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Le jet d’eau de Genève

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Parce que Denise, Géraldine et Armando m’envoient des photos dont quelques-unes atterrissent ici, j’ai choisi de leur faire un petit espace qui s’appelle Vos traces. Ainsi donc, vous pourrez retrouver plus facilement les photos d’il y a quelque temps et celles à venir.

Or, ce matin, Denise a pris quelques clichés de Genève, dont celui-ci. Le classique jet d’eau qui me rappelle une carte postale qui me faisait rêver enfant et que je dois avoir dans ma collection, maintenant. Une amie de maman a vécu là-bas une année, le temps que son mari fasse sa maîtrise, et elle nous avait écrit. Comme je le trouvais beau ce jet d’eau, et impressionnant.

C’est en 1981 que j’ai pu le voir enfin. Nous avions pris le train Marseille-Genève et nos amis de Savoie venaient nous prendre à la gare. Nous avons eu droit à un tour de ville et il va sans dire que j’attendais le jet d’eau avec l’impatience d’une gamine. Et le souvenir est là, vif, impérissable. Et quelle joie de constater qu’il est là, pareil, immuable.

La Bretagne de Denise

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Ne me dites pas que le net ne peut pas générer des amitiés, ne peut pas être un lieu de partage et de création, ne peut pas d’une certaine manière changer notre regard sur le monde et ouvrir des portes. Ne me dites rien de cela. Je ne vous croirai pas. Et puis, vous qui passez, qui restez, vous ne pourriez pas le dire, de toute manière.

Ces pages, offertes un jour de novembre 2005, par un ami belge, et avec lesquelles je ne savais vraiment pas ce que je ferais tant – oui, je l’avoue – l’idée me paraissait saugrenue, me sont devenues essentielles. Et si vous n’étiez pas là pour me faire signe – encore merci Olivier SC -, je continuerais à écrire, sûrement, parce que je ne sais faire que ça, mais il me manquerait ce lien irremplaçable qui nous unit désormais.

Ce lien exceptionnel qui fait que Denise, ma lectrice suisse, à son retour de vacances en Bretagne, m’a fait parvenir quelques photos. Généreusement et dans le but de partager.

J’aurais pu toutes les installer, mais j’ai choisi celle-ci. J’ose penser que c’est le Mont Saint-Michel de mes souvenirs, mais je ne sais pas. À Denise de le dire, de raconter la photo. À vous de dire si vous pensez que je fais fausse route. À vous aussi de raconter votre Bretagne par un anecdote ou un souvenir, si le cœur vous en dit.

La lumière de Montpellier

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Il y a des matins sans lumière où je voudrais retrouver celle de Montpellier un jour de juillet. Celle-là même de la toile d’Ikuko Roth. Celle d’un jour de juillet 1981, en compagnie de Florence.

Il y a des matins où je partirais pour quelques heures marcher dans ces lieux aimés et gravés en moi. Et ce matin, c’est Montpellier. Ne me demandez pas pourquoi. Je ne saurais dire la raison. Les souvenirs nous viennent sans qu’on ne puisse les expliquer, ou alors faut-il creuser, et je n’ai pas envie de chercher plus loin.

Ce matin, j’ai envie des petites rues de Montpellier, de la place de l’Œuf, de ce bonheur tranquille de l’amitié et du soleil sur ma peau.

Soleil hésitant

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Le soleil hésite et valse entre les nuages. Identique à celui d’un jour de juillet il y a 20 ans où, avec Chantal la vannoise, je suis entrée dans le décor peint par Kerfily, celui de l’île aux Moines qui, ce matin, me revient en tête.

Le soleil hésite comme il hésitait alors que nous marchions dans les rues de la petite île si accueillante du Morbihan. Ce Morbihan qui reste gravé en moi, au même titre que Paris, que certains paysages de mes vacances belges, que la côte californienne, que tant de lieux qui surgissent à cause d’un nuage, d’une pluie fine ou d’une phrase.

Le soleil va et vient derrière les nuages, ne sachant s’il doit rester. Comme je me demande aussi si je ne devrais pas rester un peu dans la toile. Malgré le travail qui m’attend. Parce qu’il faisait bon le Bretagne et l’amitié ce jour de juillet. Et parce que ce jour-là, même les nuages ont fui.

