Tu es dans un jardin et tu es sur mes lèvres
Je ne sais quel oiseau t’imitera jamais
Ce soir je te confie mes mains pour que tu dises
À Dieu de s’en servir pour des besognes bleues
Car tu es écoutée de l’ange tes paroles
Ruissellent dans le vent comme un bouquet de blé
Et les enfants du ciel revenus de l’école
T’appréhendent avec des mines extasiées
Penche-toi à l’oreille un peu basse du trèfle
Avertis les chevaux que la terre est sauvée
Dis-leur que tout est bon des cigües et des ronces
Qu’il a suffi de ton amour pour tout changer
Je te vois mon Hélène au milieu des campagnes
Innocentant les crimes roses des vergers
Ouvrant les hauts battants du monde afin que l’homme
Atteigne les comptoirs lumineux du soleil
Quand tu es loin de moi tu es toujours présente
Tu demeures dans l’air comme une odeur de pain
Je t’attendrai cent ans mais tu es déjà mienne
Par toutes ces prairies que tu portes en toi.
René Guy Cadou
(dans Je est un autre, anthologie de Bruno Doucey et Christian Poslaniec)
*choix de la lectrice d’Irene Mischak










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