Il te reste longtemps à vivre : ne fais que ce dont tu seras fier de te souvenir quand tu seras vieux. (Proverbe shinka)
*toile de Lila Cabot Perry
Il te reste longtemps à vivre : ne fais que ce dont tu seras fier de te souvenir quand tu seras vieux. (Proverbe shinka)
*toile de Lila Cabot Perry
Par toi la lumière atteint le midi,
sable qui se prolonge jusqu’à mes lèvres,
fil d’une terre ardente et empressée
d’où l’espace jaillit soudain plus intense.
C’est un geyser d’écume,
de lave interrompue,
de colombe incomplète
qui multiplie l’air en dimension de voix.
Tout est musique, note, diapason.
Et même les corps, dans le néant, résonnent.
Jaime Siles
(dans Les poètes de la Méditerranée)
*choix de la lectrice de Daniel Maidman
Bien évidemment que vous connaissez toutes les règles du guide de poche du linguiste Jacques Laurin intitulé Améliorez votre français. Bien évidemment aussi que vos collègues sont tous au fait de celles-ci. Mais si jamais quelque doute se glissait, si votre Word indiquait des erreurs, si Antidote laissait supposer quelques égarements du côté de la langue, il est toujours assez facile de réparer les choses. (Encore plus s’il y a un réviseur dans votre service, mais là c’est une autre histoire.)
Je disais donc qu’il est assez facile de venir à bout du rouge. Mais il n’est pas tout de s’en débarrasser. Il reviendra à son heure. Dans le prochain texte ou le suivant. Parce qu’il est dans la plupart des cas intimement lié à une règle grammaticale. C’est là que le guide de Jacques Laurin entre en jeu. En quelques lignes, il vous explique comment retenir la règle afin que vous ne vous butiez plus à elle. Que ce soit la cédille qui vous embête, ou l’accord avec la plupart, ou encore davantage et d’avantages, Améliorez votre français est un l’outil qu’il vous faut.
Je n’ai pas eu à lui dire à quel point ses remarques sont insipides, combien, en ce qui me concerne, tout ce qu’il dit tombe à plat, malgré les bouches béantes d’admiration qu’il semble susciter autour de lui. Il s’est éclipsé avant.
Je n’ai pas eu à lui montrer la porte en indiquant que je préférais les phrases de mes livres aux siennes truffées de clichés et de lieux communs empruntés aux émissions de télé ou de radio qu’il semble priser afin de se donner un peu de la culture qu’il n’a pas pour l’étaler sur les plages de son ignorance. Il ne m’adresse plus la parole.
Je n’ai pas eu à lui dire ses quatre vérités, qui seraient devenues dans la bouche de la plupart de ses admiratrices, car sa cour se constitue particulièrement de femmes, des méchancetés, contre lesquelles elles se seraient bien sûr élevées en me donnant tous les torts. Il change de trottoir pour ne pas me saluer.
Se rendre compte que je voyais clair dans son jeu, si tel est bien le cas, est la seule chose qui prouve qu’il n’est pas tout à fait bête. Quoique. Laissez-moi mes doutes.
*toile de Charles Kaufman
Le plus haut degré de la sagesse humaine est de savoir plier son caractère aux circonstances et se faire un intérieur calme en dépit des orages extérieurs. (Daniel Defoe)
*illustration de Laura Pelick
Éthique
J’arrive devant la mer, ses vagues,
les marées que septembre courrouce, les gris
et les bleus qui alternent avec d’étranges verts;
une voix traite de la folie, ou du regard vide
des poissons, ou d’un thème aussi desséché que les algues
à marée basse; un vent a parcouru la plage,
dans le silence du soir, restituant au corps des eaux
une unité ancienne. La mer, cependant, suppose
qu’on l’oublie. Dans ses profondeurs, dorment les images
que le sommeil ne conserve plus; des bras qui s’agrippent
aux mâts du naufrage. Un navire abstrait
est passé lentement sur l’horizon que le matin n’a pas vu,
pénétrant de l’autre côté de la terre, par instants
oublié par la musique des ports. Le poème, m’a-t-on dit,
a ignoré cette distraction : il a traversé
la limite de l’éternité, s’est vêtu de mots
nocturnes, a laissé la mort le contaminer.
En bord de mer, je ne m’aperçois de rien; et je le dis,
lentement, répétant à voix basse
toutes ses contradictions.
Nuno Júdice
(dans Les poètes de la Méditerranée)
*choix de la lectrice de GeriLou Smith
Je connaissais la chanson. Je crois même que Thomas Fersen l’a interprétée lors des Francofolies de Montréal en 2007. Mais je ne savais pas que La chauve-souris était devenue un album pour enfants où le texte de Fersen avait inspiré des dessins à l’illustratrice Aude Poirot.
Autant j’aimais l’idée avant de plonger dans l’album, autant je n’ai pas été convaincue par les dessins de cette artiste qui publiait son premier album il y a dix ans. Mais alors là, pas du tout. À dire vrai, j’ai même détesté ses dessins probablement volontairement infantiles, lesquels manquent de poésie, alors que le texte en est empreint, et qui m’ont paru bâclés à l’heure où tout illustrateur peaufine son travail.
Il faut donc plus, et je ne le répéterai jamais assez, qu’une idée pour faire un livre réussi. Le très banal album La chauve-souris le prouve bien. Hélas.
Bien sûr, ceux qui aiment vraiment les livres en achètent plus qu’ils ne pourront jamais en lire durant leur brève vie. Un bon livre posé sur une étagère, plein de majestueux potentiel, est le papier peint intellectuel le plus réconfortant qui soit. (David Quammen)
*toiles de John Frederick Peto
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Fait avec amour (❤️) par WHC
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