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Au sud du Sahara 3

Changement de vitesse

Moi qui nage
Dans un rêve furtif
À l’écoute du cri fou et muet de l’esprit.
Puisque la couleur est absente
Je peindrai ton tendre visage
D’un souffle sans couleur,
Avec des doigts-grappins sur un chevalet vide de couleur,
Sous la courbe calme de tes cils
Deux simples, noirs et terribles points,

Toi dont l’amour n’a jamais vacillé
Toi pour qui à jamais je m’ouvre et me fêle
Du bout de ma langue altéré.

Solomon Deressa (né en 1937, Éthiopie)
(Poésie d’Afrique au sud du Sahara)

*choix de la lectrice de William Crain

Le prince des marais

Robert Soulières a de l’imagination. Beaucoup. Beaucoup, beaucoup. Il a dû avoir une fée marraine qui s’est penchée sur son berceau avec sa baguette pour qu’il en ait autant. Et une imagination aussi débordante constitue un véritable atout pour qui écrit pour la jeunesse et édite des livres pour enfants.

Avec Le prince des marais, Robert Soulières reprend l’histoire où l’a laissée un autre écrivain, à savoir juste après la transformation d’un crapaud en prince. La fin de cette histoire promettait aux héros des jours heureux et de nombreux enfants. Mais hélas! ce n’est pas ce qui arrivera à nos héros. Si effectivement ils se virent à l’abri de tout souci financier et de tout souci tout court, cela ne fit pas vraiment le bonheur du prince qui s’ennuyait à mourir de son ancienne vie dans l’étang et à qui il manquait l’essentiel pour être heureux : un baiser de sa princesse.

Or, dans le monde imaginé par Robert Soulières, un simple baiser renverse le cours de l’histoire et rend au prince son apparence de crapaud. Et pourtant, la princesse, bien que follement amoureuse, consent à ce baiser qui rendra à son prince son apparence première.

Et maintenant, comment faire en sorte que le prince et la princesse vivent heureux jusqu’à la fin des temps? Il faut laisser cela entre les mains de l’auteur. Il vous étonnera, vous ravira. Comme toujours.

Le prince des marais : un conte remarquablement revisité. Vous allez adorer.

Le mur du Boudoir

Quand vous vous dirigez vers l’est, en marchant sur l’avenue du Mont-Royal du côté sud, vous ne pouvez rater Le Boudoir grâce à son mur qui annonce ses couleurs, et même celles d’une époque révolue, grâce à un détail que je vous laisse le soin de trouver!

Ce que mots vous inspirent 827

La langue est un théâtre dont les mots sont les acteurs. (Ferdinand Brunetière)

*illustration de Fernando Vicente

Au sud du Sahara 2

C’était au premier matin
du monde
et l’histoire e disait encore en pointillés
dans nos mémoires pleines de rosée
C’était au premier chant du coq
au premier matin du jour le plus long
et nos pas d’averse matinale
nos pas d’herbes folles
nos pas de sentier mouillé
jubilaient sur la peau ondulée
du macadam capricieux
Alors la ville aux mille étoiles de lagune
la ville aux deux collines
aux quatre plateaux
la ville aux vingt bidonvilles
s’étonna
au sortir de son rêve de grandeur
du mouvement incessant du vent matinal

Tanella Boni (née en 1954, Côte-d’Ivoire)
(Poésie d’Afrique au sud du Sahara)

*choix de la lectrice de Di Li Feng

Quelques boîtes de carton et des fils

Même si je viens d’un pays où on prend rarement le train, j’aime les trains et j’aime les histoires de train. Peut-être parce que j’ai sillonné la France en train un été il y a fort longtemps et que je conserve de ce voyage des souvenirs ferroviaires impérissables.

Le petit train d’Amidou ne pouvait donc que me plaire. Ce petit train fait de boîtes de carton et de fils qui va dans un sens puis dans l’autre. Un train qui traverse la jungle et ses périls mais qui arrive toujours à destination, qu’il s’agisse de la maison où l’attendent les baisers de sa mère ou du baobab sous lequel son grand-père lui raconte des histoires extraordinaires.

Je me suis donc laissée prendre au jeu de cette histoire mettant en scène un train fabriqué avec amour et dont l’action se déroule dans la savane africaine. Une histoire pleine d’imagination imaginée par l’Espagnol Pep Molist pour les enfants qui fréquentaient la bibliothèque où il travaillait et illustrée par Emilio Urberuaga qui n’a pas lésiné sur les couleurs et les dégradés. Le résultat est un album dont on ne se lasse pas… et qui donne envie de prendre le train.

Ce que mots vous inspirent 826

Il arrive heureusement qu’on découvre la bonne piste en errant, et il y a du bon en tout mouvement. (Vincent Van Gogh)

*toile de Vincent Van Gogh

Au sud du Sahara 1

Ressac

Que viennent toutes les voix et toutes les rumeurs et les cris
que viennent les silences compatissants, les silences satisfaits
que viennent toutes les choses que je ne peux voir
à la surface de la société des hommes;
que viennent tous les ables, limons, fragments de roches
que la sonde recueille dans les océans navigables
que viennent les sermons de ceux qui ne craignent pas
le destin de leurs proches;
que viennent la réponse captée par ceux qui disposent
de détecteurs appropriés;
que tout revienne au point de départ
et viennent les odes des poètes,
que les poètes se confondent avec la respiration du monde;
que viennent tous autour de la ronde des pécheurs
que les hommes deviennent créateurs;
que vienne tout ce que je ressens comme vérité
au-delà du cercle terni de la vitre…
J’attendrai religieusement le trésor
que m’apportera la vague maritime…
La terre où mes genoux en douleur s’écrasent
est ma certitude fondamentale
mais j’éclairerai de ma lanterne aux mille couleurs
ceux qui viendront
et ils me trouveront sur la ligne de toutes les batailles.

Oswaldo Alcântara (Cap-Vert, 1907-1989)
(Poésie d’Afrique au sud du Sahara 1945-1995)

*choix de la lectrice de Samuel Lovett Waldo

Où est passé le sapin de la Grand-Place?

Disparu… Devenu une structure quelconque. Je ne peux que m’attrister, tout comme Armando, en constatant qu’un des symboles de Bruxelles vient lui aussi de s’envoler. Espérons que ce n’est pas pour de bon.

Les chanteurs de la rue Beaubien

Une demande spéciale en ce jour de Noël?