent que par leur GPS et qui ont jeté leurs cartes routières dans le bac à recyclage… L’orthographe serait-elle vraiment intouchable et interdite d’évolution alors que tout le reste le serait? Je me pose la question à l’heure où je ne possède pas de GPS et où je milite pour la nouvelle orthographe.

*toile de Nick Botting

Anecdotes de réviseure 6

grant-duncan-9.jpg

Ce sont bien sûr les fautes de frappe et de pluriel qui frappent la plupart des lecteurs qui n’ont pas l’œil aiguisé et exercé d’un réviseur linguistique. Et déjà, rien qu’avec celles-ci ils ont de quoi s’occuper au moins une fois par jour.

En ce qui me concerne, je n’ai pas fait le compte d’erreurs diverses auxquelles je suis confrontée au quotidien. Et peut-être cela vaut-il mieux tant. Le chiffre pourrait énorme.

Il y a toutes celles que je décèle et que je mets au grand jour parce qu’elles se trouvent dans des textes qu’on me demande de réviser. Puis il y a toutes celles qui se déploient partout et n’importe où. Dans le menu écrit à la main sur le tableau noir d’un restaurant où nous allons de temps en temps le midi. Dans un article (voire même le titre) d’un des deux quotidiens gratuits qu’on trouve dans les stations de métro. Sur la page d’accueil d’un site Web (ou devrais-dire « d’acceuil » tant l’inversion du « e » et du « u » est monnaie courante). Dans des livres publiés par des éditeurs dont les noms évoquent des prix littéraires.

Et puis, il y a non pas une coquille tellement énorme que vous tombez de votre chaise si vous êtes le moindrement assis en équilibre, mais une coquille mathématique que l’auteur aurait dû remarquer, ainsi que son éditeur et les trois réviseurs qui ont eu le texte en main. Mais personne n’a vu que le héros du livre, un enfant posthume, est né dix ans après la mort de son père, bien avant l’ère de la conception in vitro… Et vous vous dites que ce n’est pas demain la veille que vous serez au chômage.

*toile de Duncan Grant

Anecdotes de réviseure 5

kiuchi-tatsuro.jpg

« J’espère qu’un jour je pourrai vous rendre l’appareil », a écrit dans un courriel un de ses collègues à un ami qui a longuement fixé l’écran, interdit. Ne sachant trop s’il fallait en rire ou en pleurer, ce dernier me l’a transmis. Et pas plus que lui, je ne sais s’il faut en rire ou en pleurer…

*illustration de Tatsuro Kiuchi

Anecdotes de réviseure 4

ho-quang-2.jpg

Vous arrive-t-il d’entendre quelque chose qui fant se dresser vos cheveux sur la tête? Ou douter de vos oreilles parce que c’est trop gros comme erreur? Et pourtant, elles sont là ces bourdes. Pas juste dans la bouche de collègues qui utilisent des mots dont ils ignorent le sens. Elles sont là dans la bouche d’un présentateur de nouvelles qui parle de problèmes « pécuniers », alors que jamais il ne lui viendrait à l’idée de parler d’un roman « extraordiner » ou d’un conflit « planéter ». Et vous vous précipitez sur votre téléphone. Il vous faut sans tarder appeler qui s’occupe du Service à l’auditoire. Et quand vous raccrochez, vous souriez. Il y en a d’autres que vous qui ont des oreilles sensibles : vous êtes la quatrième personne à avoir signalé l’existence du mot « pécuniaire ».

*toile de Quang Ho

Anecdotes de réviseure 3

edelfelt-albert-9.jpg

C’est à la façon de réagir et à la vitesse à laquelle c’est fait qu’on peut juger du sérieux des personnes chargées de gérer certains sites Web. Ainsi, lorsque dans un premier temps je reçois un accusé de réception et que dans un deuxième on m’assure que la ou les corrections seront faites dans les plus brefs délais, je me sens moins enquiquineuse, moins revendicatrice et d’une certaine façon plus utile.

Et je peux donc ce mercredi matin me féliciter. Le webmestre du site de l’Orchestre symphonique de Montréal n’a pas traîné. L’erreur signalée dimanche qui se multipliait sur de nombreuses pages est maintenant réparée. En effet, on ne fait pas parti de quelque chose, mais bien partie.

Je sais, je sais, je suis incorrigible, mais n’est-ce pas le lot de chacun d’entre nous de ne pas arriver à se détacher tout à fait de ce qui l’occupe quotidiennement, même lorsqu’il n’est plus au poste?

*toile du peintre finlandais Albert Edelfelt

Anecdotes de réviseure 2

yeisen-kaisei.jpg

J’ai beau me dire que je ne le ferai pas, que c’est sans importance, je finis toujours par le faire. C’est plus fort que moi. Quand je consulte un site Web d’un organisme connu et que j’y trouve une coquille, je ne peux m’empêcher de la signaler. Un « s » en trop, une préposition manquante, une erreur dans une date et je ne vois plus que ça. Comme si les erreurs se mettaient à clignoter dans la page.

Un jour, j’ai même failli tomber de ma chaise. Un ministère ontarien avait sur une de ses pages une liste d’organismes pour venir en aide aux personnes atteintes du « cancre ». Oui, vous avez bien lu. Et pourtant, on ne rigole pas avec ces choses-là.

Cette fois-là, j’ai reçu un mot de remerciement.

*toile de Kaisei Yeisen (dont on ne trouve plus trace)

Anecdotes de réviseure 1

macke-august-1.jpg

Me voilà une fois de plus confrontée à une coquille et dans un livre de bibliothèque, ce qui va me retenir de biffer « te » au « cette » de « cette hiver-là » (Pierre Péju, La petit Chartreuse, Gallimard, p. 124), ce que j’aurais fait sans hésitation si le livre m’avait appartenu, ce qui m’a donné envie d’ouvrir cette nouvelle chronique, parce que les anecdotes sont nombreuses pour qui doit faire montre d’un œil de lynx au quotidien.

En effet, la réviseure que je suis (je sais, je sais, ailleurs qu’au Québec, on dit réviseuse, vous pourrez le vérifier ici) ne décroche jamais, si bien que presque chaque jour une coquille, une erreur grossière ou les deux s’étalent devant ses yeux.

Parfois, je ris, c’est trop gros. D’autre fois, je suis en rogne. Ça dépend de ma journée ou de la couleur du ciel, va savoir.

Ce que je sais ce soir, c’est que j’ai envie de cette chronique, que j’ai envie qu’elle soit légère et qu’elle me permettra sûrement de rire — même si parfois jaune. Surtout que je suis toujours à me demander ce que je fais de ce « te » en trop dans un livre qui ne m’appartient pas…

*toile d’August Macke