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Voix de la Méditerranée 22

Le dormeur

Dans le soleil à peine crisse un mouvement
de sphères. Une jouissance émane
des arbres. L’eau bruit délicieusement
et l’air comme un oiseau aère le silence.

La main cherche ténu le désir du satin,
il y a un vol de plumes dans la chambre
pendant que silencieuse tremble la lèvre
et que la vue désire toute splendeur suave.

Le corps se meurt, et le cheveu
ondule vaporeux, étranger aux instants,
le corps en proie au jour et à ses ors.

Qu’importent les instants! Pur,
frais délice, le soleil renouvelle le rêve.
Et l’amour toujours palpite dans la chair!

Luis Antonio de Villena
(dans Les poètes de la Méditerranée)

*choix de la lectrice de Lorenzo Mattotti

Oubli

Il est un jour où ça ne nous manque pas, car on ignore ce que c’est. On n’en a une idée que par ce que les livres nous en donnent.

Il est un jour où on y goûte. Et parce que c’est là, au jour le jour, ça ne nous manque pas.

Il est un jour où ça nous est retiré et parce qu’on y a pris goût, ça nous manque. D’abord beaucoup. Puis de moins en moins.

Et vient un jour où ça ne nous manque plus. On a oublié ce que c’était.

*toile d’Eugène Carrière

Iris montréalais

Au hasard de ma route…

Iris de Gaillac

Un cadeau de Lou, dont la maison vous attend ici!

À force de…

C’est à force d’examiner la toile, de laisser parler à tour de rôle chacune des lectrices que l’histoire a jailli. Il ne lui reste plus qu’à l’écrire et à la déposer d’ici 24 heures…

*toile de Jose Luis Munoz Luque

Voix de la Méditerranée 21

Perdons-nous plus loin, plus loin encore,
dans les collines aux pierres de bronze,
dans les montagnes noires de septembre,
et leurs vallons où
bientôt les peupliers vont lever leurs brasiers.

Perdons-nous ou laisse-moi me perdre
en toi, ou peut-être derrière les murets,
de bronze aussi,
de ce tout petit jardin.
Derrière je vois un noyer
et à son ombre nous pourrions trouver
ta paix et la mienne.

Emmène-moi, amène-moi, ou perds-moi
dans cet amer et doux pays qui est le nôtre,
mais en ce crépuscule d’été moribond
ne me chasse pas du labyrinthe sans issue
de tes yeux.

Antonio Colinas
(dans Les poètes de la Méditerranée)

*choix de la lectrice de Michael Mao

Sur mon chemin d’errance

en réponse à un poème d’Olivier

Sur mon chemin d’errance
Chercher les mots
Peut-être les trouver
Et les lancer à la mer

(février 2012)

*toile de Joseo Garcia Millan

La quatorzième valse

Le rythme de La quatorzième valse de Jean Tubeuf est lent, très lent. C’est peut-être la raison pour laquelle j’ai eu tant de mal avec ce roman et pourquoi j’ai mis tant de temps à le finir, car il me tombait des mains. Et pourtant, je savais que c’était un beau roman. Mais je ne suis jamais parvenue à me laisser gagner par le personnage, sa maladie, ses angoisses, ou son regard sur la musique. Peut-être à cause du ton. Ou du fait que le pianiste narrateur ne sait pas nous faire partager ce qu’il vit, à moins qu’il n’y tienne pas et que cette distance qu’il établit, cette barrière pour tout dire, ne soit volontaire.

Le tout est un livre bien écrit, où les pièces musicales sont mieux décrites que les émotions, où Bach fait figure de Dieu, où le génie de Mozart n’est pas en reste, pas plus que celui de Chopin. Les trois compositeurs qu’il met à l’honneur sur ce qui sera au programme de son dernier concert à Besançon, lequel lui prendra ses dernières forces, mais auquel il s’efforce d’être présent. Parce qu’il y a peut-être dans la salle quatre personnes importantes.

Inspiré par la vie du pianiste Dinu Lipatti, décédé à Genève en 1950, le roman d’André Tubeuf m’a paru extrêmement long. Il ne fait pourtant que 154 pages.

Je suis peut-être passée à côté de quelque chose. Je laisse donc soin à d’autres d’apprécier ce livre qui m’a laissée froide. Une pianiste de mes connaissances a trouvé de nombreuses qualités à ce roman en demi-teintes, qui m’a semblé sans enthousiasme et cérébral. Je vous invite à la lire.

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détails ici

Des tulipes sur ma route 3

Et des fleurs qui n’en sont pas!

Lire sur la plage

En Algarve, sous le regard d’Armando qui a un faible pour les lectrices… et qui l’assume.