Rien ne fane plus vite que des lauriers sur lesquels on se repose. (Perce Bysshe Shelley)
*toile de Carl Spitzweg
Rien ne fane plus vite que des lauriers sur lesquels on se repose. (Perce Bysshe Shelley)
*toile de Carl Spitzweg
Hors beauté
Mon rêve se multiplie
Nos jardins communiquent
Mes amours s’emmurent
À la quête de deux nuits.
Ton rire
épluche le fruit
que je mords
blessé.
Ne ménage pas ta sensibilité
Défends ta vie labile
Ne te couche plus pour me répondre
Nos paroles sont confondues.
Je brûle la limite
de tes lèvres vertes
et tes rideaux de larmes
qui baissent
et baissent ma vue.
Camille Goemans
(dans Piqué des vers! de Colette Nys-Mazure et Christian Libens)
*choix de la lectrice de Francesc Vayreda i Casabo
L’année vient de débuter et avec elle le mois le plus froid de l’année. Profitons-en pour nous habiller aussi chaudement que la jeune femme peinte par Nina Panasenko que m’a envoyée Tatiana.
D’ailleurs, je lui emprunterais bien son manchon…
Elle est la peau.
Elle est la peau dont on ne sait que dire.
La peau de ce qu’il y a
au-dessous de la peau.
La peau de nos Afriques languides, en
proie au sommeil des sorciers.
Elle est la peau des origines.
De l’avenir des origines.
Elle est ce dont s’habille la lascive sauvage lorsqu’elle
frisonne, dont elle se déshabille quand elle brûle.
Elle sent bon l’onction musquée des premières fièvres.
l’oisive mouillure des ivresses cavitaires.
Elle consacre les ruissellements, tous.
Et pourtant, il se peut qu’elle appartienne
à cette femme de haute lignée mélodieuse
qui pose soudain sur votre épaule sa tête
d’enfant et vous murmure les mots qui
feront de vous, à genoux,
son pur glorificateur.
Marcel Moreau
(dans Piqué des vers! de Colette Nys-Mazure et Christian Libens)
*choix d’une lectrice peinte par un artiste inconnu de l’école suisse
Quand j’ai reçu cette illustration de l’artiste lituanienne Siguté Ach, j’ai tout de suite pensé à une chanson de Robert Charlebois. Vous aussi?
La vie est courte pour celui qui la compte en années, et longues pour celui qui la compte en secondes. (Mikhail Nuaymah)
*toile de Guillermo Vargas Ruiz
Mes doigts, par morse, te parlaient
En ce pays de nulle part où nous allions
À la recherche de l’amour,
Mes doigts, par morse, te parlaient,
Essayant de doucir ton corps déjà si doux
Contre mon corps, à l’ancre.
Et nous glissions, malgré notre âge
En ce pays de nulle part qu’on nomme amour,
C’était le port, c’était mon corps toujours plus proche
Mêlé par l’ordre invisible du morse
Que mes doigts inventaient sur épaules, sur jambes
Et sur la dune douce des genoux.
Déjà, ta houle heureuse respirait,
Sœur de la mienne,
Dans un mouvement tendre et régulier
Qui rapprochait nos jeux, nos vœux, nos feux
Comme deux barques en dérive
Par le tropismes des courants, l’une vers l’autre
Ramenées.
Le ciel de notre chambre était rempli de signes
Nés du morse appeleur
Qui, par bec, sur ta peau, faisait naître des cygnes.
Et nous suivions sur nos deux corps enfin mêlés
Le doux volettement de ces oiseaux nocturnes.
Roger Foulon
(dans Piqué des vers! de Colette Nys-Mazure et Christian Libens)
*choix de la lectrice de James Clark
Grâce à cette carte qui m’a été envoyée de Russie, j’ai remonté le temps jusqu’à la lointaine époque de l’université alors que le Département d’études françaises avait présenté Oncle Vania. Je n’étais pas sur scène, mais mon rôle avait sûrement une certaine importance. Je devais chaque soir aller chercher des roses qui allaient être détruites par un des personnages et voir à la comptabilité.
Ce qui m’a permis de voir un samovar de près et de goûter au thé qu’on préparait soir après soir.
Doux souvenir.
Se plaindre aujourd’hui à propos d’hier ne rendra pas demain meilleur. (Proverbe thaïlandais)
*toile de Joan Gillchrest
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Fait avec amour (❤️) par WHC
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