Elle était là…

evora

La lectrice de la cathédrale

Elle était là assise dans l’escalier qui donnait accès à la cathédrale d’Evora. Indifférente à tous les passants. Le nez collé à sa lecture, comme si rien d’autre existait.

En ce moment. Où les murmures des passants semblent déranger le sommeil des statues.

En ce lieu. Ivre de siècles d’histoire.

Qu’y avait-il de si important dans ce livre ? …

Je ne saurai jamais. D’ailleurs pourquoi le savoir ? …

L’envie m’est venue de voler cette image pour te l’offrir …

Juste comme ça …

Pour un sourire … Peut-être …

(Photo et texte d’Armando. Sourire de Lali, parce que de là-bas, au Portugal, il a pensé à elle.)

Rue de Buci radieuse

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Je me demande quelle sorte d’animation a régné ces derniers jours à Paris, à l’approche des élections, alors que Francine et Larry déambulaient dans les rues de la capitale, et peut-être même dans la rue de Buci, si joliment peinte par Jean-Charles Decoudun.

Je saurai bien lorsqu’ils rentreront. Pour l’instant, je les imagine rue de Buci, où j’aime tant aller, dans ce quartier que j’aime particulièrement et où se trouvent des cinémas de répertoire et des librairies de livres anciens. Du moins, j’espère qu’ils sont toujours là. Tant de commerces disparaissent entre deux visites.

Je les imagine là, je les imagine aussi au musée d’Orsay, au jardin du Luxembourg et à cette charmante crêperie bretonne près du musée de la poste, à Montparnasse, qui porte le même nom que celle que je fréquente à Montréal, Ty-Breizh.

Je les imagine aussi à Versailles où ils se promettaient d’aller. Puisse leur trentième anniversaire de mariage souligné par ce voyage à Paris et à Bruxelles puisse être un jour tout simplement radieux, comme est radieuse la rue de Buci dans mes souvenirs.

Lutèce en plein Paris

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Il n’est pas de voyage en Europe où je ne me suis pas arrêtée à Paris, même si la capitale française n’était pas la destination principale du voyage. Je me demande si je pourrais un jour faire autrement, ne pas poser mes bagages à Paris, ne serait-ce que pour 24 heures, si je me trouvais en Europe. Chaque fois, je trouve un moyen de m’y arrêter, d’aller embrasser Sonia, Jasmine et Monique et de partir à la découverte d’un endroit de Paris que je ne connais pas encore. Et il y en a tant que je risque encore une fois de m’arrêter à Paris lors de ma prochaine traversée.

Et quand je vais en quête d’un endroit sur lequel j’ai lu, je me demande si les Parisiens connaissent vraiment Paris. Or, j’en doute fort. Difficile de ne pas savoir où est la tour Eiffel, où se dressent le Sacré-Cœur de Montmartre et la tour Montparnasse, où est Notre-Dame, mais je ne serais pas étonnée que peu de gens sachent me diriger vers les arènes de Lutèce, dans le Ve arrondissement, près de Jussieu, rue Monge.

Et pourtant, l’arrêt vaut le détour. Surtout qu’il y a ce moment étonnant où on franchit tout simplement l’entrée qui pourrait être celle d’un parc et où on se retrouve en pleine Histoire. Immédiatement, on pense à Astérix, au frère de Bonemine, le maire de Lutèce et on sourit. C’est comme ça.

Il n’y a rien à voir, diront certains. Oui, en effet, que des gradins, mais des gradins qui ont presque 2000 ans et qui étaient ceux d’un théâtre romain. Les gens du quartier qui connaissent l’endroit viennent y manger les midis d’été. Des enfants jouent au ballon comme ils le feraient n’importe où sans se soucier d’en savoir plus. Et quelques touristes curieux y débarquent. Dont je fus, il y a quelques années de cela.

Les arènes de Lutèce constituent-elles un incontournables des hauts lieux parisiens? Je ne sais pas et ce n’est pas à moi de le dire. Mais qui aura la curiosité de pousser jusque là ne le regrettera pas.

Chez Chartier

chartier

Parce que Francine et Larry seront à Paris dans trois semaines, et que je suis si contente pour eux, c’est mon Paris que j’ai envie de leur faire découvrir. Celui du toit de la Samaritaine, celui du café Le Rostand, celui du thé sur le toit de l’IMA, haltes dont j’ai fait mention ici déjà, et auxquelles je compte ajouter quelques-unes pour eux, pour le plaisir de ceux qui aiment cette ville, pour mon plaisir à moi.

