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Revermont 1

il suffit de peu de nous
pour éclairer le matin
le ciel est d’un bleu marial
spécieusement sulpicien

le soleil sur la montagne
le chat tigré dans la rue
les lézardes dans les murs
sur le fil une hirondelle

la reverrai-je demain?
dans les bois les chanterelles
d’automne et par les chemins
l’or terni des feuilles mortes

Jean-Claude Pirotte, Revermont

*choix de la lectrice de Martin Poole

Terminus Odéon

Alex a disparu alors qu’il se rendait à sa leçon de violon. Lui est-il arrivé un accident? A-t-il été enlevé? A-t-il fait une fugue afin d’assister à un spectacle de son père chanteur qu’il n’a pas vu depuis des années ou pour une autre raison? La police enquête sans trouver de véritables pistes, ce qui est loin de satisfaire son professeur de violon qui est attaché à l’enfant. D’ailleurs, ceci pousse ce dernier à chercher de son côté un indice qui pourrait le mener à Alex. Or, ce qu’il trouve dans un premier temps ne résout en rien la toile qui semble s’être tissée autour de la disparition d’Alex, de l’étui de violon vide au personnage assez louche qui fréquente le quartier.

Tout semble indiquer qu’Alex est parti de son plein gré pour Paris. Mais pourquoi? Est-il parti seul? S’est-il laissé influencer par un ami ou par un adulte de son entourage? En promettant à la mère d’Alex de le retrouver, son professeur de violon n’avait sûrement aucune idée de ce à quoi il s’engageait ni à quelles embûches il se verrait confronté alors qu’il croyait atteindre son but.

Terminus Odéon devrait captiver tout adolescent aimant les romans d’aventure, car il n’y a ici aucun temps mort — ce serait plutôt le contraire tant tout défile à une vitesse grand V. De plus, l’auteur de La mémoire blanche connaît son métier et n’hésite pas à semer çà et là de fausses pistes, ce qui ajoute au plaisir de ce roman destiné aux jeunes, lequel vous fait voir du pays, de Charleroi à Paris, en passant par Bruxelles.

Comme quoi le violon peut mener à tout!

Titre pour le Challenge Des notes et des mots

et pour le Challenge « Littérature belge »challenge.gif

Les illustrations de Marie-Eve

Si, comme moi, vous aimez les illustrations pleines de fantaisie, d’humour et de tendresse, vous tomberez sous le charme de celles proposées par l’artiste québécoise Marie-Eve Tremblay, à découvrir sur le site de l’agence qui la représente ou sur son blogue. Des illustrations si motivantes et si inspirantes qu’elles me donneraient envie d’écrire un album pour qu’elle l’illustre!

Ce que mots vous inspirent 1012

La littérature ouvre à l’infini cette possibilité d’interaction avec les autres et nous enrichit donc infiniment. (Tzetan Todorov)

*illustration de Nathalie Dion

Le désert sensible 3

La ville creusée dans le ciel
creusée dans la pensée
creusée dans le regard

brûlant le ciel
et brûlant les corps

la ville
pesant et mesurant l’univers
n’est rien de plus peut-être
qu’un relief de la terre

Georges Rose, Le désert sensible

*choix de la lectrice d’Hillary Coddington Lewis

Vous aimerez Aimée

Aimée vit dans un foyer. Malgré tout, elle n’est pas malheureuse de sa condition. Des éducateurs prennent soin d’elle et elle compte de nombreux frères et sœurs d’adoption dans la même situation avec qui partager son quotidien et à qui elle peut se confier. Mais le jour où son amie Clémence se jette dans les bras de sa maman qui a tout de la maman parfaite, Aimée craque et réalise à quel point une maman lui manque. À tel point qu’elle s’en invente une. Une maman découpée dans une feuille de papier qu’elle traîne partout avec elle. Une maman à qui elle peut parler, une maman qui la protège, une maman qui la comprend, une maman qui ne l’abandonnera pas dans le hall d’un immeuble, comme sa mère biologique.

Mais que faire le jour où quelqu’un voudra rencontrer cette maman inventée de toutes pièces? Faut-il avouer qu’on a menti ou ne rien dire de nos élucubrations? Comment s’en sortir sans ternir son image alors que tous les yeux sont braquées sur soi parce qu’un garçon semble intéressé par notre petite personne?

Avec beaucoup de finesse, de sagesse, de tendresse, d’humour, la tisseuse d’histoires qu’est Agnès de Lestrade signe avec L’invention des parents un livre des plus émouvants autour d’une héroïne à laquelle on ne peut que s’attacher et à qui on souhaite de toutes ses forces qu’elle ne perde pas ses amies parce qu’elle a menti. Après tout, Aimée voulait juste une maman à elle et être heureuse. Comme Clémence.

Faut-il pour cela qu’elle paie le gros prix parce que sa maman n’est vraie que dans sa tête et dans son cœur?

Je vous laisse découvrir la fin. Je dirai simplement que vous verserez peut-être une larme. Ou deux. Que voulez-vous, Agnès de Lestrade sait y faire.

L’Écume des Pages

C’est à deux pas du Café de Flore que se trouve L’Écume des Pages. Deux bonnes raisons pour aller faire un tour du côté du boulevard Saint-Germain, ce que Chantal a fait juste pour nous.

Ce que mots vous inspirent 1011

Un livre est un outil de liberté. (Jean Guéhenno)

*illustration de Flavia Sorrentino

Le désert sensible 2

Soir

La nuit s’empare de la ville
Et la ville s’empare de la nuit

La nuit déborde
Et la ville déborde

Mélangeant leurs lumières
Et mélangeant leurs pensées

Georges Rose, Le désert sensible

*choix de la lectrice d’Andrea Baldi

Un livre dont on sort avec un sourire grand comme ça

Imaginez une famille de cinq garçons dont les deux aînés sont toujours prêts à faire des bêtises. Imaginez maintenant que ces deux-là devront passer tous les après-midi de l’été à la bibliothèque pour éviter qu’ils n’inventent de nouveaux jeux dangereux et rendent leurs parents fous. C’est ce que ces derniers ont trouvé de mieux pour calmer les deux lurons, sachant qu’ils n’ont aucun intérêt pour les livres et faisant fi du fait que la bibliothécaire, surnommée Patador, possède un fusil à patates dont elle n’hésite pas à se servir à la moindre incartade. Autrement dit, pas question pour William et Martin de franchir la ligne encadrant le territoire qui leur a été désigné, maintenant que les voilà « enfermés » à la bibliothèque tous les après-midi.

Mais comme il est tentant de passer outre… ou du moins d’essayer. Et bien entendu, les deux frères braveront les interdits. Mais quel sera le prix à payer pour avoir désobéi au règlement? C’est ce que nous raconte, entre autres, Panique à la bibliothèque, qui ravira les jeunes lecteurs de 8 ans et plus et les plus grands quand ceux-ci découvriront que la fréquentation obligatoire de la bibliothèque a porté fruit. En effet, plutôt d’attendre que l’après-midi passe en se braquant à la simple idée d’ouvrir un livre, ce que William et Martin ont commencé par faire, pourquoi ne pas tenter le coup afin de découvrir ce qu’un livre peut bien cacher de si intéressant?

La chute en étonnera plus d’un, notamment les héros eux-mêmes qui, jamais, au grand jamais, n’auraient pu imaginer qu’un jour ils aimeraient les livres. Un livre dont on sort avec un sourire grand comme ça. Si, si, je vous l’assure.

Lu dans le cadre du Challenge Le Nez dans les livres – Saison 2