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Parlez-vous wallon? 7

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Fé toutes lès tchapèles, faire toutes les chapelles, dit-on à Charleroi à la place d’aller d’un bistrot à l’autre.

Guy Fontaine, Le wallon de poche

*toile d’Elbridge Burbank

Parlez-vous wallon? 6

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Promète pus d’bûre que d’pwin, promettre plus de beurre que de pain, c’est-à-dire promettre monts et merveilles, faire des promesses trop alléchantes, peut-on entendre à Charleroi.

Guy Fontaine, Le wallon de poche

*toile de John Brobbel

Parles-vous wallon? 5

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Boudène plène a rvwêr mârène, bedaine pleine au revoir marraine, dit-on à Charleroi quand on s’esquive après avoir mangé.

Guy Fontaine, Le wallon de poche

*toile de Bernadette Brefeld

Parlez-vous wallon? 4

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Comme on dit à Liège, on-z-èst vite nåhi dès savates qwand on-z-a dès noûs solés, on est vite fatigué des savates quand on a des nouveaux souliers, ce qui signifie qu’on oublie aisément ses origines modetes quand on goûte aux honneurs ou à la richesse.

Guy Fontaine, Le wallon sans interdits

*toile de Franklin Booth

Parlez-vous wallon? 3

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Comme on le dit à Nivelles, yèsse a l’éje come in tchat su in guèrzèli, soit être à l’aise comme un chat sur un groseillier, ce qui signifie être dans une situation difficile et pour le moins inconfortable.

Guy Fontaine, Le wallon sans interdits

*toile de Jean-Baptiste Antoine Émile Béranger

Parlez-vous wallon? 2

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Intrèz, si ç’n’èst nin l’diâle!, entrez, si ce n’est le diable!, dit-on plaisamment à quelqu’un qui frappe à la porte à Liège.

Guy Fontaine, Le wallon sans interdits

*toile de De Willy Belinfante

Parlez-vous wallon? 1

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Parce que certains dévoreurs de livres sont plus curieux que d’autres, m’est venue l’envie de sortir de mes rayons deux petits bouquins qu’il me plait d’ouvrir à l’occasion. Juste pour le plaisir de lire certaines expressions à haute voix. Bibliophiles, livrovores et fous de livres sont donc invités en ce dimanche à lire à haute voix quelques expressions tirées de deux livres de Guy Fontaine, Le wallon de poche et Le wallon sans interdits, publiés chez Assimil. Expressions venues des régions de Liège, Charleroi, Nivelles et Namur qu’il faut lire à haute voix ou faire lire à haute voix par un ami wallon!

En espérant que ce dimanche en Wallonie vous plaira et qu’il plaira au lecteur de l’artiste Eugène Isabey qui ouvre cette journée.

Les vers de Léopold 1

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C’est un des livres préférés de mon oncle que la lectrice de l’artiste Francis John Wyburd a ouvert ce soir. Un livre que je n’avais pas osé ouvrir depuis son décès, il y aura un quart de siècle dans quelques mois. Un livre que je n’avais pas oublié, pas plus que son auteur, le grand, le très grand Léopold Sédar Senghor. C’est donc son Œuvre poétique (éditions du Seuil, 1990) que les lectrices du soir auront le loisir de parcourir pendant quelques soirs, un recueil duquel celle d’aujourd’hui a tiré ces vers :

Je suis seul

Je suis seul dans la plaine
Et dans la nuit
Avec les arbres recroquevillés de froid
Qui, coudes au corps, se serrent les uns tout contre les autres.

Je suis seul dans la plaine
Et dans la nuit
Avec des gestes de désespoir pathétique des arbres
Que leurs feuilles ont quittés pour des îles d’élection.

Je suis seul dans la plaine
Et dans la nuit.
Je suis la solitude des poteaux électriques
Le long des routes
Désertes.

Les mémoires d’Irene

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Irene Opdike ne pourra jamais oublier qu’un jour elle a assisté à la plus terrible des scènes : celle d’un soldat lançant dans les airs ce qu’elle avait pris pour un oiseau avant de lui tirer dessus. Au sol, des langes ensanglantés. C’était un nourrisson.

Et à cause de cette scène et parce que vint une époque où on a mis en doute les arrestations massives, les pillages, les camps, les crématoires, il lui a fallu témoigner. Pour que ne se perdent pas ces souvenirs douloureux avec lesquels elle a vécu pendant quarante ans. Ces souvenirs de jeune fille de 17 ans, étudiante infirmière dans une Pologne envahie où elle a été violée par des soldats russes, de celle qui, pendant six ans, changea d’identité, de ville, de métier pour survivre. Toujours en fuite.

Irene Opdyke a pris des risques, elle n’a fait que ça, tout en sachant que ceux-ci pouvaient lui coûter la vie. Et c’est ainsi qu’elle a sauvé douze personnes en les cachant dans la cave du militaire allemand à qui elle servait de gouvernante et en aidant ceux à qui elle avait permis d’échapper en les emmenant dans la forêt et qu’elle approvisionnait du mieux qu’elle pouvait.

Si elle est encore en vie aujourd’hui pour témoigner de tout ceci, c’est presque un miracle. Elle qui, à la fin de la guerre, n’avait plus de patrie, la Pologne ayant été presque rasée de la carte, elle qui avait connu l’amour dans la résistance et qui avait vu son fiancé mourir la veille de leur mariage, elle qui ne savait plus où étaient les siens et qui a été arrêtée en les cherchant, elle qui a été sur tous les fronts, qu’on a violée, battue, enfermée, mais aussi aidée, a choisi de dire, de se dire, de ne rien taire de la monstruosité de cette guerre et de ceux qui l’ont faite. Et le témoignage émouvant et courageux que nous livre celle à qui Yad Vashem a décerné le titre de « Juste parmi les nations » vous bouleversera, j’en suis convaincue.

La Suisse croule sous les fleurs

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Comme a pu le constater Denise qui a fait le tour des jardins!