Un autre des endroits que j’affectionne est le Bouillon Chartier, ici joliment peint par Marko Stupar, cette brasserie du faubourg Montmartre ouverte en 1896. Une partie de son charme réside dans son décor art nouveau, qui n’a rien perdu de ce qu’il était à l’origine et qui fait que le restaurant est classé monument historique depuis 1989. L’autre partie de son charme est dans le fait de se sentir dans une autre époque, les serveurs portant toujours le rondin de l’époque – un gilet avec de nombreuses poches. Et le plaisir est dans l’assiette avec ces plats mijotés ou autres préparés simplement et sur la note qui ne reflète pas les prix d’aujourd’hui mais là aussi d’une autre époque, ce qui n’est pour déplaire à quiconque.

Chez Chartier, que j’ai découvert il y a de nombreuses années grâce à Jasmine fait partie de ces lieux que je recommande, la salve en bouche, tant je conserve de mes quelques visites un excellent et savoureux souvenir.

Je partirais pour Québec (chanson bien connue)

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Aller à Québec – la ville – fait partie des expéditions de mon enfance. Dix minutes avant qu’on ne prenne la décision de partir, on n’y pensait pas. Du moins était-ce ainsi presque chaque fois. Il faisait beau, papa avait envie de conduire. Et si on allait diner à Québec? disait-il. Et c’était aussi simple que ça. Deux heures de route pour aller diner dans les rues du Vieux-Québec, pour aller voir les artistes de la rue du Trésor, pour regarder le fleuve et les bateaux. Et nous repartions: encore deux heures de route.

J’aime cette ville et j’aime particulièrement cette fresque qu’on trouve dans le Vieux-Québec, tout près de l’église Notre-Dame-des-Victoires. C’est un morceau d’Histoire au cœur d’un des coins les plus historiques de cette ville qui aura 400 ans en 2008. D’autres fresques décorent ainsi les vieux murs de la ville. Pas aussi nombreuses que les personnages de bande dessinée sur les murs de Bruxelles, mais tout aussi remarquables.

J’ai des envies de Québec cet après-midi. Des envies d’aller manger au Cochon dingue. Des envies de la rue du Petit Champlain au bout de l’escalier casse-cou, de ses galeries et boutiques. Un petit aller-retour s’impose. Surtout que s’y tient l’exposition Fernand Botero jusqu’à la fin avril.

Rue de Furstenberg

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Il faisait beau et chaud en cette première semaine de mars 1986 à Paris. Jasmine avait même mis les vêtements à sécher dehors sur son balcon du boulevard de la République, à Boulogne-Billancourt. Il faisait beau et nous nous promenions en t-shirt, apportant un pull au cas où. C’était l’été en plein mois de mars et je traînais dans Paris.

Un des bonheurs de cette escapade de dix jours a été la découverte du Musée Delacroix, rue de Furstenberg. Moins prisé que les musées plus imposants, moins publicisé aussi, on pourrait le rater si on ne voulait à tout pris y aller. Et j’en avais l’intention, surtout que le musée est au cœur du Quartier latin, là où je finis toujours par échouer.

Un escalier, dès le seuil franchi, mène au musée-atelier de l’artiste qui a peint Frédéric Chopin et George Sand, dont la liaison avait alimenté l’imaginaire romantique de l’adolescente que j’avais été.

chopin_delacroix

george sand

Pour le reste, je ne connaissais que très peu l’artiste en dehors du tableau La liberté guidant le peuple. J’allais donc découvrir. Et ce qu’on trouve au musée en dehors d’un décor d’un autre siècle, des objets qui faisaient le quotidien du peintre, ce sont avant tout des toiles ayant pour thème le Maroc qu’il avait visité en 1832. Une véritable découverte et une belle entrée pour vouloir connaître davantage le peintre.

À qui a envie d’autre chose que des files d’attente au Louvre ou ailleurs, voilà bien un lieu à voir. Pour découvrir un peintre. Et aussi parce qu’autour il y a suffisamment de terrasses et de cafés pour que cette expédition soit parfaite.