Écrire
Pour célébrer la beauté du matin
il faudrait hisser des mâts sur mes mots
déployer leurs voiles
les laisser voguer aux souffles du large
il faudrait remplacer mes épithètes
par des rires de fillettes jouant sur la grève
mes verbes par des parasols multicolores
mes consonnes par des ballons rouges
bondissant sur le sable
mes voyelles par des bécasseaux
s’ébrouant dans l’écume
il faudrait que mes substantifs
planent au-dessus de l’onde
il faudrait remplacer mes phrases
par des chants jaunes d’oiseaux
Piere Chatillon, Le grand retour
*choix de la lectrice de Boris Koustodiev



Commentaires récents