Quelques recueils attendaient la lectrice peinte par Adolfo Belimbau, recueils qu’elle a tous feuilletés, un à un, jusqu’à ce qu’elle s’arrête aux Plus beaux poème sur l’eau, réunis par Jean Breton, Robert Estrade et Bernard Wallon. Recueil dont elle a tiré ce poème signé Ilarie Voronca :
Parfois mes mains
Parfois mes mains rencontrent d’autres mains
Qui se blottissent dans les miennes
Comme dans un nid retrouvé. Parfois
C’est une face qui jette sa lumière sur ma face.
Ou bien je sens tout près la mer comme une haleine,
Je cours en m’essoufflant vers elle. Je la vois
S’envolant comme une cigogne vers d’autres climats.
Sur la grève les algues sont comme les signatures des touristes.
Dois-je arrêter ma course au bord de ce voyage?
Le vent déploie le bruit des villes comme une voile.
Au retour, le regard est trop large pour mes yeux
Comme une bague qui tombe de la main d’un convalescent.
Mais les rues, les maisons sont aussi des coquillages
Que la mer et l’oubli ont laissés dans ces lieux
Retenir ces contours, ces couleurs de passage,
Et cette vapeur qui donne l’illusion des cieux.










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