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Maria Gadú, irrésistible

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C’est grâce à ce billet d’Armando que j’ai découvert Maria Gadú. Et depuis, je n’arrive plus à m’en passer, si bien que j’ai eu envie de vous offrir moi aussi un extrait du magnifique album qu’elle a signé en 2009. Voici donc, sans plus tarder, Lounge.

Ce que mots vous inspirent 382

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L’interprétation du monde à laquelle se livre le cerveau repose sur le duo passionné de la sensibilité et de l’action. (Luc Ferry)

*toile d’Eugène Delacroix

Les sonnets de Shakespeare 5

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Sonnet LXXV

Tu es pour mes pensées tel l’aliment pour vivre
ou telle une ondée pour le sol, douce, opportune
ou pour la paix de toi le combat que je livre
est tout pareil qu’entre un avare et sa fortune

là fier comme un qui jouit, et sitôt redoutant
pour son trésor que le temps vienne s’en saisir
là mieux content d’être seul avec toi, l’instant
d’après plus heureux si chacun voit mon plaisir

parfois tout rempli de ta vue dont je festoie
et bientôt affamé d’un regard à crever
ne possédant ni ne poursuivant d’autre joie
sauf ce qui vient de toi ou doit t’être enlevé

tel je languis et me repais jour après jour
glouton de tout de tout privé tour à tour.

William Shakespeare, Sonnets (traduction de Bertrand Degott)

*choix de la lectrice du peintre chilien Israel Roa

Étoile du soir, espoir

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« … il n’est jamais trop tôt pour poser, se poser, les vraies questions, les interrogations premières qui maintiennent le cœur en éveil, et empêchent de prendre son parti de l’injustifiable », affirme Claude Roy dans la préface de La grande peur sous les étoiles, un album écrit par Jo Hoelstandt et illustré avec sobriété par Johanna Kang.

Et de cet album qui relate l’histoire d’une amitié brisée par la guerre entre deux petites filles, dont l’une était juive et disparaît au cours d’une rafle, on retient la peur. Mais on retient aussi ce bonheur qu’Hélène et Lydia avaient d’aller à l’école ensemble, de jouer, de se chamailler et de se réconcilier. Toutes ces choses qui n’existent plus et qui font qu’il faut du temps pour ne plus détester les étoiles. Toutes ces choses dont Hélène, la narratrice, se souvient à l’heure de la vieillesse où elle attend toujours, malgré tout, un signe de son amie disparue. Car étoile du soir, espoir.

Sourires de saison

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J’ai croisé un père qui enseignait à son jeune fils les rudiments du vélo tandis que des outardes qui rentraient du sud m’accompagnaient de leurs cris. Dans un parterre, j’ai vu des tulipes préparer leur naissance. Plus loin, un voisin retirait les housses de ses cèdres nains. Et j’ai souri. Le printemps s’installe petit à petit.

Et je suis rentrée retrouver mes livres. Ils sentaient bon la saison tant espérée.

*toile de Beatriz Arribas

Ah le printemps!

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Il donne envie à certains d’afficher leur joie à même leurs vêtements, ce qu’Armando, qui a l’œil et le bon, a bien sûr remarqué!

Ce que mots vous inspirent 381

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La simplicité est en définitive très difficile à atteindre. Elle repose sur l’attention, la pensée, le savoir et la patience. (John Pawson)

*toile de Luis Jimenez y Aranda

Les sonnets de Shakespeare 4

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Sonnet LXXIV

Mais ne t’inquiète pas, quand ce cruel arrêt
sans espoir de caution au loin m’emportera
ma vie aura dans cette ligne un intérêt
qui pour mémorial constamment te restera

tu vas revoir, en passant ceci en revue
quelle part justement fut consacrée à toi
la terre n’a que la terre qui lui soit due
tiens mon esprit, c’est la meilleure part de moi

aussi n’auras-tu rien perdu sauf cette bourbe
de la vie, dévorée par les vers, mon corps mort
victime inconsistante du couteau d’un fourbe
trop vil pour que jamais tu te le remémores

la valeur de cela est cela qu’il contient
et cela est ceci, et ceci reste tien.

William Shakespeare, Sonnets (traduction de Bertrand Degott)

*choix de la lectrice de Cosmo Alexander

Le testament d’un cancre

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C’est une époque révolue que nous fait vivre Bernard Gheur avec Le testament d’un cancre, qui a connu dès sa sortie en 1970 le succès avant d’être repris quelque trente ans plus tard dans la collection Espace Nord Zone J chez Labor, laquelle est destinée aux adolescents.

Ce roman qui met en scène des jeunes qui avaient 15 ans en 1960 a un goût de jamais plus mais il n’a pas cette désuétude des romans qui ont mal vieilli. Tout le charme de départ qui avait tant séduit François Truffaut à qui l’auteur avait envoyé les premières pages (et qui signe la préface) opère toujours. Dès les premières lignes, on s’attache à cette bande de garçons qui regardent les filles avec curiosité, qui aiment le cinéma, qui apprennent le latin et qui tentent de grandir trop vite. Le testament d’un cancre a la saveur des 400 coups de Truffaut. Cela devrait être suffisant pour vous donner envie de plonger dans ce livre, non?

Lu dans le cadre du Challenge « Littérature belge ».

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Les pivoines de Lou

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Alors que chez nous la nature prend du temps à sortir de son long hiver, chez Lou, dans le Tarn, elle est en plein essor, comme le prouvent ces pivoines.