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Ce que mots vous inspirent 379

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S’opposer n’est autre que proposer. Une opposition sans proposition n’est qu’un mouvement d’humeur. (Robert Sabatier)

*toile de Susan Smolensky

Même si vous avez 48 heures devant vous

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Le personnage peint par Hans Holbein le Jeune aurait-il eu vent que je vous ai préparé un weekend bien spécial? J’ai l’impression que oui puisqu’il semble avoir examiné la toile de la semaine avant de se mettre à la tâche afin de profiter de celui-ci. Tout en sachant que vous avez 48 heures avant la validation des écrits, peut-être devriez-vous faire comme lui…

Poèmes sur l’eau 5

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Fil d’encre

Source de verre blond
Source d’ombre limpide
Source de cendre tiède
Au disque du tympan
Source de bruit liquide
Dans les notes de fièvre
Source de lampe amère
Aux racines du temps
Source de sang maudit
Qui encrasse les veines
Source de la santé
Dans les rangs de la faim
Source de la pensée
Qui craque sous la pierre
Source de souvenirs
Du jour au lendemain
Source glacée
Des soirs où je me désaltère
Source d’oubli
De sommeil incertain
Source de la passion

Pierre Reverdy, Les plus beaux poèmes sur l’eau

*choix de la lectrice de Fernando Aguilar Fernandez

paume contre paume

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méandres de ciels souvenirs
oblitérés de silence
comme peaux emmêlées
dans une nuit tapissée d’étoiles
où paume contre paume
l’amour s’est écrit

(mars 2011)

*toile de l’artiste belge Émile Berchmans

Les retrouvailles

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Beth et Molly ne se sont pas vues depuis huit ans. L’aînée des deux sœurs avait alors cinq ans et la plus jeune trois ans. Ce sont donc à des retrouvailles que nous convie Marilyn Sachs au moyen de ce roman destiné aux adolescents qui, même s’il est par moments un agréable roman d’atmosphère, finit par s’écraser comme un ballon vide.

Visiblement, dès le départ, les sœurs qui ont été séparées suite au décès de leurs parents, l’une adoptée par leur tante, l’autre par une famille riche, ne s’apprécient pas. La plus jeune, qui vit auprès de leur tante et qui a fit de celle-ci sa mère n’aime pas le comportement de l’aînée qui s’en prend à celle qui l’a élevée. Mais pourquoi?

De fil en aiguille, au fil de souvenirs qui reviennent, l’abcès finira bien par crever. Un malaise qu’on a bien compris dès le départ même si on ne connait pas tous les détails : Beth reproche à sa tante de l’avoir abandonnée. Pourtant, elle a été aimée, choyée, gâtée, tout autant que Molly. Mais est-ce bien vrai que sa tante l’a volontairement choisie, qu’elle a préféré ne prendre auprès d’elle que la plus jeune de ses deux nièces?

Il a fallu plus de 200 pages à l’auteure pour nous donner la réponse. Trop, sûrement. Du moins est-ce mon avis en constatant qu’on a nolisé un transatlantique pour traverser un ruisseau…

L’arbre mystère

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Les roses seront bientôt là, les tulipes y sont déjà et même cerisier et lilas sont en fleurs. Mais quel est donc cet arbre fruitier (photo du bas) dans le jardin de Lou?

Les traces de Paul-Émile Borduas

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C’est en 1948 que paraissait Le refus global, manifeste écrit par Paul-Émile Borduas et signé par quinze artistes québécois. « Rompre définitivement avec toutes les habitudes de la société, se désolidariser de son esprit utilitaire. Refus d’être sciemment au-dessous de nos possibilités psychiques et physiques. Refus de fermer les yeux sur les vices, les duperies perpétrées sous le couvert du savoir, du service rendu, de la reconnaissance due », ce n’est là qu’une partie de ce pamphlet qui fit couler beaucoup d’encre pendant des années, sans cesse réédité depuis, étudié dans les cours d’histoire, de sociologie et d’histoire de l’art. Toute la petite histoire est ici pour les intéressés.

Un événement aussi important devait d’une façon ou d’une autre s’inscrire un jour ou l’autre sur les murs de Montréal. C’est arrivé en 2010. Au coin des rues Émery et Saint-Denis. Là où se dresse justement… la place Paul-mile Borduas.

Ce que mots vous inspirent 378

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Chaque nuit quelque part est étoilée, et amants et poètes cheminent le long des rivières, en quête de leur instant d’éternité. (Ken Norris)

*toile de Victor Denfrey Steele

Poèmes sur l’eau 4

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Tu te lèves l’eau se déplie
Tu te couches l’eau s’épanouit

Tu as l’eau détournée de ses abîmes
Tu es la terre qui prend racine
Et sur laquelle tout s’établit

Tu fais des bulles de silence dans le désert des bruits
Tu chantes des hymnes nocturnes sur les cordes de l’arc-en-ciel
Tu es partout tu abolis toutes les routes

Tu sacrifies le temps
À l’éternelle jeunesse de la flamme intacte
Qui voile la nature en la reproduisant

Femme tu mets au monde un corps toujours pareil
Le tien

Tu es la ressemblance.

Paul Éluard, Les plus beaux poèmes sur l’eau

*choix de la lectrice de Michael Mortimer Robinson

Jeu de pistes pour semer le lecteur

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D’emblée je vous avoue que la lecture de L’affiche rouge m’a laissée perplexe. Ou je n’ai pas compris le but de la démarche de l’auteur ou alors m’attendais-je à autre chose si bien que je me suis perdue dans les dédales des histoires qu’il fait se croiser et se décroiser, alors que je m’imaginais trouver la sienne : celle du fils d’Adam Rayski, un des dirigeants du FTP-MOI.

Or, si Benoît Rayski fait le tour des lieux, des cimetières pour retrouver les traces de ceux qui figurent sur l’affiche rouge qui a été placardée sur les murs de Paris, il ne va pas sur la tombe de son père au cimetière du Père-Lachaise. Pas plus qu’il ne nous livre ce que son père a pu lui raconter de cette époque alors qu’Adam Rayski est mort en 2008.

Ce récit qui se veut sûrement un jeu de pistes réussit tant et si bien à semer le lecteur qu’on sort de l’exercice dans un état de confusion totale. On ne sait pas où l’auteur voulait aller. On ignore s’il est venu à bout des objectifs personnels qu’il s’était fixés. Et on se dit qu’il doit bien exister livre plus éclairant que celui-ci sur le sujet…